Des réseaux thématiques de recherche avancée... pour l'attractivité de la France
Après la mise en place des pôles de compétitivité dans le but de faciliter le transfert des technologies de la recherche vers l'industrie, la France poursuit ses efforts en faveur de la recherche avec la création des premiers réseaux thématiques de recherche avancée (RTRA).
C'est ainsi à l'occasion de la première journée de la Fête de la Science, qui se déroule du 9 au 15 octobre, que le ministre délégué à la Recherche, François Goulard, a présenté, hier, les 13 projets sélectionnés pour le programme RTRA. L'idée sous-jacente est de favoriser l'émergence de hauts lieux de la science dans l'Hexagone. Ainsi, Jean Dercourt, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences et président du comité d'évaluation et de sélection des projets, explique qu'il s'agit « de mettre en valeur les équipes de recherche les plus performantes pour les aider à se mettre en avant au plus haut niveau de la reconnaissance internationale ». De même, a insisté le ministre, « il ne s'agit pas d'empiéter sur les compétences des organismes, mais de donner un statut permettant de conjuguer régime de fondation et intérêt public ».
L'attribution du statut RTRA permettra aux 13 projets retenus de se partager une enveloppe de 200 millions d'euros, sommes qui viendront s'ajouter aux budgets dont les équipes ont été dotées par leurs organismes de tutelle (CNRS, Inserm, INRA...). Le ministre a indiqué en outre miser sur l'effet de levier généré par le statut RTRA pour attirer d'autres ressources. En effet, ces structures disposeront d'un statut dédié de Fondation de coopération scientifique (FCS) reconnu d'utilité publique et ouvrant aussi la possibilité d'engager la recherche d'autres sources de financement.
La création des RTRA a également vocation à faciliter l'accueil de chercheurs étrangers et de post-doctorants, en particulier en donnant aux laboratoires du réseau la possibilité de dégager rapidement les crédits nécessaires et de répondre très vite à leurs propositions de collaboration. Ici, l'objectif est de miser sur la réactivité, élément fondamental de l'attractivité, pour lutter contre la fuite des meilleurs étudiants vers l'étranger et pour attirer, voire, garder des chercheurs étrangers de haut niveau en France.
Des RTRA aux RTRS
Au total, 40 instituts et 5 900 chercheurs sont concernés par l'ensemble des 13 RTRA. La biologie et les sciences médicales y occupent ainsi une part de choix. Trois réseaux sont directement concernés par ces thématiques. En Ile-de-France ce sont l'Ecole des neurosciences de Paris et la Fondation de recherche transdisciplinaire du vivant, centrée sur le cancer et dédiée au développement de technologies d'imagerie moléculaire, de bioinformatique, de modélisation et de recherche de diagnostics et traitements innovants. Sur Lyon, le RTRA Innovations thérapeutiques en infectiologie affiche une forte orientation sur la vaccinologie en liaison avec le pôle de compétitivité Lyonbiopôle.
Plusieurs autres RTRA dédiés aux sciences dures affichent également une implication biologique et/ou médicale. Ainsi, le RTRA « Triangle de la physique » situé sur le plateau de Saclay se consacrera à la « physique de l'atome à l'organe », avec toutes les irrigations possibles vers la médecine, les sciences de la vie et les sciences des matériaux d'une part, et, d'autre part, vers des outils de valorisation à l'image du pôle de compétitivité Systém@tic.
Sur Strasbourg, le RTRA Chimie a, quant à lui, vocation à établir des interfaces avec la biologie via le pôle de compétitivité Innovation Thérapeutique, tout comme le RTRA grenoblois vise à « fonder un continuum de R&D depuis la recherche amont en physique, mathématiques et informatique, chimie, biologie et technologie jusqu'aux aspects les plus appliqués des micro-nanotechnologies en liaison avec le monde industriel ». Maintenant que la liste des RTRA a été établie, les travaux vont se concentrer sur la mise en place opérationnelle des fondations et sur les détails de l'organisation des RTRA, qui devraient s'échelonner jusqu'à la fin de l'année. Enfin, une nouvelle catégorie d'appels à projets devrait être lancée dans les prochains jours afin d'initier une mécanique similaire pour les sciences médicales, avec des réseaux thématiques de recherche et de soins (RTRS).