Actualité publiée sur le site
Septembre 2006

Grippe Aviaire - Le virus H5N1 - 2006

- De nouvelles clés pour expliquer la virulence de la grippe de 1918 

(Communiqué NIH - 27 septembre 2006)

Une étude mise en ligne sur le site de la revue Nature porte sur l'analyse génomique des réponses immunitaires induites par le virus de la grippe de 1918 chez la souris. Elle montre que le virus induit une réponse immunitaire hyperactive qui contribue à la létalité du virus. De plus les résultats suggèrent que les 8 gènes viraux agissent en combinaison pour expliquer la virulence exceptionnelle de ce virus. Une recherche qui peut également contribuer à mieux comprendre les processus intervenant dans l'infection humaine par le virus H5N1 de la grippe aviaire.

- 6 septembre 2006

(Wall Street Journal Europe)

La Chine reconnaît n'avoir fourni à l'OMS aucun échantillon de volailles victimes du virus H5N1 depuis 2004. La Chine empêche ainsi le partage international des données scientifiques permettant d'étudier l'évolution du virus et contribuant à la mise au point de traitements et de vaccins. Le ministère de l'agriculture chinois est accusé de protéger de toute compétition les scientifiques chinois travaillant sur un vaccin.

- Vers de nouveaux médicaments contre la grippe aviaire

(Nature on line - 16 août 2006, Actualités news environnement - 17 août, Le Figaro - 18 août, france2.fr - 21 août)

Une étude publiée dans Nature montre que la structure de la neuraminidase du virus H5N1 suggère de nouvelles opportunités pour des futurs médicaments. Le virus de la grippe aviaire présente en effet une neuraminidase de type N1 dont les auteurs de l'article montrent par cristallographie aux rayons X qu'elle présente une cavité adjacente à son site actif  ; contrairement aux neuraminidases N2 et N9 à partir desquelles ont été mis au point l'oseltamivir (Tamiflu®) et le zanamivir (Relenza®). Cette particularité pourrait donc permettre de mettre au point de nouveaux inhibiteurs plus spécifiques de la neuraminidase du H5N1 et donc plus efficaces que l'oseltamivir et le zanamivir.

- « Forte capacité à muter du virus H5N1 »

(Communiqué OIE, BBC News, France 2 - 7 juillet 2006)

Un premier cas d'influenza aviaire hautement pathogène dans la faune sauvage a été confirmé en Espagne. L'OIE précise qu'un foyer de grippe aviaire hautement pathogène de sous-type H5N1 a été signalé dans la faune sauvage chez un grèbe huppé trouvé mort dans les marais d'un parc situé dans une province du Pays basque.
  

- « Grippe aviaire : premier cas de transmission humaine mais pas de mutation dangereuse »

(Libération.fr - 23 juin 2006, Le Parisien- 24 juin 2006, Libération, Le Figaro - 24/25 juin 2006, Le Journal du Dimanche - 25 juin 2006, Le Monde - 25/26 juin 2006, Les Echos, La Croix - 26 juin 2006)

Les quotidiens annoncent la confirmation vendredi par l'OMS du premier cas de transmission interhumaine du virus H5N1, confirmé dans le cas de la transmission de la grippe aviaire d'un homme à son fils, qui fait partie du groupe de cas observé en Indonésie au mois de mai. Le Figaro indique que « les chercheurs ont découvert une mutation chez le virus du fils, repérée également chez le virus du père ». Le Monde explique notamment sur son site que « les experts de l'OMS précisent qu'il s'agit ici "d'une contamination inter-humaine limitée et non prolongée", et que la mutation du virus n'est pas de nature à devoir inquiéter, la modification génétique n'étant que "minuscule" par rapport aux autres souches virales connues ». 

- Présence du virus H5N1 dans le sang 

(Libération - 11 mai 2006)

Des scientifiques thaïlandais ont annoncé avoir pour la première fois réussi à isoler le virus H5N1 « dans le sang d'un malade », alors qu'habituellement il est détecté dans les sécrétions des voies respiratoires. Une découverte qui « pourrait expliquer pourquoi de multiples organes sont atteints alors que la grippe saisonnière n'attaque que les voies respiratoires », explique Libération qui ajoute que « une possible transmission du virus aviaire par transfusion sanguine serait redoutable en cas de pandémie ».

- Un sérum protège la souris contre le virus H5N1

(Le Quotidien du Médecin - 28 mars 2006, Respiratory Research 2006, 7:43, J. Lu et al. - 23 mars 2006)http://respiratory-research.com/content/pdf/1465-9921-7-43.pdf

Des chercheurs chinois dont les résultats sont publiés dans Respiratory Research, une revue scientifique on-line en libre accès, ont préparé des anticorps équins anti-H5N1 et ont purifié les fragments F(ab' )2. Ils ont confirmé in vitro leur effet neutralisant sur des cellules MDCK en culture. In vivo ces fragments se sont révélés protecteurs chez des souris infectés par une dose létale de virus H5N1. Pour les auteurs il s'agit d'un traitement prometteur contre le virus H5N1 et leur travail fournit une base pour de futurs essais chez le singe puis l'homme.
On peut noter le problème que peut poser la souris en tant que modèle de l'infection humaine par le virus H5N1.

- « Comment l'homme résiste à la grippe aviaire »

 (Le Figaro, Le Quotidien du Médecin, Sciencexpress - 24 mars 2006, Nature, Le Quotidien du Médecin, International Herald Tribune, Wall Street Journal Europe, Washington Post, cyberpresse- 23 mars 2006)

Les auteurs d'une communication publiée dans Nature ont mis en évidence une différence anatomique dans la distribution au niveau des voies respiratoires des récepteurs des virus de la grippe aviaire et de la grippe humaine. Contrairement au récepteur du virus humain, celui du virus aviaire est rarement présent dans les voies respiratoires supérieures (muqueuse nasale, sinus, pharynx, trachée), et est observé dans les cellules alvéolaires pulmonaires et dans les cellules entre alvéole et bronchiole respiratoire. En conséquence le virus aviaire ne peut pas se propager entre humains par la respiration et par la toux, alors qu'il se multiplie activement dans les poumons. Les auteurs d'une publication de Science ont comparé la liaison du virus H5N1 aux voies respiratoires chez l'homme et 4 espèces animales, le chat, le furet, le macaque et la souris. Ils confirment la liaison préférentielle du virus aviaire aux voies respiratoires inférieures chez l'homme et sa rareté dans les voies respiratoires supérieures. Ils indiquent par ailleurs que « les caractéristiques des liaisons de H5N1 au tractus respiratoire inférieur du chat, et à un moindre degré du furet, ressemble étroitement à ce qu'on observe chez l'homme ». Une observation qui montre que ces 2 espèces animales sont les modèles les plus appropriés de l'infection à virus H5N1 chez l'homme.                                                              Les auteurs du papier de Nature ajoutent qu'ils ont découvert l'an dernier sur une personne victime de la grippe aviaire en 2003 une mutation du virus H5N1 lui permettant de se lier aux 2 types de récepteurs, humain et aviaire. Elle rendrait plus facile une transmission interhumaine si elle se répandait.

- Evolution du virus H5N1

(BioSmartBrief - 22 mars 2006, Washingtonpost.com - 20 mars 2006)

Selon des chercheurs des CDC américains le virus H5N1 a muté chez l'homme en 2 souches séparées. L'une d'elle est la cause de la maladie humaine au Vietnam, au Cambodge, et en Thaïlande en 2003 et 2004, et l'autre, « cousine » de la première, a provoqué l'infection humaine en Indonésie en 2004. On aurait donc deux populations génétiquement distinctes de virus H5N1 capables potentiellement de causer une pandémie, ce qui complique le développement d'un vaccin et la prévention. Le département de la santé humaine américain a déjà reconnu la présence de ces deux souches et approuvé le développement d'un second vaccin contre le virus H5N1 basé sur la deuxième souche.

- Pourquoi le virus H5N1 est-il peu transmissible d'homme à homme

(Nature  , International Herald Tribune, Wall Street Journal Europe - 23 mars 2006)http://www.nature.com/nature/journal/v440/n7083/abs/440435a.html

Selon une étude publiée aujourd'hui dans Nature, le virus H5N1 reste difficilement transmissible d'homme à homme parce qu'il ne réussit pas à infecter la partie haute des voies respiratoires et à profiter, comme les virus grippaux humains, de la toux pour se propager. Le raison en est la localisation des récepteurs du virus aviaire, rares dans la partie supérieure des voies respiratoires.

- Des chercheurs réclament un accès plus large aux données sur le virus H5N1

(Le Figaro - 18 mars 2006, Wall Street Journal Europe - 21 mars 2006)

L'OMS est accusée de réserver l'accès aux « précieuses séquences génétiques des souches de H5N1 isolées dans les foyers des pays touchés, à quelques chercheurs triés sur le volet ». Le secret de cette base de données, obstacle au partage des informations scientifiques, peut freiner la lutte contre une pandémie. Le Figaro explique qu'une chercheuse italienne vétérinaire de premier plan a « demandé à cinquante de ses collègues autour du globe, de rendre publiques toutes les séquences des souches isolées du virus H5N1 responsable de l'épizootie actuelle ». Ayant reçu, suite à son séquençage du premier virus H5N1 ayant tué des oiseaux au Nigéria, l'offre « d'entrer dans le club fermé des chercheurs accédant aux données génétiques », elle avait décliné cette proposition. « Seuls les Etats membres et une poignée de chercheurs des huit laboratoires de référence de l'OMS ont aujourd'hui accès à ces données. Ils n'ont aucun intérêt à partager avec d'autres des données qu'ils attendent de publier dans les revues savantes », indique notamment Le Figaro.

- « Le H5N1 est devenu plus résistant »

(Le Figaro - 22 février 2006)

Le Figaro souligne qu'« à force de mutations, le H5N1 est devenu plus résistant ». En effet, précise le quotidien, « le virus s'est fixé durablement chez de nombreuses espèces animales, du jamais vu pour un virus influenza aviaire ». Par rapport à ceux de 1997 et 2003, les virus actuels sont devenus plus mortels pour les animaux, lorsqu'ils sont injectés expérimentalement, et survivent plus longtemps lorsqu'il fait chaud, explique le quotidien. D'autre part, les canards domestiques sont devenus plus résistants et les porteurs sains peuvent excréter des quantités considérables de virus très pathogène. « Ces porteurs sains annoncent deux évènements considérables : la propagation plus rapide de l'endémie épizootique et la probabilité que de plus nombreux oiseaux migrateurs soient eux aussi porteurs sains ».

- Oiseaux migrateurs et volailles porteurs sains du virus H5N1

(Le Monde – 8 février 2006)

Une équipe internationale de chercheurs, dont les résultats ont été publiés hier dans PNAS, a identifié 6 souches de virus A(H5N1) hautement pathogène chez des canards sauvages apparemment sains. Leur enquête a été menée de 2002 à 2005 sur plusieurs « sites asiatiques fréquentés par des oiseaux migrateurs », où ils ont prélevé 13 115 échantillons à partir desquels ils ont isolé 44 souches de virus de type A de différents sous-types. De plus, des recherches menées en Chine indiquent « un taux de 1% de présence du A(H5N1) (…) dans un groupe de 5 000 volailles apparemment saines, sur différents marchés de Chine ». En addition, l’administration à des canards domestiques d’une souche virale hautement pathogène identifiée sur des canards migrateurs peut « souvent ne pas entraîner de signes infectieux pendant une semaine ou plus » alors que les oiseaux excrètent le virus dès le 3ème jour. Les oiseaux migrateurs peuvent donc « être les vecteurs naturels du virus sur de longues distances » et l’infection peut s’amplifier par le transport d’oiseaux domestiques vivants sur les marchés.

- Un facteur clé de virulence dans l’épidémie de grippe aviaire ?

(Le Quotidien du Médecin – 27 janvier 2006)

Une équipe américaine, dont les travaux sont publiés dans Science, a réalisé « le premier séquençage à grande échelle de virus de la grippe aviaire, portant sur 169 génomes de souches influenza aviaires », et 2 196 nouveaux gènes, à partir d’échantillons prélevés sur des oiseaux depuis 30 ans. Les scientifiques montrent qu’une caractéristique génétique commune aux différentes souches des virus de la grippe aviaire est absente dans la version humaine de la grippe, ce qui pourrait expliquer leur plus grande virulence quand ils infectent l'homme. Les chercheurs indiquent que « l’observation la plus fascinante est la découverte d’un motif sur les virus influenza aviaires, absent sur les virus influenza humains, qui leur permet de se lier à de nombreuses protéines cellulaires humaines et de perturber sans doute de nombreuses voies cellulaires. (…) Ce trait moléculaire des souches grippales aviaires pourrait contribuer à la virulence élevée des virus H5N1 actuels, mais nous n’en avons pas la confirmation expérimentale à ce jour. » Le Quotidien du Médecin explique que ce motif, trouvé dans la protéine NS1 des virus aviaires, est un ligand pour le domaine PDZ des protéines cellulaires humaines. Les chercheurs ajoutent que «ces protéines pourraient se révéler de précieuses cibles pour le traitement antiviral».

- Mutation du virus H5N1

(Communiqué OMS, – 12 janvier 2006, Libération, Le Figaro, Le Parisien – 13 janvier 2006)

L’analyse génétique des virus en cause dans les 2 premiers cas humains fatals de grippe aviaire en Turquie montre qu’il s’agit de virus H5N1 très similaires à ceux isolés à partir des oiseaux dans le pays et déjà observés en Chine chez des oiseaux migrateurs. Des mutations du virus ont été mises en évidence chez un des patients, qui concernent le site de liaison au récepteur. Une des mutations a été observée précédemment lors d’une petite épidémie à Hong Kong en 2003, et en 2005 au Vietnam, et elle permettrait au virus de se lier de façon préférentielle aux récepteurs humains plutôt qu’aux récepteurs aviaires. Les virus turcs sont par ailleurs sensibles à l’oseltamivir et à l’amantadine.

Dossier réalisé par Anne-Lise Berthier et Dominique Monnier
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