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Août 2006

Plavix®, le feuilleton de l’été

Plavix® (clopidogrel) aura été, sans conteste, le médicament vedette de l’été avec la succession de péripéties qui ont émaillé les évolutions du procès en contrefaçon opposant Sanofi-Aventis et Apotex sur le brevet de l’anticoagulant vedette du groupe français. Alors que la première transaction réalisée avec le génériqueur canadien en mars dernier avait été refusée par les autorités américaines, le second accord modifié en juin a connu le même sort. Il s’est ainsi heurté fin juillet à la décision négative des state attorney general, tandis qu’en parallèle, la division antitrust du Department of Justice des Etats-Unis a annoncé mener une enquête pénale sur l’accord entre Sanofi-Aventis, BMS et Apotex. C’est notamment ce blocage par les procureurs américains qui a marqué le lancement des hostilités, puisqu’en cas de refus, la transaction conclue avec Apotex prévoyait que celui-ci puisse commercialiser immédiatement sa version générique de Plavix®. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Dès le 8 août, le génériqueur canadien lançait son propre clopidogrel sur le marché américain.
L’ensemble des articles parus cet été sur le sujet a abondamment commenté l’impact possible d’un lancement anticipé de génériques de Plavix® sur les chiffres d’affaires de Sanofi-Aventis et BMS. Les Echos, dans leur édition du 23 août, soulignaient qu’ « au 18 août, dix jours après le lancement, 74 % des nouvelles ordonnances américaines étaient exécutées avec le générique ». Sitôt le générique d’Apotex lancé, Sanofi-Aventis et BMS ont immédiatement demandé à la justice américaine d’ordonner en référé l’arrêt de sa commercialisation. L’audience a été fixée au vendredi 25 août devant le tribunal fédéral du district sud de New York. Parmi les points étudiés par le juge Stein en charge du dossier, figure la question de la solidité du brevet de Plavix®. Les Echos ont notamment souligné que « pour convaincre le juge d’ordonner l’arrêt des ventes du générique, BMS et Sanofi tentent de prouver qu’ils subissent un « dommage irréparable » tant qu’Apotex commercialise ses produits ». Par ailleurs, la question de la validité du brevet de Plavix® contesté par Apotex (brevet 625 courant théoriquement jusqu’en 2011) n’est toujours pas été tranchée définitivement. Si l’accord avec Apotex impliquait la suspension des actions de justice en cours, son invalidation par les procureurs américains suppose que la justice américaine va reprendre son cours dans le procès en contrefaçon contre Apotex.
Face à l’importance de l’enjeu économique pour les deux laboratoires, le marché reste sous tension sur les deux titres, avec notamment un recul de plus de 10 % du titre Sanofi-Aventis depuis la fin juillet. Outre la forte sensibilité des marchés à toute information sur les génériques potentiels de blockbusters, l’initiative d’Apotex montre que, plus que jamais, les génériqueurs sont prêts à défier les grands laboratoires, quitte à prendre des risques majeurs pour arriver sur les marchés jugés les plus lucratifs.

Anne-Lise Berthier

Sources : Communiqués Sanofi-Aventis, communiqués BMS – 27, 28 juillet 2006, 8, 10,14 août 2006, La Tribune, Les Echos, Le Figaro économie – 31 juillet 2006, 7, 9, 10, 16, 18, 19, 21, 22, 23 août 2006 )

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