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Mai 2006

Ernst&Young : zoom sur le paysage biotech

Avec cette édition 2006, l'étude biotech annuelle d'Ernst&Young fête son vingtième anniversaire. Si l'étude montre que le bât blesse toujours au niveau du financement, le secteur des biotechnologies a néanmoins enregistré une forte progression en 2005, avec des revenus en hausse de 18 %, à 63,15 milliards de $ provenant à plus de 75 % des Etats-Unis (voir tableau). Mais plus marquant est le recul des pertes encaissées par le secteur. Avec des dépenses de R&D particulièrement élevées, les biotechnologies, souvent assimilées à un secteur en déficit chronique, ont, certes, enregistré des pertes nettes de 4,38 milliards de $ en 2005. Néanmoins, ces dernières sont en régression de 30 % par rapport à 2004 alors que le nombre de compagnies reste stable.
Côté européen, après une année 2004 en demi-teinte marquée par des revenus en recul, 2005 renoue avec la croissance, avec une progression de 7 %, mais avec des pertes en hausse de 41 %. Les dépenses de R&D augmentent plus en Europe (+ 15 %) que dans le reste du monde, néanmoins ce phénomène reste lié à la maturité du marché.

Les sociétés de biotechnologie en 2005

 

Total

Etats-Unis

Europe

Nombre de sociétés

4 203 (+ 1%)

1 415

1 613

Revenus (milliard de $)

63,15 (+ 18 %)

47,79

9,78

Dépenses de R&D

20,41 (+ 4 %)

15,98

3,27

Pertes

4,38 (- 30 %)

2,12

1,94

Source : Ernst&Young - Beyond Borders Global Biotechnology Report 2006.

En terme de financements, les introductions en Bourse ont permis de lever 1,5 milliard de $ en 2005 contre 2,1 milliards levés en 2003, mais après les trois années de quasi-disette, 2001-2002 et 2003, où le total levé en trois ans n'a été que de 1,4 milliard. Parallèlement, on remarque la relative stabilité du capital risque avec des financements de 5,3 milliards en 2005 comme en 2004. Toutefois, on relève toujours en Europe la prédominance du capital-risque dans le financement des sociétés de biotechnologies. Pour Philippe Grand, associé chez Ernst&Young en charge des biotechnologies, ce sont ainsi les sociétés de capital-risque qui « tiennent à bout de bras le financement des biotech en Europe » soulignant la nécessité de trouver des recours, des relais auprès d'autres sources.

Enfin, on remarquera la solidité des portefeuilles des sociétés européennes. Ceux-ci comprennent un total de 523 produits dont 84 en phase III et 196 en pré-clinique. Trois pays caracolent en tête, le Royaume-Uni avec 211 produits (dont 36 en phase III et 72 en phase II), suivi par la Suisse avec 109 produits (dont 27 en phase III et 23 en phase II) puis le Danemark avec 50 produits (dont 3 en phase III et 21 en phase II).

L'Allemagne et la France arrivent derrière, au coude à coude, avec respectivement 39 et 36 produits dans les portefeuilles de leurs sociétés. Outre-Rhin, on dénombre ainsi 5 produits en phase III, 10 en phase II et 15 en pré-clinique tandis que l'Hexagone affiche 3 produits en phase III, 12 en phase II et 14 en pré-clinique.

Anne-Lise Berthier
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