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Décembre 2005

- Communiqué de l’Académie nationale de médecine BCG : difficultés de la vaccination dans un avenir proche

L’Académie nationale de médecine, au cours de sa séance du 28 juin 2005, a souligné, dans son rapport « Faut-il continuer à vacciner par le BCG en France ? »(1) et son communiqué « Avenir de la vaccination par le BCG en France » (2) certaines difficultés attendues pour la pratique future de cette vaccination en raison de la disparition du BCG Monovax®. La pratique exclusive de la vaccination BCG par la voie intradermique (ID) nécessitera une formation rapide et généralisée de tous les médecins vaccinateurs, qui vont se trouver simultanément confrontés à la persistance de l’obligation vaccinale pour tous les enfants conjointement à la disparition du BCG par applicateur. Or, la technique du BCG par voie ID est d’autant plus difficile qu’elle s’adresse surtout à de très jeunes nourrissons qui doivent bénéficier très tôt de ce vaccin.

A ce jour aucune modification des textes concernant la vaccination obligatoire par le BCG n’est annoncée pour faire face à cette situation nouvelle en janvier 2006. Une récente enquête faite auprès des pédiatres et des médecins généralistes sur la pratique vaccinale, actuelle et future, montre que moins de 30 % sont prêts à vacciner systématiquement par la voie ID. Près de 60 % des médecins pensent que les familles pourraient s’opposer à la vaccination par voie ID. En revanche, 59 % sont disposés à vacciner les enfants les plus exposés au risque tuberculeux (3). La plupart des pédiatres sont favorables à la vaccination de 100 000 enfants à risque, mais très peu enclins, voire opposés, à vacciner systématiquement 800 000 nourrissons et enfants en pratiquant la vaccination par voie ID, si le BCG demeure obligatoire.

Cette situation risque de mettre en difficulté les responsables des collectivités (crèche et d’établissements scolaires) en les obligeant à refuser l’inscription d’enfants non vaccinés par le BCG et de susciter la pratique de contre-indications au BCG abusives. Le désarroi des familles peut conduire aussi au refus du BCG pour leurs enfants. Une telle situation de flou et d’ambiguïté pourrait, selon toute vraisemblance, faire remettre en question, une fois encore, le bien-fondé des vaccins en général.

Il est donc vivement souhaité que la politique vaccinale du BCG soit rapidement clarifiée avant l’échéance de janvier 2006, puisque la production de Monovax® a cessé et que la vente des stocks sera suspendue en janvier 2006. L’Académie nationale de médecine demande que, sans retard, les pédiatres et les généralistes reçoivent du Ministère de la Santé des instructions réglementaires.

Pierre Bégué, membre de l’Académie de médecine

RÉFÉRENCES

(1)  Rapport : Faut-il continuer à vacciner par le BCG en France ?.- P. BÉGUÉ, rapporteur.- Académie nationale de médecine, séance du 28 juin 2005. Bull. Acad. Natle Méd., 2005, 189, n° 6 (sous presse).

(2) Communiqué : Avenir de la vaccination par le BCG en France. P. BÉGUÉ, rapporteur.- Académie nationale de médecine, séance du 28 juin 2005. Bull. Acad. Natle Méd., 2005, 189, n° 6 (sous presse).

(3) F. de LA ROQUE, R. COHEN, F. VIE LE SAGE, A. BOCQUET, M. BOUCHERAT, D. LEVY BRUHL.- Enquête sur les pratiques actuelles et futures du vaccin contre la tuberculose auprès des pédiatres et généralistes en France.- Arch. Pediatr. 2005, 12, 1665-69.

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