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Décembre 2005

Ondes électromagnétiques   Avis de vigilance générale

Après s’être successivement attachée aux impacts du bruit et à ceux des pollutions chimiques sur l’organisme, la troisième édition des rencontres parlementaires « Santé et Environnement » a, cette année, été consacrée aux répercussions des ondes électromagnétiques sur la santé. A cette occasion, experts, décideurs économiques, institutionnels, et associations de consommateurs ont émis un avis de vigilance quant aux risques encourus par la population.

Depuis 10 ans, le rythme de développement des technologies liées aux télécommunications dépasse, très largement, les capacités d’analyse du facteur risque. La variation des niveaux d’exposition aux champs électromagnétiques et l’absence de recul pour en évaluer les impacts compliquent sensiblement l’élaboration de normes de protection. Dans ce contexte empreint d’incertitudes, Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de l’Essonne, a choisi de faire avancer le débat, le 8 novembre dernier, en consacrant les troisièmes rencontres parlementaires « Santé et Environnement » aux effets des ondes électromagnétiques sur la santé humaine. Aux dires des nombreux spécialistes réunis pour l’occasion, l’indépendance de l’expertise scientifique et l’information du grand public constituent un double enjeu prioritaire.

Bon nombre d’études contradictoires ont semé le doute quant à l’évaluation des dangers potentiels en matière d’émissions d’ondes électriques et magnétiques. Pourtant, les résultats d’une vaste étude statistique, portant sur le risque de leucémie chez l’enfant associé à la proximité de lignes à haute tension, a révélé l’existence d’une corrélation entre la distance des logements et la fréquence de ce type de cancer. L’analyse de Gerald Draper, chercheur à l’université d’Oxford, a également montré que les enfants vivant à une distance comprise entre 200 et 600 mètres d’une de ces installations auraient 20 % de chances supplémentaires d’être atteints d’un cancer du sang. Pour ceux vivant à moins de 200 mètres, le risque aurait même atteint la barre des 70 % (par rapport aux enfants habitant dans un rayon de 600 mètres). Dans l’état actuel des connaissances, plusieurs experts ont vivement incité les pouvoirs publics à tenir compte des conclusions de cette enquête. En vertu du principe de précaution, ces derniers se sont mobilisés en faveur de la mise en place d’un certain nombre de recommandations relatives à l’exposition de la population aux champs électromagnétiques. D’autant que les données de l’étude viennent confirmer l’avis du directeur du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), Pierre Boyle, qui, dès 2001, classait ces champs magnétiques dans le groupe 2B des agents « peut-être cancérigènes ».

Sur le front de la téléphonie mobile, de nombreux rapports officiels issus de travaux épidémiologiques et expérimentaux récents ont  formulé des avis sur les effets des ondes émises par les antennes des téléphones mobiles et les antennes relais. Néanmoins, aucun d’entre eux ne permet de tirer la conclusion selon laquelle une exposition prolongée présenterait un risque sanitaire avéré (Afsset « téléphonie mobile et santé », février 2005). En ce sens, la création de la Fondation santé et radiofréquence, en janvier dernier, pourrait apporter une solution convaincante. Doté de 4,8 millions d’euros pour les cinq prochaines années, cet établissement finance des programmes de recherche épidémiologiques, expérimentaux et sociologiques sur les risques liés à l’exposition  des personnes aux ondes électriques et magnétiques. En outre, cette fondation diffuse également un certain nombre de brochures informatives à destination des professionnels de santé et du grand public. En dépit des interrogations qu’il a suscitées, notamment en matière d’indépendance de l’expertise, ce centre doit pourtant assumer, selon son président, son statut de « structure indépendante de soutien à la recherche ».

Compte tenu du manque flagrant d’informations, l’ensemble des experts ayant participé à ces rencontres parlementaires se sont accordés à lancer un avis de vigilance général, accompagné de recommandations de bonnes pratiques d’utilisation des nouvelles technologies sans fil qui s’ancrent progressivement dans notre vie quotidienne.

 

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