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Février 2006

GlaxoSmithKline : Prêt pour un nouveau départ

Jean-Pierre Garnier, CEO du groupe GSK, peut afficher une pleine satisfaction. Non seulement il a réussi à hisser le groupe qu’il préside dans le trio de tête de la pharmacie mondiale, mais en plus il lui a permis de retrouver le chemin de la croissance. Une performance que le monde de la finance n’a pas manqué de saluer.

Que du bonheur ! Au moment d’annoncer les résultats annuels de GlaxoSmithKline (GSK), Jean-Pierre Garnier, ne dissimulait pas sa joie. Le groupe qu’il préside depuis la fusion avec SmithKline Beecham, en 2000, vient de clôturer en beauté l’année 2005. Fort d’un chiffre d’affaires de 21,7 milliards de livres en progression de + 8 %, le laboratoire anglo-saxon a même « réussi sa plus belle croissance depuis six ans », s’est réjoui ce Français de 63 ans passés. Une performance d’autant plus louable que GSK avait été l’objet d’un feu nourri de critiques au cours des années précédentes.

Une performance qui ne doit toutefois rien au hasard, puisque les deux principales régions du groupe - les Etats-Unis (41,9 % du chiffre d’affaires) et l’Europe (25,8 %) - enregistrent une croissance similaire (+ 8 %). Une croissance que le groupe a également su asseoir sur l’ensemble des domaines thérapeutiques où il est présent et dans lesquels il dispose de produits phares. A l’instar de l’inhibiteur de l’angiotensine de type 2, Coreg®, dont les ventes ont progressé de + 32 %, l’anti-épileptique Lamictal® a enregistré une croissance de 24 %, tout comme l’anti-asthmatique Advair®/Seretide® (+ 22 %) ou l’anti-herpétique et anti-zona Zelitrex/Valtex® (+ 21 %) ou encore l’anti-diabétique de type 2 Avandia® (+ 18 %). Sans oublier les vaccins qui ont généré un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros (+ 15 %).

Un segment sur lequel GSK entend bien, dès l’année prochaine, damer le pion au leader historique, Sanofi-Aventis. Et en particulier sur le domaine de la grippe. « Nous avons mis au point une formulation qui nous permet d’envisager un vaccin efficace contre l’épidémie liée au virus H5N1, dans les prochains mois », a ainsi expliqué le directeur de la recherche, Tachi Yamada. Ce vaccin viendrait compléter l’arsenal antigrippal du groupe anglo-saxon qui, fort de l’efficacité du Relenza®, a conclu plusieurs contrats avec des gouvernements pour fournir des traitements antigrippaux en cas de pandémie avérée de grippe aviaire.

Outre ce vaccin antigrippal, GSK peut également tabler sur Rotarix®, indiqué dans le traitement des diarrhées aiguës dues au rotavirus chez l’enfant, pour enregistrer une croissance de ses ventes en 2006. Avec six autres produits (le traitement de la leucémie Arranon®, celui contre les douleurs liées aux opérations Entereg®, le produit dermatologique Altabax®, l’antidiabétique Avandaryl®, la forme retard de l’inhibiteur de l’angiotensine de type 2 Coreg cr® et la combinaison de deux antimigraineux Trexima®), ce vaccin fait partie des lancements programmés en 2006.

Une année 2006 qui se présente d’ores et déjà faste pour le groupe, puisque sept demandes d’AMM sont programmées. Outre les vaccins contre le virus de la grippe aviaire (H5N1) et contre le cancer du col de l’utérus Cervarix®, Tykerb®, un anticancéreux concurrent d’Herceptin®, le médicament contre les rhinites, Allermist® (mepolizumab), l’anti-aggrégant plaquettaire eltrombopag et une version à libération prolongée de l’antiépileptique Lamictal xr®, devraient ainsi faire l’objet d’un dépôt de dossier devant la commission d’AMM.

Issus de la recherche GSK ces produits pourraient fort bien être rapidement suivis de quelques autres, puisque le pipeline de GSK compte aujourd’hui 146 molécules en développement dont seize sont en phase III et cinquante en phase II. Des chiffres qui permettent au directeur de la recherche Tachi Yamada de partir à la retraite, en juin prochain, serein. Conscient que son successeur, Moncef Slaoui, dispose de l’un des pipe-lines « les plus riches de l’industrie pharmaceutiques », il peut quitter le groupe avec la satisfaction de l’avoir remis sur les rails. Un sentiment que devrait partager Jean-Pierre Garnier lorsque, l’année prochaine, il pourrait céder les rènes à l’un des trois candidats déclarés : Chris Viehbacher, président de la filiale américaine, Andrew Witty, président pharma Europe, David Stout, président pharma monde.

SLM
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