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Juin 2006

Drug Abuse Sciences entre sur Alternext

Drug Abuse Sciences (DAS) lance son introduction en Bourse sur Alternext, marché d'Euronext dédié aux PME de haute technologie. La société, que son président Patrick Langlois présente comme une « société biopharmaceutique spécialisée dans le traitement des dépendances », veut ainsi lever 20 millions d'euros via cette opération. Le placement privé qui sera clotûré le 28 juin 2006 représente un peu plus de 1,8 million d'actions proposé à un prix unitaire de 11,1 euros. Pour Marc Fiorentino d'Euroland Finance, « on se situe là dans un prix assez agressif, l'idée est d'attirer les investisseurs vers une société à risque assez limité et à potentiel important ».

Les fonds serviront notamment au financement des phases finales du développement de Naltrexone Depot dans le traitement de l'alcoolisme. Ce médicament, produit le plus avancé de DAS, est une formulation de natrexone proposée sous la forme d'une injection intramusculaire mensuelle, afin de faciliter l'observance du traitement chez des patients dépendants. Une première étude de phase III dans la dépendance à l'alcool vient de s'achever et montre que, par rapport à un placebo (psychothérapie) neuf fois plus de patients restent totalement abstinents après trois et six mois.

DAS doit maintenant réaliser une nouvelle étude de phase III que la levée de fonds en Bourse contribuera à financer.

Alors que le dépôt des demandes d'AMM est prévu pour le premier trimestre 2009 aux Etats-Unis et dans l'UE, la société évalue le potentiel de ventes annuelles entre 300 et 500 millions d'euros par an. De plus, souligne Patrick Langlois, « les risques sont limités avec ce médicament qui est une molécule déjà connue et disponible en générique, à laquelle Drug Abuse Sciences a appliqué une nouvelle formulation ». Avec 40 millions de personnes concernées en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord, le créateur et vice-président de DAS, Philippe Pouletty met l'accent sur le coût sociétal des dépendances à l'alcool et aux drogues (héroïne et cocaïne) maintenant considérées par les cliniciens et les gouvernements comme un véritable problème de santé publique. Il s'agit là, souligne-t-il « d'un marché pharmaceutique en devenir potentiel sur lequel peu de sociétés sont présentes actuellement ». Outre DAS, on y trouve en effet le finlandais Biotie Therapies et l'américain Alkermes dont Vivitrol® (formulation à libération prolongée de naltrexone avec une injection mensuelle) vient tout juste d'être commercialisé aux Etats-Unis. Si ce dernier est un concurrent direct du produit de DAS, Patrick Langlois relève que « le niveau de croissance du marché global des dépendances et la vitesse à laquelle nous allons prendre des parts de marché sur Vivitrol® sont les points clé à prendre en compte ». Drug Abuse Sciences a ainsi opté pour une stratégie de croissance basée sur une présence opérationnelle sur les marchés européens. Quant aux Etats-Unis, la société souhaite privilégier la conclusion d'accord avec des partenaires de commercialisation, une telle alternative étant susceptible d'être envisagée aux alentours de la fin 2007.

Enfin, DAS qui, depuis sa création en 1994 a déjà levé 70 millions d'euros, travaille également au développement de deux autres produits ( DAS-431 et Buprenorphine Depot) qui visent, pour le premier des indications dans la dépendance à la cocaïne et les déficiences cognitives et pour le second, des indications dans la dépendance à l'héroïne et aux opiacés. La société qui ambitionne de devenir le leader du traitement des addictions, affiche son optimisme pour ses développements futurs. Philippe Pouletty relève en effet que « l'Agence pour l'innovation industrielle (AII) qui gère deux milliards d'euros a inscrit parmi ses priorités le développement de médicaments pour le traitement des dépendances et des discussions avancées sont en cours avec DAS ».

Anne-Lise Berthier
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