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Mars 2006

Investiga : « Développer l'attractivité de la recherche clinique française »

Depuis sa création, il y a près de quatre ans, Investiga a pour mission de promouvoir, dans le cadre du Medec, la recherche clinique et l'investigation de santé (épidémiologie, pharmacovigilance, médico-économie) sur le territoire français. Entretien avec Sylvain Falinower, commissaire exécutif du forum.

Pharmaceutiques : Dans quelle mesure, le forum Investiga contribue-t-il au développement de la recherche clinique française et, plus largement, de l'investigation santé ?

Sylvain Falinower : Depuis quatre ans déjà, Investiga est le rendez-vous annuel des acteurs intervenant dans la recherche clinique. Il s'agit d'une tribune médiatique réunissant médecins, patients, promoteurs et moniteurs d'études autour d'un objectif commun : développer son attractivité en France. En substance, la recherche ne se réduit pas seulement aux travaux réalisés dans les laboratoires de recherche fondamentale ou pré-clinique. Elle se poursuit avec la phase essentielle de validation clinique (plus longue et plus coûteuse) impliquant de nouveaux acteurs indispensables, les médecins praticiens et leurs patients.
Quels intérêts l'investigation de santé présente-t-elle pour un médecin lambda ?

En matière d'essais cliniques, l'argent n'est plus l'unique source de motivation des médecins qui recherchent, avant tout, à diversifier leurs activités (51% des prescripteurs étant victimes du syndrome de l'épuisement). Dans la pratique, cette thématique souffre d'une certaine méconnaissance auprès des jeunes arrivants, aucune formation universitaire spécifique ne lui étant dédiée. Un effort doit donc être fourni en ce sens d'autant que d'un point de vue strictement médical, la recherche clinique reste un bon moyen de se mettre au courant des dernières évolutions, à la fois, techniques et thérapeutiques. 

Quels sont les principaux obstacles au développement de la recherche clinique en France ?

En dehors du manque de connaissances, de temps, et d'attrait du praticien pour ce type d'exercice, l'absence de médecins investigateurs (expérimentés) en nombre suffisant constitue, à l'heure actuelle, le principal obstacle au développement des études cliniques en France. Contrairement à certains pays où ces essais représentent, bien souvent, le seul vecteur d'accès aux soins (Europe de l'est, Etats-Unis), le système de protection sociale français ne favorise pas une inclusion des patients en médecine de ville comme cela peut être le cas pour certaines pathologies graves à l'hôpital (cancer, sida, maladie incurables). A la lecture des informations que nous avons récolté, il apparaît clair que bon nombre de prescripteurs seraient disposés à devenir investigateur à condition, toutefois, d'y contribuer (industrie et prestataires). Dans cette optique, les TEC (techniciens d'études cliniques) représentent d'ailleurs une alternative intéressante du point de vue administratif et logistique. Ils pourraient notamment aider les médecins à remplir les protocoles leur permettant ainsi de se concentrer sur l'aspect « médico-médical » de l'essai clinique.

Propos recueillis par Jonathan Icart
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