Grippe aviaire : mesures de protection renforcées
A l'occasion d'un point d'étape sur la propagation de l'épizootie de type H5N1, Didier Houssin, le délégué interministériel à la lutte contre la grippe aviaire, est revenu sur l'apparition des premiers cas de contamination dans l'Ain (01). Face à cette situation de risque aggravé, plusieurs recommandations ont été adoptées pour enrayer la dissémination du virus.
Peu après la découverte des premiers oiseaux infectés par le H5N1 sur le sol français, les autorités sanitaires ont considérablement renforcé les mesures de protection et de surveillance de la population avicole dans la région de la Dombes (01). Les 2 canards fuligules milouins, les 15 cygnes blancs tuberculés ainsi que la totalité de l'élevage industriel de dindes (11 000 volailles) suspectés, étant tous porteurs du virus dans sa forme hautement pathogène. A travers l'application des recommandations de biosécurité (pédiluves, restriction de la présence humaine aux seuls éleveurs), l'obligation de recenser chaque élevage (dès le premier oiseau) en mairie, le confinement, sans dérogation, des basses-cours de moins de 100 volailles, et le lancement, dans le courant de la semaine, d'une vaste campagne de vaccination préventive, des oies et des canards ne pouvant être confinés, dans trois départements (Loire, Loire-Atlantique, Vendée), l'objectif est bien de freiner, dans la mesure du possible, la propagation de l'épizootie sur le territoire. En complément, Michel Fuzeau, le préfet de l'Ain, s'est également prononcé en faveur d'une interdiction d'approcher à moins de 100 mètres des étangs de la Dombes, lieu de passage privilégié des oiseaux migrateurs.
Outre la poursuite « inquiétante » de l'émergence de nouveaux foyers en Ukraine et en Allemagne, Didier Houssin a fait part de son appréhension quant à « la capacité des pays africains (Nigéria, Egypte, et plus récemment le Niger) touchés par l'épizootie à maîtriser ce fléau ». Sur ce point, Patrice Blanchet (ministère de l'environnement) s'est pourtant voulu rassurant en réaffirmant notamment « la non-appartenance des oiseaux sauvages retrouvés morts sur le sol européen aux grands migrateurs subsahariens ». L'Office national de la chasse et de la faune sauvage, chargé de suivre les canards, bécassines et autres chevaliers stationnés en Afrique, n'ayant, jusqu'alors, rien observé d'anormal dans cette zone.
En dépit de l'extension du front de l'épizootie, le directeur de l'Institut de veille sanitaire (Invs), Gilles Brucker, est, par ailleurs, revenu sur « l'absence relative de risques pour la santé humaine ». Pour l'heure, le nombre de cas humains reste stable avec 7 pays touchés (Cambodge, Chine, Indonésie, Thaïlande, Viêt-Nam, Irak et Turquie), aucune infection n'ayant encore été détectée que ce soit en Afrique ou en Europe. A noter également que sur les 212 demandes de personnes de retour d'un des nombreux pays frappés par le H5N1, 25 ont fait l'objet de tests approfondis qui se sont tous révélés être négatifs.