Grippe Aviaire - Antiviraux - 2006
- Données prometteuses sur un nouvel antiviral contre la grippe saisonnière et aviaire
(Communiqué BioCryst Pharmaceuticals - 29 septembre 2006, Le Monde - 2 octobre 2006)
La firme américaine BioCryst Pharmaceuticals annonce les résultats positifs de plusieurs essais de phase 1 concernant un nouvel antiviral, le peramivir, un inhibiteur de neuramidinase développé pour le traitement des infections grippales sévères, y compris par des virus très virulents tels que le virus H5N1 de la grippe aviaire. Un essai a montré que le peramivir injectable être administré sans risque à très hautes doses. Il a inclus 60 adultes volontaires sains qui ont reçu des doses quotidiennes de peramivir allant de 30 à 600 mg pendant dix jours. Toutes les doses ont été bien tolérées sans effet secondaire sérieux. Les résultats de ces essais doivent être présentés à la 46e conférence annuelle sur les agents antimicrobiens (ICAAC) réunie à San Francisco.
- Vers de nouveaux médicaments contre la grippe aviaire
(Nature on line - 16 août 2006, Actualités news environnement - 17 août, Le Figaro - 18 août, france2.fr - 21 août)
Une étude publiée dans Nature montre que la structure de la neuraminidase du virus H5N1 suggère de nouvelles opportunités pour des futurs médicaments. Le virus de la grippe aviaire présente en effet une neuraminidase de type N1 dont les auteurs de l'article montrent par cristallographie aux rayons X qu'elle présente une cavité adjacente à son site actif ; contrairement aux neuraminidases N2 et N9 à partir desquelles ont été mis au point l'oseltamivir (Tamiflu®) et le zanamivir (Relenza®). Cette particularité pourrait donc permettre de mettre au point de nouveaux inhibiteurs plus spécifiques de la neuraminidase du H5N1 et donc plus efficaces que l'oseltamivir et le zanamivir.
- « Une internationale de PC contre la grippe aviaire »
(Libération - 5 mai 2006)
Libération explique comment est né en mars dernier un projet de collaboration internationale qui mobilise 2 000 ordinateurs de cinq pays (France, Taïwan, Russie, Hollande et Etats-Unis) pour sélectionner, parmi 300 000 molécules, « la centaine la plus susceptible d'attaquer le virus de la grippe aviaire ». Le quotidien relate le fonctionnement de l'initiative émanant d'un des plus grands laboratoires de physique européen et explique comment ce projet « montre une nouvelle voie pour la recherche pharmaceutique », en démultipliant les possibilités de calculs des probabilités d'interaction d'une molécule avec des cibles thérapeutiques potentielles. Parallèlement, le quotidien consacre un deuxième article à « la vertigineuse course des chercheurs », en quête du composé chimique capable de bloquer un éventuel virus grippal humain dérivé du H5N1.
- 21 mars 2006
(Communiqué FDA - 20 mars 2006, Wall Street Journal Europe - 21 mars 2006)
- La FDA a interdit l'usage par les vétérinaires des adamantanes et des inhibiteurs de neuramidase pour protéger la volaille contre la grippe aviaire, usage non conforme aux mentions de l'étiquette. La FDA estime cette mesure nécessaire pour préserver leur efficacité chez l'homme. Légalement un vétérinaire peut en effet autoriser l'utilisation chez des animaux de médicaments approuvés uniquement pour une administration chez l'homme.
- Une seconde vie pour l'amantadine ?
(Wall Street Journal Europe - 16 mars 2006)
Le Wall Street Journal Europe souligne que la grippe aviaire pourrait être synonyme d'une deuxième vie pour l'amantadine. L'article note que cet antiviral créé dans les années 70 a longtemps été utilisé pour traiter la grippe saisonnière. Sont ensuite développés les travaux de l'OMS évoquant un intérêt possible à utiliser cet antiviral contre la grippe aviaire.
- Roche et Sanofi-Aventis signent un accord pour la production d'acide shikimique
(Communiqué Roche, communiqué Sanofi-Aventis - 16 mars 2006)
Roche vient de faire un point sur la progression du développement de ses capacités de production de Tamiflu® (oseltamivir). Des accords sont intervenus avec une quinzaine de partenaires présents dans neuf pays afin d'atteindre une production annuelle de 400 millions de traitements d'ici la fin 2006. Un des accords est intervenu avec Sanofi-Aventis, qui assurera la production, par voie fermentaire, de la matière première de l'oseltamivir, l'acide shikimique. Celui-ci sera fabriqué sur le site de l'usine de Saint-Aubin-les-Elbeuf, en Seine-Maritime, qui dispose d'une capacité de fermentation de 4 000 mètres cube et sera en exclusivité à Roche. Les autres partenaires sont Albemarle, Ampac Fine Chemicals, API Corporation, Clariant, DSM, FIS, Martek Biosciences, Novasep/Dynamit Nobel, PHT International, PPG Industries, Shaanxi Jiahe Phytochem et Siegfried qui contribueront tous à la production globale de l'antiviral. Par ailleurs Roche est en phase finale de négociations pour une sous-licence avec une compagnie en Chine. Enfin, le groupe suisse indique avoir inisité une série d'études sur les questions posées par l'utilisation de Tamiflu® contre le virus H5N1. Il s'agit notamment de développer des modèles prédictifs de l'émergence de nouvelles souches, de suivre l'évolution des résistances du H5N1 à l'antiviral ou encore de prédire les doses optimales et la durée du traitement par Tamiflu® en fonction des sous-types du H5N1.
- « Une proposition contre le H5N1 »
(Le Quotidien du Médecin - 15 mars 2006, jim.fr - 8 mars 2006)
Une équipe de chercheurs propose dans le Lancet une voie thérapeutique « qu'ils qualifient eux-mêmes prudemment d'hypothètique » pour les patients atteints de grippe à virus H5N1. Le site Jim explique qu'ils partent notamment du constat de « parentés cliniques entre LHH (lymphohystiocytose haemophagocytaire) et forme humaine de grippe aviaire », et qu'un protocole thérapeutique associant corticoïdes, étoposide, ciclosporine A et méthotrexate intra-thécal, suivi, en cas de forme héréditaire d'une greffe de moelle, améliore le pronostic des LHH. Les scientifiques proposent la mise en place « d'une étude visant à évaluer dans des formes humaines de grippe aviaire l'association d'antiviraux à un tel traitement cytotoxique lourd étalé sur une période de 8 semaines ». Ils précisent notamment que « le succès de ce traitement n'est pas garanti ».
- Les Etats-Unis passent une nouvelle commande d'antiviraux
(Communiqué HHS - 1er mars 2006)
Le secrétariat d'Etat américain à la santé a commandé à GSK et à Roche de nouvelles doses de leurs antiviraux Relenza® (zanamivir) et Tamiflu® (oseltamivir). Ces traitements supplémentaires, au nombre de 12,4 millions pour Tamiflu® et de 1,75 million pour Relenza®, vont s'ajouter au stock national actuel de 5,5 millions de traitements antiviraux prévus dans le cadre de la préparation à une éventuelle pandémie grippale d'origine aviaire.
- Tamiflu® : itinéraire d'un remède à usage planétaire
(Le Figaro magazine - 25 février 2006)
Le Figaro Magazine retrace l'histoire de la découverte, il y a une dizaine d'années par Gilead, du phosphate d'oseltamivir, Tamiflu® et des conditions de sa production à partir de la badiane ou anis étoilé. L'article explique ensuite qu' « il faut aujourd'hui environ dix mois à Roche pour passer de la matière première à la gélule, au terme d'une dizaine d'étapes industrielles distinctes effectuées dans une douzaine d'usines en Europe ». Le Figaro Magazine rappelle qu'en cas de pandémie grippale d'origine aviaire, la France dispose de 14 millions de doses de l'antiviral et explique « la course aux vaccins », avec les travaux en cours pour la conception de vaccins prototypes contre le H5N1.
- Roche fait don de deux millions de boîtes supplémentaires de Tamiflu® à l’OMS
(Communiqué Roche – 17 janvier 2006)
Roche va faire don de deux millions de boîtes supplémentaires de Tamiflu® (oseltamivir) à l’OMS. Ce nouveau don représente 20 millions de doses, qui vont venir s’ajouter à ceux déjà effectués par le groupe suisse en 2004 et en août 2005. Au total, l’OMS disposera donc de 5,125 millions de boîtes pour faire face à une éventuelle pandémie. Ces deux millions de boîtes supplémentaires serviront à la constitution de stocks régionaux destinés à répondre aux besoins des pays en développement.
- Tamiflu® et questions éthiques
(Wall Street Journal Europe – 16 janvier 2006)
Le Wall Street Journal Europe développe les questions éthiques auxquelles se retrouvent confrontées un certain nombre d’entreprises américaines face à la constitution éventuelle de stocks de Tamiflu®et aux conditions de leur distribution en cas de pandémie. Parallèlement, alors que de nombreux gouvernements ont décidé de faire des stocks de Tamiflu® dans le cadre de leurs plans de préparation contre une éventuelle pandémie grippale d’origine aviaire, le quotidien américain se demande pourquoi Roche continue à faire de la publicité pour l’antiviral sur les ondes américaines. L’article cite un porte-parole de Roche qui indique que « 36 000 personnes meurent chaque année aux Etats-Unis de la grippe et de ses complications et 200 000 sont hospitalisées, c’est pourquoi nous avons besoin de nous assurer que les gens ayant besoin de Tamiflu® pour une utilisation saisonnière y ont bien accès ». Sont ensuite développées les mesures et initiatives prises par Roche pour développer ses capacités de production.