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Septembre 2006

Solvay : une réorganisation payante... en 2010 

Le président du comité exécutif du groupe Solvay, Christian Jourquin, est revenu hier sur les « excellents » résultats opérationnels enregistrés au premier semestre 2006. Résultats qui marquent une « expansion significative » de sa branche pharmaceutique, signe d'une « stratégie dynamique ».

Forte d'un chiffre d'affaires en hausse de 44% à 1,320 milliard d'euros et d'un REBIT atteignant les 243 millions d'euros (+220% par rapport à l'an passé) au premier semestre 2006, la branche pharmaceutique du laboratoire Solvay se porte bien. Si l'acquisition de Fournier Pharma en octobre 2005 et l'expansion de la franchise fénofibrate ne sont en rien étrangers à cette embellie, ces résultats s'expliquent, selon Christian Jourquin, par « la croissance importante de nos principaux produits et l'augmentation significative de nos dépenses en R&D (217 millions d'euros) ». Une stratégie qui doit permettre aux activités pharmaceutiques du groupe belge de « croître plus rapidement que le secteur » grâce notamment à son expansion en Asie (Chine, Inde, Japon) ainsi que dans des marchés de croissance supérieure à la moyenne (Mercosur, Alena).

Par ailleurs, le nouveau président du comité exécutif du groupe s'est dit « satisfait » de son positionnement en France, la société belge y étant « solidement » implantée. Outre la nouvelle usine de Châtillon-sur-Chalaronne (centre d'excellence international de production des médicaments sous forme sèche pour le groupe), le site de production et de logistique de Fontaine-les-Dijon et le Centre de R&D de Daix, lui permettent de couvrir la totalité de la chaîne d'expertise du médicament sur le sol français. Pour mémoire, le chiffre d'affaires des filiales françaises de Solvay avoisinait les 1,5 million d'euros en 2005. Soit 17% du chiffre d'affaires global du groupe.

Un chiffre d'affaires de 3,5 milliards d'euros, d'ici à 2010

Aux dires de Werner Cautreels, DG du secteur pharmaceutique du laboratoire bruxellois, la stratégie du « futur Solvay Pharmaceuticals » consistera à réussir l'intégration de Fournier Pharma et à transformer la nouvelle entité de manière à répondre aux besoins scientifiques, réglementaires et commerciaux de l'industrie pharmaceutique. Autre priorité : optimiser son portefeuille de R&D pour améliorer le rendement du pipeline. Sur ce segment, plusieurs aires thérapeutiques ont été privilégiées, telles que la cardiométabolique avec TriCor® aux USA, distribué dans le reste du monde sous le nom de Lipanthyl® (fénofibrate), et les neurosciences avec Serc® (bétahistine) et Marinol® (dronabinol). Le groupe se concentrera aussi sur des vaccins anti-grippe et des enzymes pancréatiques. Enfin, dans les domaines de la gastro-entérologie et de la gynécologie/andrologie, Werner Cautreels mise désormais sur « la valorisation des médicaments existants et bien ancrés sur leur marché ». 

En France, cette nouvelle stratégie de développement s'accompagnera d'une réduction des effectifs. 235 postes devraient ainsi être supprimés, principalement chez les visiteurs médicaux. Ce phénomène s'explique tant par les « doublons » liés à l'acquisition de Fournier Pharma (regroupement des structures opérationnelles au sein d'une organisation commune) que par les mesures gouvernementales (baisses de prix, déremboursement de médicaments) portant sur une vingtaine de produits. Mesures qui devraient avoir « un impact d'environ 18 millions d'euros en année pleine », d'après Christian Jourquin.     

Dans le cadre de la réorganisation de sa branche pharmacie (projet INSPIRE), le groupe a fait savoir qu'il tablait sur un chiffre d'affaires de 3,5 milliards d'euros, une marge d'excédent brut d'exploitation de 20% et des économies de 300 millions d'euros, d'ici à 2010.    

Jonathan Icart

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