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Décembre 2005

Grippe aviaire : Vers une mutualisation des efforts

Le ministre de la Santé, des Solidarités et de la Famille, Xavier Bertrand, s’est exprimé, le 29 novembre dernier, devant les membres de la Mission d’information sur la grippe aviaire de l’Assemblée nationale. A cette occasion, il est revenu sur la nécessité de « retarder au maximum l’arrivée de la pandémie », confirmant, au passage, qu’une « planification de la préparation et de la réponse au virus H5N1, devait être mise en place à un niveau transnational ».   

D’après les dernières données épidémiologiques, le virus H5N1 n’a pas encore acquis un mode de transmission inter-humain. Cependant, le caractère hautement pathogène de l’épizootie, qui s’est propagée jusqu’au portes de l’Europe, doit faire l’objet de toutes les attentions. Auditionné, le 29 novembre dernier, par les membres de la mission d’information sur la grippe aviaire, Xavier Bertrand s’est attardé sur l’état préparatoire de la France en la matière. Selon le ministre de la Santé, l’officialisation de la nouvelle version du plan de lutte contre une éventuelle pandémie grippale, actuellement en voie de finalisation, n’est plus qu’une « question de jour ». Les derniers détails de cette démarche, « s’inscrivant dans le champ d’une action concertée de la part des 25 membres de l’Union européenne » devant, encore, être réglés, sa publication interviendra dans la foulée du Conseil des ministres européens de la Santé, qui doit avoir lieu le 9 décembre prochain, à Bruxelles.

Lors de cette audition, Xavier Bertrand est brièvement revenu sur l’état des stocks d’antiviraux constitués sur le sol français. Il a, d’ailleurs, tenu à préciser que  « 12 des 13,8 millions de doses antivirales commandées, fin 2004, avaient, d’ores et déjà, été livrées (11,8 doses de Tamiflu®, et 200 000 doses de Relenza®) et qu’une commande de 19 millions de doses supplémentaires (10 millions de doses de Tamiflu® et 9 millions de doses de Relenza®) avait été passée auprès des laboratoires Roche et GSK pour le début de l’année 2007 ». En terme de couverture vaccinale, la France paraît être tout aussi bien armée. En vertu d’un accord conclu avec les pouvoirs publics, Sanofi Pasteur fournira, fin 2005, près d’1,4 million de doses d’un vaccin pré-pandémique contre la souche qui sévit actuellement en Asie et aux frontières de l’Europe. Par ce contrat, la division vaccin du groupe Sanofi-Aventis produirait, également, jusqu’à 28 millions de traitements pour la vaccination en cas de pandémie déclarée, une fois la souche virale responsable identifiée. Le ministre de la Santé a également profité de l’occasion pour annoncer qu’un partenariat du même type, prévoyant la livraison de 12 millions de vaccins, avait été noué avec le laboratoire américain Chiron.

Aux dires de Xavier Bertrand, la coordination des politiques des 25 États membres doit impérativement être « effective », les mêmes mesures de protection devant être appliquées à l’identique au sein de cet ensemble. Il s’est dit favorable à un renforcement des mesures de contrôles sanitaires aux frontières aériennes, portuaires, et terrestres, affirmant qu’une fermeture temporaire de celles-ci serait « envisageable en cas de pandémie avérée dans l’un ou dans plusieurs pays de l’Union ».  Selon le ministre de la Santé, la finalité de ces dispositions consiste à « gagner un maximum de temps pour préparer les systèmes de santé, de sorte qu’un patient infecté puisse être soigné dans les meilleurs délais ».

La perspective d’une mutualisation des efforts, réclamée par le Commissaire européen à la Santé, Markos Kyprianou, posera donc la question de la volonté et de la capacité des 25 pays à créer des stocks supplémentaires de médicaments (à disposition de la Commission) pour traiter les premiers foyers de la future pandémie.

A bien des égards, le Conseil des ministres de la Santé de l’Union européenne, prévu pour le 9 décembre, risque fort d’être décisif. Il devrait nous en apprendre un peu plus sur les différents niveaux de préparation des 25 États, ainsi que sur la mise en place de mesures communément adoptées en matière de veille sanitaire, de veille épidémiologique, de coopération et d’information.

Jonathan Icart
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