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06 juin 2013

 Biotechnologies : reprise confirmée de la croissance en France

France Biotech, l'association française des entrepreneurs en sciences de la vie, publie jeudi 6 juin la 11e édition de son panorama du secteur et confirme la reprise de la croissance après une année en berne.

Les fonds levés par les 186 entreprises françaises des sciences de la vie (1), retenues dans "Le Panorama des sciences de la vie 2012" de France Biotech, montrent que le capital-risque a repris des couleurs après une année 2011 en berne. Le marché boursier a également été actif avec huit introductions en 2012. Les financements (via le capital risque, les entrées et le refinancement sur les marchés financiers) ont atteint 364 millions d'euros sur l'année. Les chiffres annoncés par Ernst&Young deux jours avant, indiquaient que seuls 128 millions d'euros avaient été levés par les sociétés de biotechnologies en France. Une différence qui s'explique par le périmètre de l'étude, France Biotech tenant compte des sociétés du dispositif médical, ainsi que des biotechnologies vertes et industrielles. « Les Medtech arrivent à maturité, indique André Choulika, président de France Biotech. Comme en 2011, on note une prédominance des entrées en Bourse des sociétés Medtech (six des huit en 2012 et la totalité des cinq l'année précédente). » En 2013, trois sociétés spécialisées dans le dispositif médical ont déjà fait leur entrée. Mais le capital-risque et le marché boursier ne pouvant être l'unique source de financement pour l'innovation, le président de l'association propose de « diriger 5 % de l'assurance-vie vers les entreprises innovantes », comme préconisé par le rapport Gallois.

Une forte efficacité d'innovation

Du côté du pipeline, les produits qui atteignent le marché sont de plus en plus nombreux : 25, contre 20 l'an dernier. « Le pipeline est riche, malgré un nombre trop restreint de phase III en cours », indique André Choulika. Le profil type des 95 et 70 sociétés qui ont un produit en développement (respectivement thérapeutique ou non) est : création depuis neuf ans, effectif de 20 à 25 employés, six à 14 brevets déposés, et trois partenariats en cours. Les collaborations se multiplient : 58 % des répondants ont au moins un partenariat en cours. Près de la moitié avec des organismes de recherche, un quart avec des industriels (les entreprises de biotechnologies représentant le principal relais de croissance pour l'industrie pharmaceutique), et 18 % avec les biotechs, soulignant ainsi leur maturité.
Pour développer encore cette industrie des sciences de la vie, le président de France Biotech réitère ses propositions visant à revaloriser le statut de Jeune entreprise innovante (JEI), à rallonger la durée du statut de 8 à 15 ans et à exonérer de l'impôt sur les plus-values les actionnaires de JEI. Il préconise également la mise en place d'un Crédit impôt recherche collaboratif. L'objectif est de réformer le CIR pour qu'il soit conditionné à des collaborations avec les JEI.

 

Juliette Badina

(1)   Les critères retenus par France Biotech sont :

-         avoir une activité dans le domaine des sciences de la vie

-         allouer au moins 15% de ses dépenses en R&D

-         avoir moins de 250 employés.