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Novembre 2005

60% des effets iatrogènes seraient évitables

A l’occasion de la présentation de la deuxième campagne nationale de prévention de la iatrogénèse médicamenteuse évitable chez les personnes âgées, Pierre Le Sourd, président du Leem, a réaffirmé son engagement en faveur du bon usage du médicament.

Les effets indésirables liés aux mauvais usages du médicament par les personnes âgées accroissent considérablement les risques de morbidité, de perte d’autonomie, voire de mortalité. Bien que mal connu, leur retentissement économique est important. Ils seraient la cause de 5 à 10 % des hospitalisations des personnes de plus de 65 ans et de 10 à 20 % des personnes de plus de 85 ans. Compte tenu du vieillissement annoncé de la population française, ces chiffres risquent fort d’augmenter dans les années à venir (en 10 ans, le nombre de personnes de plus de 65 ans en France a augmenté d’un million). Pour l’ensemble de ces raisons, Santé en action, le mouvement regroupant les organisations professionnelles de la santé du secteur privé, a choisi de reconduire l’action menée l’an passé.

Cette deuxième campagne nationale de prévention de la iatrogénèse évitable chez les personnes âgées sera, dans un premier temps, l’occasion de faire le point sur les retombées de la première phase (octobre 2004 à novembre 2005). D’après les résultats d’un sondage réalisé en juin dernier, 31,6 % des personnes âgées ainsi que 45,1 % des professionnels de santé se souviennent des mesures engagées, l’an passé, en faveur du bon usage du médicament. De plus, parmi les sujets âgés ayant déclaré se souvenir de l’action, 60 % déclarent que celle-ci les a incités à parler davantage de leurs médicaments avec leur médecin et/ou leur pharmacien. A ce jour, 120 000 exemplaires d’une affiche «  dialogue », 240 000 guides pratiques, ainsi qu’1 400 000 exemplaires d’une fiche destinée aux malades âgés, ont été diffusés à l’attention des patients et des professionnels de santé, remplissant, ainsi, la logique éducative et informative voulue par cette démarche.   

Déculpabilisation des professionnels de santé

Dans le cadre de cette seconde campagne, un module de formation professionnelle continue pluridisciplinaire sera mis en place dès 2006. A travers la mise en oeuvre d’une approche systémique plutôt qu’individuelle des accidents iatrogènes chez les personnes âgées, l’objectif pédagogique de ce dispositif consistera en une déculpabilisation individuelle de chaque professionnel de santé. Dans un second temps, les participants (médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, infirmières, kinésithérapeutes) seront placés en situation d’experts. A partir de leur propre expérience, il leur sera demandé de proposer des solutions de sécurité concrètes permettant de limiter la fréquence et la gravité des effets indésirables liés aux médicaments chez les sujets âgés. Entre juin et octobre 2005, douze réunions tests ont été organisées. Parmi les 108 candidats déjà formés, 99 % sont davantage convaincus que la prévention de la iatrogénèse médicamenteuse chez les plus de 65 ans passe par une vigilance coordonnée de l’ensemble des professionnels de santé. Pour une plus grande visibilité, les données issues de l’ensemble des réunions organisées (questionnaires d’évaluation, solutions proposées par les professionnels) feront l’objet d’un recueil centralisé  qui sera analysé, fin 2006, par le comité d’experts.

En outre, le troisième volet de cette campagne aura pour vocation d’apporter une information complémentaire à destination du grand public. Par le biais de la diffusion de quatre spots radio, sur France Inter, du 17 au 30 novembre prochain, le Leem souhaite, ainsi, accompagner les actions entreprises en faveur du bon usage du médicament.

Jonathan Icart

 

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