Actualité publiée sur le site
Avril 2006

Sondage Ifop-Leem 2006 : quelle est l'image de l'industrie pharmaceutique ?

Comment sont perçues les entreprises du médicament par le grand public? Que pensent les Français de leurs activités ? Telles sont précisément les grandes questions auxquelles répond le baromètre d'image Ifop Leem effectué auprès de 1002 personnes âgées de plus de 15 ans. Réalisé depuis cinq ans, ce sondage est rendu publique pour la première fois cette année. Car selon Gérard Bouquet, président de la commission communication du Leem, « il fallait pour cela attendre que l'outil soit bien calé et stable. Mais aussi que les entreprises arrivent à une certaine maturité pour accepter que les rayons de la radiographie qui les traverse soient rendus publiques. Par ailleurs, l'opinion, elle aussi devait être prête à recevoir ces résultats ».

Des résultats encourageants...

Le sondage Ifop-Leem met tout d'abord en lumière la confiance que 86% des Français accordent aux médicaments. Un taux, toutefois, en légère baisse par rapport à 2005 (88 %) et surtout 2004 (90%). « Malgré les crises que nous avons traversées, notamment celles liées aux anti-COX-2 (fin de l'année 2004, début 2005), le niveau de confiance reste très satisfaisant », commente Gérard Bouquet. En outre, pour l'opinion, l'arrivée de nouveaux médicaments est la troisième grande raison - après l'hygiène de vie et la qualité du corps médical- expliquant l'allongement de la durée de vie.

Autre bon résultat : l'opinion publique reconnaît désormais que les entreprises du médicament sont les premiers participants à l'effort de recherche. Selon 41% des sondés, ce sont ainsi les laboratoires pharmaceutiques qui financent le plus la recherche médicale en France, suivis des associations de lutte contre certaines maladies (37%) et de l'Etat (20%). Une opinion qui reste, toutefois, encore loin de la réalité puisque « 90% du financement de la recherche est le fait des entreprises du médicament », précise Gérard Bouquet.

Par ailleurs, le modèle économique de l'industrie semble être relativement bien compris des Français. Si 90 % des personnes interrogées affirment que l'industrie pharmaceutique fait beaucoup de profits, 83% reconnaissent que les profits réalisés sont indispensables pour financer la recherche de nouveaux traitements. Par contre, « ce qui nous préoccupe, c'est le fait que l'on considère normal de taxer les entreprises du médicament pour combler le déficit de la Sécurité sociale », affirme Gérard Bouquet. En effet, 57 % des sondés partagent cette opinion. « Je ne suis pas convaincu que le Français interrogé comprend la sophistication du dispositif de taxation propre à notre industrie », poursuit Gérard Bouquet.  « L'opinion a tendance à dire : « il y a des profits donc il faut taxer », sans faire le lien entre ce niveau de taxation complémentaire et spécifique et la façon dont cela ampute la capacité à investir dans la recherche, par exemple. Nous devons sans doute, par ailleurs, mieux expliquer la logique de nos investisseurs qui acceptent de se porter sur un secteur à hauts risques mais qui attendent un haut rendement de retour sur investissement ».

74% des Français considèrent, toutefois, que les entreprises du médicament sont un acteur majeur sur le plan économique en France, un secteur qui exporte, crée des emplois et des richesses. De même, ils sont aussi 73% à faire confiance à l'industrie pharmaceutique.

... mais le tableau n'est pas si rose 

Seuls 40% estiment que l'industrie pharmaceutique fournit beaucoup d'effort pour aider les pays en voie de développement en matière de santé. Et 39% affirment qu'elle s'intéresse à, toutes les maladies-et non uniquement à celles qui concernent le plus grand nombre de patients. Autres résultats décevants : 26% des Français seulement se sentent proches des entreprises du médicament et 25% pensent que celles-ci disent tout sur ce qu'elles savent sur leurs médicaments. « On nous attribue en creux le fait que nous négligeons un certain nombre de pathologies. Nous retrouvons des critiques concernant un manque d'investissement suffisant sur les maladies rares, d'attention sur les problèmes d'accès aux soins dans les pays du Sud. Mais aussi un manque global de transparence. Ce qui explique peut-être le sentiment de déficit de proximité avec le secteur industriel », confie Gérard Bouquet. « Nous avons publié, en décembre, notre premier rapport de responsabilité sociale des entreprises du médicament. Nous allons aussi organiser des discussions régulières avec un certain nombre de parties prenantes pour essayer d'identifier les attentes de la société concernant la responsabilité des entreprises. Et pour mettre en lumière nos nombreuses réalisations en matière de maladies rares ou d'accès au soin dans les pays en voie de développement, par exemple », poursuit-il.

Par ailleurs, près de 40% des personnes interrogées ont été incapables de citer le nom d'une entreprise du médicament. « C'est un excellent instrument de mesure de notre déficit de notoriété et de notre incapacité, quelle qu'en soit l'origine, à communiquer directement vers le grand public », commente Gérard Bouquet.  Pire encore, « l'entreprise qui a le plus de notoriété dans l'esprit du public n'existe plus ! Ce qui est préoccupant car les entreprises qui ont entrepris des démarches de communication vers le grand public (campagnes de prévention...) ne sont pas perçues par le public », déplore t-il.

Ce baromètre, véritable photographie de l'état de l'industrie dans l'opinion publique, sert notamment d'outil pour la stratégie de communication du Leem. « Il nous conforte aussi dans l'idée que nous avons choisi les bonnes options. L'identité collective des entreprises du médicament permet notamment de porter le message du médicament vis-à-vis de l'opinion », indique Gérard Bouquet. « Depuis quelques mois, cette identité a conduit certains représentants de nos entreprises à répondre beaucoup plus volontairement aux sollicitations des médias. Nous avons, par ailleurs, initié des dialogues directs avec un certain nombre de médecins en province afin d'identifier réellement leurs attentes vis-à-vis de l'industrie ». Mais, pour l'automne 2006, les entreprises du médicament préparent surtout un rendez-vous de taille : la première semaine du médicament. Consacrée au grand public, elle tentera de répondre à ses nombreuses attentes et interrogations.

Helia Hakimi
Rechercher
Dans l'actualité
publiée sur le site