Grippe Aviaire - Antiviraux - 2005
- « Pandémie incertaine » mais effet non garanti du Tamiflu®
(Le Figaro - 23 décembre 2005)
Le Figaro rappelle que le Tamiflu® représente « un élément clé » des plans nationaux de lutte contre la grippe aviaire », mais que « son efficacité totale n’est pas garantie », revenant sur les résultats publiés dans le NEJM hier montrant l’apparition rapide d’une résistance au Tamiflu® chez des patientes infectées par le virus H5N1 et décédées malgré le traitement. Le quotidien donne par ailleurs la parole à deux infectiologues, le Pr Jean-Paul Stahl (Grenoble) et le Pr Michel Garré (Brest) qui « tempèrent les inquiétudes sur les risques d’épidémie, tout en reconnaissant la nécessité d’une préparation nationale ».
- Grippe aviaire: résistance à l’oseltamivir pendant le traitement
(International Herald Tribune, NEJM 353 : 2667-2672, M.D. de Jong et al. – 22 décembre 2005)
Un virus H5N1 possédant une mutation de la neuraminidase conférant une résistance élevée à l’oseltamivir (Tamiflu®) a été isolé à partir de deux Vietnamiennes décédées de la grippe aviaire malgré le traitement antiviral. Ces deux cas s'ajoutent à l’exemple de résistance signalé en octobre dans une publication de Nature. Une résistance au Tamiflu® peut donc se développer rapidement, ce qui est d’autant plus inquiétant qu’une des patientes avait reçu un traitement précoce et les deux jeunes filles avaient été traitées aux doses habituellement recommandées. L'étude a porté sur huit Vietnamiennes malades de la grippe aviaire ayant reçu un traitement au Tamiflu® au moment de leur hospitalisation, en 2004 et 2005. L’antiviral a donné de bons résultats chez 4 patientes, réduisant de manière drastique le nombre de particules virales. Les 4 autres patientes sont décédées et des analyses ont montré que deux d’entre elles avaient développé une résistance à l'antiviral. Pour les auteurs, ces observations d’une résistance qui apparaît rapidement, pendant le traitement à des doses recommandées, et qui est de plus associée à une détérioration clinique (contrairement au cas précédent publié par Nature), suggèrent que le traitement de la forme humaine de la grippe aviaire devrait inclure des antiviraux supplémentaires.
- Roche autorise un laboratoire chinois à produire Tamiflu®
(Financial Times, Wall Street Journal Europe, La Tribune, Le Figaro économie, Les Echos – 13 décembre 2005)
Plusieurs quotidiens annoncent ce matin que Roche a identifié une douzaine de partenaires potentiels pour la production de Tamiflu® (oseltamivir) (voir revue de presse du 12 décembre 2005). Les articles rappellent que le recours à ces partenariats vise à porter les capacités de production de l’antiviral à plus de 300 millions de traitements par an dès 2007 et à répondre aux demandes des gouvernements. Ils relèvent également que le groupe suisse a octroyé une licence partielle à un laboratoire chinois, Shanghai Pharmaceutical Group. La Tribune constate que « l’octroi de licences représente un formidable outil de communication face à la montée des critiques, sans oublier que, le hasard faisant bien les choses, le premier accord a été signé en Chine, où Roche veut gonfler sa propre production à haute valeur ajoutée ». Le Financial Times souligne qu’au moins deux importants laboratoires indiens sont en négociations avec Roche pour la fourniture de versions génériques de Tamiflu® aux pays dans lesquels l’antiviral n’est pas protégé par un brevet.
- Roche identifie 12 partenaires supplémentaires pour la production de Tamiflu®
(Communiqué Roche, La Tribune, Financial Times – 12 décembre 2005)
Roche annonce qu’il vient de terminer l’évaluation des 200 sociétés ayant manifesté leur intérêt pour la production de Tamiflu® (oseltamivir). Le groupe suisse a ainsi établi une liste de 12 partenaires potentiels qui seront invités à des négociations plus avancées. Une sous-licence a été accordée au Shanghai Pharmaceutical Group pour la Chine et Roche précise que des négociations en ce sens sont également en cours en Inde avec des producteurs locaux. Le Financial Times ajoute que, selon leurs dirigeants, deux laboratoires indiens au moins seraient en discussion avec Roche. Il s’agit de Cipla et de Ranbaxy qui annoncent toutes deux être en train d’augmenter leurs capacités pour parvenir à une production commerciale de l’antiviral au milieu de l’année prochaine.
- Vers un stock européen de Tamiflu
(Le Parisien- 10 décembre 2005)
Le Parisien annonce brièvement que vendredi, à l’occasion d’un conseil des ministres de la Santé européens, Xavier Bertrand a proposé « la constitution d’un stock européen de Tamiflu® contre la grippe aviaire ». Il s’agirait pour chaque pays de « mettre dans un pot commun 1% à 3% de son stock national ». La mise en place d’un tel stock européen « nous permettrait d’être plus efficace » a indiqué Xavier Bertrand qui a souligné qu’il s’agissait d’une « question de solidarité ».
- 5 décembre 2005
Le Wall Street Journal Europe annonce que le génériqueur indien Cipla prévoit de commencer à fournir une version générique de l’antiviral Tamiflu® (oseltamivir) à plusieurs pays asiatiques et européens dès le mois prochain.
- Pas de lien entre Tamiflu® et les décès intervenus au Japon
(Wall Street Journal Europe - 2 décembre 2005)
Le Wall Street Journal Europe indique que, selon la Société japonaise de pédiatrie, aucun lien clair n’a pu être établi entre la prise de l’antiviral Tamiflu® et les décès de douze enfants intervenus au Japon (voir revues de presse des 18 et 21 novembre 2005). La société savante a déclaré que les symptômes observés dans ces douze cas pouvaient aussi l’être chez des patients n’ayant pas pris le médicament. Pour ces praticiens, il est possible que la grippe dont étaient atteints ces enfants ait contribué à aggraver une situation pathologique pré-établie, provoquant ainsi leur mort.
- L'Indonésie autorisée à produire du Tamiflu® tandis que Taïwan prévoit d’en produire
(Les Echos, Le Figaro, Wall Street Journal Europe –28 novembre 2005, Communiqué Roche –25 novembre)
Les gouvernements indonésien, thaïlandais et philippins ont reçu, du laboratoire suisse Roche, l'autorisation de produire son antiviral Tamiflu®, susceptible d'être efficace en cas de pandémie de grippe humaine d'origine aviaire. Le ministre de la Santé indonésien a annoncé avoir déjà engagé le processus pour obtenir de la Corée du Sud ou de la Chine les substances de base. Par ailleurs, Taïwan prévoit de produire sa propre version de l'antiviral en cas d’épuisement des stocks fournis par Roche. « Ce ne sera pas nécessaire », a indiqué le laboratoire, confirmant qu’il pourrait fournir l’année prochaine à Taïwan - dans les délais requis - 1,3 million de doses de Tamiflu® supplémentaires, portant ainsi le total à 2,3 millions de doses.
- 22 novembre 2005
- Le Wall Street Journal Europe indique qu’un institut de recherche de Taïwan a déclaré être parvenu à produire de l’acide shikimique, un des composants clés de la fabrication du Tamiflu® (oseltamivir) de Roche.
- Tamiflu®: la FDA calme le jeu
(Communiqué FDA, communiqué Roche – 18 novembre 2005, Le Figaro, Le Monde – 19 novembre 2005, Les Echos, Wall Street Journal Europe – 21 novembre 2005)
Plusieurs quotidiens sont revenus, ce week-end et en ce début de semaine, sur douze décès observés au Japon chez des enfants ayant pris du Tamiflu® (voir revue de presse du 18 novembre 2005). Les différents articles relèvent que le comité consultatif pédiatrique de la FDA a indiqué que ceux-ci ne pouvaient être imputés à la seule utilisation de Tamiflu®. Celui-ci a précisé que le suivi de pharmacovigilance allait se poursuivre normalement et a estimé qu’il n’était pas nécessaire de modifier la notice du médicament sur ce point. Il demande en revanche l’addition d’une information sur des effets dermatologiques observés chez un petit nombre de patients, en particulier au Japon.
- Roche et Gilead mettent un terme à leur litige sur Tamiflu®
(Communiqué Gilead, communiqué Roche– 16 novembre 2005)
Roche et Gilead viennent de mettre un terme au litige qui les opposait sur l’accord de licence et de développement de Tamiflu® conclu en 1996. En juin dernier, l’Américain avait cherché à récupérer les droits du groupe suisse sur l’antiviral, estimant que «Roche n’avait pas démontré de façon adéquate l’engagement nécessaire depuis le lancement de Tamiflu® aux Etats-Unis voici près de six ans et n’avait pas alloué les ressources nécessaires à la réalisation du potentiel du médicament pour le traitement et la prévention de la grippe» (voir revues de presse des 24 et 27 juin 2005). Aujourd’hui, dans le contexte de menace d’une éventuelle pandémie de grippe aviaire, les deux laboratoires annoncent qu’ils ont choisi de «s’engager fortement pour consolider leur collaboration».
L’accord modifié prévoit que Roche et Gilead mettront en place un comité mixte chargé de superviser à l’échelle mondiale la coordination de la fabrication, notamment dans le cadre des licences de fabrication accordées à des tiers. Un autre comité mixte sera établi, qui coordonnera la commercialisation de Tamiflu® pour les ventes saisonnières sur les principaux marchés, y compris aux Etats-Unis. Alors que cet accord devrait permettre d’offrir des ressources supplémentaires pour la production de l’antiviral, Roche précise qu’il a accepté de renoncer, pour tous les calculs de royalties à venir, aux corrections au titre du coût de production du médicament, prévues dans l’accord conclu entre les deux entreprises. Quant aux royalties versées à Gilead sur les ventes nettes de Tamiflu®, elles restent inchangées et s’établissent entre 14 et 22% en fonction des volumes de ventes réalisés chaque année. Un versement rétroactif de 62,5 millions de $ de royalties sera réalisé par Roche afin de compenser les corrections liées au coût de production du médicament pour 2004 et pour les trois premiers trimestres de 2005.
- Faut-il constituer des stocks d’antiviraux?
(Wall Street Journal Europe – 15 novembre 2005)
Le Wall Street Journal Europe s’interroge ce matin sur la nécessité de constituer des stocks de médicaments antiviraux. Le quotidien note que «du voyageur à la mère de famille qui reste chez elle, tout le monde se pose cette question après l’annonce par les autorités sanitaires mondiales de la possibilité d’une pandémie grippale d’origine aviaire». L’article rappelle la place et le mode d’action des deux antiviraux Tamiflu® de Roche et Relenza® de GSK et développe un argumentaire expliquant pourquoi les individus ne doivent pas chercher à constituer des réserves de ces produits.
- L’OMS veut constituer un stock de Tamiflu® pour l’Asie
(Financial Times – 14 novembre 2005)
Le Financial Times indique que l’OMS est en discussion avec plusieurs gouvernements et le groupe Roche pour la création d’une réserve d’antiviraux en Asie afin de fournir traitements et protection à cette région la plus menacée par une potentielle pandémie grippale d’origine aviaire. L’article indique que les discussions préliminaires prévoient que cette réserve soit constituée à partir du don de 5% des stocks constitués par les pays les plus riches. A cette occasion, le quotidien britannique souligne que les 50 gouvernements ayant passé des commandes de Tamiflu® sont «dans le monde développé». L’article ajoute qu’à l’OMS, on indique que plusieurs pays ont manifesté leur volonté de participer à une telle initiative.
- 9 novembre 2005
- L’International Herald Tribune indique que Roche a cessé de vendre son antiviral Tamiflu® en Chine. La division chinoise du groupe a arrêté les ventes du médicament le 1er novembre et ses réserves en antiviral sont en cours de transfert au ministère de la santé chinois, qui, en cas de survenue d’une pandémie, est considéré comme le plus à même d’assurer sa distribution en urgence.
- Les gouvernements seront prioritaires pour obtenir du Tamiflu®
(Le Point, Wall Street Journal Europe, International Herald Tribune, Financial Times – 10 novembre 2005, Mission parlementaire sur la grippe aviaire – 8 novembre 2005)
Plusieurs quotidiens anglo-saxons reviennent sur le développement des pressions à l’égard de Roche à propos de la production de Tamiflu® (oseltamivir) et de l’approvisionnement en antiviral en cas de pandémie grippale d’origine aviaire. Ils rappellent que le groupe suisse a augmenté ses capacités de production, pour atteindre le chiffre de 300 millions de traitements en 2007. Par ailleurs, alors que la Chine vient d’annoncer qu’elle essaie de développer sa propre version de l’antiviral, Roche a indiqué que les commandes réalisées par les gouvernements en prévision d’une potentielle pandémie seront prioritaires. Cette priorité accordée aux commandes des Etats a également été soulignée par Henry-Vincent Charbonné, président de Roche France, lors de l’audition réalisée le 8 novembre par la mission d’information parlementaire sur la grippe aviaire et ses mesures préventives. Interrogé sur les questions de production de l’antiviral, le président de Roche France a indiqué à cette occasion que la fabrication de l’antiviral était soumise à deux goulets d’étranglement possibles: la matière première, l’anis étoilé ou badiane de Chine sur laquelle une spéculation semble se développer, et l’existence, lors de la production, d’une étape potentiellement explosive (NDLR: phase liée à la chimie des azides) ne pouvant être réalisée que dans des établissements agréés, au nombre de trois, deux en Europe et un aux Etats-Unis. Concernant la matière première, Henry-Vincent Charbonné a également précisé que l’acide shikimique, extrait à partir de la badiane étoilée, pouvait maintenant être produite par voie biotechnologique. Ces techniques de production sont entrées en action cet été, contribuant ainsi à alléger la dépendance en matière première.
- Roche poursuit l’augmentation de la production de Tamiflu®
(Le Monde, Le Figaro économie, Le Figaro, La Tribune, Financial Times, Les Echos – 8 novembre 2005)
De nombreux quotidiens développent ce matin l’augmentation des capacités de production de Tamiflu® chez Roche (voir revue de presse du 7 novembre 2005) et font un point sur les discussions en cours avec d’autres laboratoires et gouvernements.
- Roche fait le point sur la production de Tamiflu®
(Communiqué Roche – 7 novembre 2005)
Roche vient d’annoncer que, d’ici à la fin 2006, l’augmentation de ses capacités de production lui permettra d’être en mesure de produire 300 millions de traitements de Tamiflu® (oseltamivir). Il s’agit là d’une multiplication par dix par rapport aux capacités disponibles en 2004 et l’opération sera réalisée via un accroissement supplémentaire de son réseau de production.
Par ailleurs, des discussions sont en cours afin de continuer à augmenter les possibilités de fourniture de Tamiflu® aux différents gouvernements en cas de pandémie. Roche indique avoir reçu plus de 150 demandes de coopération et ses experts en production ont débuté des discussions avec huit partenaires potentiels, parmi lesquels figurent grands producteurs de génériques, groupes pharmaceutiques et gouvernements de Taïwan et du Vietnam. Cette première phase de discussions vise à être en mesure de sélectionner des candidats pour des discussions plus avancées d’ici à la fin du mois de novembre.
- «La Thaïlande produira son propre Tamiflu®»
(Les Echos, La Tribune – 7 novembre 2005)
Les autorités thaïlandaises ont annoncé qu’elles produiraient, d’ici à fin février, leur propre version générique de Tamiflu®. Selon Les Echos, «l’Organisation pharmaceutique du gouvernement (GPO) a déclaré que la production en laboratoire commencerait dès ce mois-ci afin de préparer le pays à une éventuelle pandémie et de limiter les coûts d’importation». L’article ajoute que, pour le directeur de l’Organisation pharmaceutique thaïlandaise, «la GPO sera capable de produire suffisamment pour traiter 100000 malades, ce qui voudrait dire fabriquer un million de comprimés en quelques jours».
- Un médicament auxiliaire pourrait doper Tamiflu®
(Libération, Financial Times – 3 novembre 2005)
Libération et le Financial Times signalent que des médecins américains expliquent aujourd’hui dans Nature, que «la prise conjointe de probecenid avec Tamiflu® doublerait l’efficacité de ce dernier». L’idée avancée est d’utiliser ce diurétique pour réduire de moitié la quantité de molécules actives éliminées dans les urines. Ainsi une seule dose de Tamiflu® pourrait servir à traiter deux personnes, note le Financial Times. Les deux quotidiens indiquent que cette combinaison a déjà été utilisée pour divers antibiotiques, dont la pénicilline.
- Roche négocie avec un laboratoire chinois
(Le Figaro économie, Wall Street Journal Europe – 3 novembre 2005)
Le Figaro économie annonce que «Roche a engagé des discussions avec Shanghai Pharmaceutical afin de permettre au premier groupe pharmaceutique chinois de produire sous licence le Tamiflu®». L’article indique que «le laboratoire chinois se prépare à une visite d’évaluation de ses installations par le groupe suisse». Parallèlement, le Wall Street Journal Europe explique que Tamiflu® pourrait ne pas être si difficile à copier.
- «L’Etat a besoin des pharmaciens pour délivrer son Tamiflu®»
(Le Moniteur des Pharmacies – 5 novembre 2005)
Le Moniteur des Pharmacies explique que le ministère de la Santé «négocie avec les grossistes pour permettre une délivrance officinale de Tamiflu® en cas de crise». Il ajoute que «l’Ordre a donné son accord, tandis que les syndicats attendent d’être reçus par la DGS pour en connaître les modalités».
- GSK propose des remises pour Relenza®
(International Herald Tribune, Financial Times, Les Echos – 28 octobre 2005)
Plusieurs quotidiens relèvent ce matin que le président de GSK Jean-Pierre Garnier a annoncé hier que son groupe était prêt à offrir des remises substantielles aux pays en développement souhaitant constituer des stocks de l’antiviral Relenza®, dans le cadre de la prévention d’une éventuelle pandémie de grippe d’origine aviaire. Par ailleurs, le groupe a indiqué avoir mobilisé ses équipes sur la préparation d’un vaccin prototype contre le H5N1 et avoir augmenté ses capacités de production de vaccin en agrandissant certaines de ses usines ou en convertissant des capacités existantes.
- Tamiflu® en version taïwanaise ou indienne?
(Les Echos, Financial Times– 27 octobre 2005)
Le Financial Times développe les interrogations et les spéculations qui se développent alors que Taïwan vient d’annoncer avoir produit une version générique de Tamiflu® (oseltamivir) de Roche. Les Echos expliquent, quant à eux, que le gouvernement indien pourrait autoriser de telles productions en cas d’épidémie de grippe d’origine aviaire dans le pays, Il ajoute que Ranbaxy et Cipla ont déjà entamé des démarches en ce sens.
- Taïwan se lance dans la production de Tamiflu®
(Les Echos, Financial Times – 26 octobre 2005)
Les Echos et le FinancialTimes annoncent à leur tour que les autorités de Taïwan affirment avoir réussi à produit 20 grammes de Tamiflu® (oseltamivir). Le quotidien économique français ajoute qu’une évaluation des capacités de production disponibles est en cours pour débuter une production en masse de l’antiviral de Roche. Le porte-parole du ministère de la santé de Taïwan annonce être en contact avec le groupe suisse pour obtenir la permission d’utiliser le brevet. L’article rappelle que Roche, la semaine dernière, s’est déclaré prêt à accorder des licences dans le cadre de la préparation d’une pandémie (voir http://www.pharmaceutiques.com/archive/une/20051018_tamiflu.html).
Le Financial Times cite un cabinet d’avocats de Taipei qui a été mandaté par le gouvernement de Taïwan pour demander une licence obligatoire sur l’antiviral et indique que cette requête pourrait être déposée d’ici à une semaine. Les Echos se demandent comment Taïwan a pu parvenir à un tel résultat en si peu de temps, et ce, en dépit des déclarations de Roche sur la complexité du processus de fabrication de l’antiviral. Toutefois, souligne-t-il, les quantités produites sont extrêmement faibles et les chercheurs ont déclaré ne pas avoir conduit d’essais cliniques utilisant leur version du médicament. Le Financial Times explique quant à lui qu’une société taïwanaise, Scinopharm, lui a déclaré avoir déjà réalisé des tests de production de l’antiviral avec les autorités sanitaires.
Enfin, Les Echos annoncent que Roche devrait annoncer très prochainement des mesures spécifiques pour les pays en développement.
- Dernières nouvelles d’Asie sur Tamiflu®
(Wall Street Journal Europe, Les Echos – 25 octobre 2005)
Le Wall Street Journal Europe indique que des officiels de Taïwan ont annoncé avoir mis au point en 18 jours leur propre version de Tamiflu®, et ce, en dépit des déclarations de Roche sur la complexité du processus de fabrication de l’antiviral. Le quotidien américain note que ces chercheurs ont déclaré ne pas avoir conduit d’essais cliniques utilisant leur version du médicament. Du côté de Roche, c’est le scepticisme qui semble prévaloir, relève le quotidien. L’article rappelle que Roche s’est récemment déclaré ouvert à la discussion pour la production du médicament dans un contexte de pandémie. Selon le quotidien américain, officiels taïwanais et représentants de Roche ont convenu de se rencontrer, mais n’ont pas fourni de détails supplémentaires.
Parallèlement, Les Echos notent qu’hier Roche a «annoncé qu’il serait incapable de fournir la Chine en Tamiflu®, mais s’est dit prêt à partager sa technologie pour produire l’antiviral». Le quotidien note lui aussi que Roche «souhaite étendre les collaborations existantes aux gouvernements ou aux sociétés qui sont en mesure de le produire rapidement en cas de pandémie».
- Tamiflu®: Roche ouvre la porte à la licence obligatoire
(Financial Times, Les Echos, International Herald Tribune, La Tribune, Le Figaro, Le Monde – 19 octobre 2005)
Plusieurs quotidiens notent que Roche va augmenter encore sa production de Tamiflu®, un site supplémentaire de production venant d’être habilité aux Etats-Unis. Les différents articles relèvent également que Roche a annoncé qu’il était disposé à confier à d'autres laboratoires la fabrication de son médicament par l'octroi de licences secondaires. Un article sur ce thème est accessible sur Pharmaceutiques.com à l’adresse suivante: (http://www.pharmaceutiques.com/archive/une/date/20051018_tamiflu.html)
- Pandémie grippale: un point sur les antiviraux
(Le Généraliste, Le Quotidien du Médecin, La Croix – 21 octobre 2005, Information Afssaps – 20 octobre 2005)
Le Généraliste souligne, sur deux pages de son actualité du médicament, qu’en cas d’ «humanisation» du virus H5N1, responsable de la grippe aviaire, «les antiviraux Tamiflu® et Relenza®, ainsi que les masques FFP2 seront pendant plusieurs mois les seules armes utilisables par les médecins». Dans ces conditions, l’article se demande quelle sera leur efficacité réelle. Dans La Croix, le professeur Goudeau, chef du service de bactériologie et de virologie du CHU de Tours, explique que «la priorité pour éviter une pandémie de grippe aviaire est d’aider les pays touchés». Il rappelle la survenue récente, en 2003, d’une épizootie de grippe aviaire, aux Pays-Bas, et souligne que «le risque a été géré sans qu’on sombre dans cette espèce de panique médiatique collective».
L’Afssaps vient par ailleurs de présenter sa mise au point sur les antiviraux utilisés pour la prévention et le traitement précoce de la grippe et alerte sur l’impact d’une mauvaise utilisation. En cas d’utilisation à dose insuffisante et surtout en l’absence de circulation du virus, l’apparition de résistances serait facilitée et de ce fait, l’efficacité de ces traitements serait diminuée lorsqu’il deviendrait nécessaire d’y avoir recours. La mise au point de l’Afssaps est accessible à l’adresse suivante: (http://afssaps.sante.fr/htm/10/aviaire/fichetec.pdf).
- Grippe aviaire: course aux vaccins et au Tamiflu®
(Le Figaro, Les Echos, La Tribune, Wall Street Journal Europe – 21 octobre 2005)
Le Figaro et La Tribune font le point sur les différents prototypes de vaccins contre le H5N1 actuellement en cours de tests. Le Figaro explique que «l’objectif est de se préparer à travailler sur ce type de virus, non pas pour obtenir un vaccin efficace en cas de pandémie, mais pour définir des protocoles, un cahier de charges…». Parallèlement, Les Echos, le Wall Street Journal Europe et La Tribune relèvent que Roche va rencontrer la semaine prochaine quatre producteurs de génériques qui souhaitent produire le Tamiflu®, Teva, Barr, Mylan et Ranbaxy, pour discuter des possibilités de leur accorder des licences.
- Le plan pharmacien en cas de grippe aviaire transmise à l’homme
(Communiqué Ordre national des pharmaciens – 20 octobre 2005)
Le plan gouvernemental, préparé dans l’éventualité d’une pandémie de grippe aviaire transmise à l’homme, précise le rôle des pharmaciens. Aujourd’hui, le dispositif prévoit de contrôler l’éventuel développement de la maladie en assurant une prise en charge au domicile du malade avec des mesures de précaution (masques filtrants) et un traitement par le Tamiflu®. Est également prévu de mettre en œuvre une vaccination de la population, dès que le vaccin sera disponible. Le Gouvernement a commencé à réaliser des stocks de masques et de Tamiflu®. Restera, en cas d’alerte, à assurer leur distribution aux malades et aux professionnels de santé. Dans l’éventualité d’une pandémie, la dispensation du Tamiflu® sera effectuée gratuitement dans un conditionnement adapté. Il s’agira de boîtes de 5 comprimés sécables, dosés à 30 mg (et non de blisters comme dans le classique conditionnement), ce qui permettra d’adapter le dosage (30, 45, 60 et 75 mg).Toute la chaîne pharmaceutique sera engagée dans la dispensation. Les officines seront approvisionnées par l’ensemble des agences de distribution. Ce processus particulier va faire l’objet d’une convention entre les répartiteurs et le ministère. En amont et pour assurer l’approvisionnement des grossistes, un appel d’offres va être lancé auprès des dépositaires d’ici à fin 2005 pour une mise en œuvre au 1ersemestre2006. L’objectif est de stocker les produits sur un nombre restreint de sites. Ces mêmes dépositaires auront en charge les livraisons aux hôpitaux (masques et médicaments). Si l’alerte est donnée, les répartiteurs –rapidement livrés par les dépositaires – fourniront une dotation de base aux officinaux. Pour renouveler leurs stocks, les pharmaciens devront ensuite adresser leur commande par fax à leur grossiste. Ces commandes pourront faire l’objet d’un contrôle a posteriori par les DDASS pour vérifier qu’il n’y ait pas de constitution de stocks non utilisés.
- «Vers une lutte mondiale contre la grippe aviaire»
(Le Figaro, Libération, Le Monde, Le Parisien, La Croix, France-Soir, Le Quotidien du Médecin – 19 octobre 2005, Quotimed.com, Libération.fr – 18 octobre 2005, Afssa.fr)
Concernant la production d’antiviraux, la FDA a habilité un site supplémentaire aux Etats-Unis pour la production de Tamiflu®. De plus, le groupe pharmaceutique Roche a annoncé qu’il était disposé à confier à d'autres laboratoires la fabrication de son médicament par l'octroi de licences secondaires. Côté vaccins, Le Quotidien du Médecin note que «des chercheurs américains explorent la piste d'un vaccin contre la grippe aviaire différent de ceux actuellement développés, devant être administré à l'aide d'un adénovirus, ce qui «pourrait permettre de réduire les délais de production à deux mois (contre six actuellement)». Le Figaro rappelle que «Sanofi-Aventis produit dans la plus grande discrétion un vaccin expérimental contre la grippe aviaire».
- Cipla veut produire un générique du Tamiflu®
(Libération – 16 octobre 2005, Les Echos, Wall Street Journal Europe, Financial Times – 17octobre 2005)
Le Wall Street Journal Europe constate que la pression monte pour que Roche fournisse davantage de Tamiflu®. Le quotidien américain précise que le groupe suisse a déjà annoncé qu’il donnera 20000 doses du médicament à la Turquie pour la protection des travailleurs susceptibles d’entrer en contact avec des volailles infectées. 2400 packs seront aussi donnés à la Roumanie. Le Financial Times relève qu’un des responsables de l’OMS, Hans Hogersell qui dirige le département des médicaments essentiels et de la politique du médicament, s’est prononcé pour que les producteurs d’antiviraux baissent leurs prix et renoncent à leurs brevets. Ces propos rajoutent aux pressions sur Roche, au moment où le génériqueur indien Cipla vient d’annoncer vouloir produire un générique de l’antiviral de Roche, Tamiflu® (oseltamivir), «dans la perspective d’une pandémie de grippe d’origine aviaire». Libération rappelle que, «pour faire face, Roche a multiplié sa capacité de production par huit depuis 2003 et compte encore l’augmenter». Des négociations sont en cours entre la Commission européenne et Roche pour augmenter encore la production. Libération et le Wall Street Journal Europe évoquent également la démarche plus radicale proposée par le directeur du Center for Diseases Control de Taiwan, qui suggère de «faire sauter le brevet» dans le cadre d’un processus de licence obligatoire, prévu en cas d’urgence sanitaire. Alors que Cipla se déclare prêt à commercialiser ce médicament dans trois mois, Les Echos et Libération indiquent que «Roche affirme qu’il est impossible de produire le médicament en aussi peu de temps». Néanmoins, Libération note que le directeur de Cipla déclare que «c’est difficile à mettre au point mais nous avons réussi». Selon ce dernier, ne seront visés que «les marchés où le médicament n’est pas couvert par un brevet».
- Identification d’un virus H5N1 résistant à l’oseltamivir
(Nature on line, Q. Mai Le et al. – 14 octobre 2005)
Des chercheurs américains et japonais rapportent l’isolement, en février 2005, d’un virus H5N1 résistant à l’oseltamivir (Tamiflu®) chez une jeune vietnamienne traitée à titre préventif par cet antiviral à cette époque. Un virus grippal H5N1 A/Hanoï/30408/2005 a été isolé le 27 février à partir de cette jeune fille de 14 ans qui avait reçu une dose prophylactique (75 mg par jour) d’oseltamivir du 24 au 27 février puis une dose thérapeutique (75 mg 2 fois par jour) pendant 7 jours. Aucun virus n’a été isolé après l’augmentation des doses d’antiviral. Le virus isolé le 27 février présentait une mutation de la neuraminidase conférant une résistance à l’oseltamivir. Sa sensibilité au carboxylate d’oseltamivir a été testée. La dose requise pour 50% d’inhibition de l’activité neuraminidase dans l’isolat était de 90 nM alors que l’IC50 est de 0,1 à 10 nM pour les virus sensibles à l’oseltamivir. A partir de la purification du virus, 10 clones viraux ont été classifiés en 3 groupes selon leur réponse à l’oseltamivir. Six étaient très résistants (IC50 > 763 nM), trois légèrement résistants (IC50 de 7,1 à 12,5 nM) et un très sensible (IC50 0,6 nM). La patiente n’avait pas eu de contact direct avec des volailles mais s’était occupé de son frère infecté par le virus H5N1. Le virus semble avoir été transmis du frère à la sœur en raison d’identités entre les gènes de la neuraminidase et de l’hémagglutinine du virus du frère avec ceux de certains clones du virus de la jeune fille, du timing de l’infection et de l’absence d’interaction connue de la jeune fille avec les volailles. Les études in vivo chez l’animal confirmaient la résistance à l’oseltamivir. Les propriétés de binding des clones viraux H5N1 à des glycopolymères pouvaient refléter une adaptation à un hôte humain. Tous les clones viraux, résistants ou non à l’oseltamivir étaient sensibles au zanamivir (Relenza®), un autre inhibiteur de neuraminidase. Les auteurs concluent qu’il pourrait donc être utile de stocker aussi bien du zanamivir que de l’oseltamivir, dans l’éventualité d’une pandémie de grippe à virus H5N1. Leurs résultats soulignent d’autre part l’importance de surveiller l’émergence d’une résistance dans les isolats H5N1 de patients traités par des inhibiteurs de neuraminidase.
- Des cas de grippe aviaire confirmés en Roumanie et en Turquie
(Lemonde.fr, Communiqué Commission Européenne, communiqué CHMP, Eurosurveillance.org, quotimed.com – 13 octobre 2005, International Herald Tribune, Financial Times, Wall Street Journal Europe, Libération, Le Figaro, La Tribune, Les Echos, Le Monde, Le Parisien, La Croix, France-Soir – 14 octobre 2005)
Le Figaro précise que la confirmation de la présence de la souche H5N1 chez des volailles a suscité «une immense panique en Turquie où les habitants se sont rués dans les pharmacies et ont épuisé les 28 000 doses de Tamiflu®». Le quotidien ajoute que, «du côté de la DGS, on reste préoccupé par le fait que cette épizootie de grippe aviaire soit aux portes de l’UE». Il est néanmoins souligné que «la prise de l’antiviral Tamiflu® n’a pas d’indication à l’heure actuelle. Bien au contraire, elle risquerait de faciliter l’émergence de résistances”. Le Monde développe aussi la situation de l’antiviral de Roche, qui, «victime de son succès, se retrouve au cœur de polémiques sur son prix et sa production». Les Echos remarquent que «l’inquiétude monte en Europe, où les pharmacies se retrouvent en rupture de stocks de Tamiflu®, le seul antiviral supposé efficace contre le H5N1». Le quotidien économique refait à cette occasion un point sur les conditions de production de l’antiviral et sur les travaux en cours, chez Sanofi-Aventis, pour la mise au point d’un vaccin prototype. Le comité des produits médicaux à usage humain (CHMP) de l’EMEA a, lors de sa réunion mensuelle, indiqué qu’il s’engage à accélérer l’évaluation scientifique des dossiers de demandes de conseil scientifique et d’autorisation de mise sur le marché pour des vaccins contre une grippe pandémique.
- Grippe aviaire: Roche pourrait collaborer avec d’autres laboratoires pour produire Tamiflu®
(Wall Street Journal Europe, International Herald Tribune, Le Monde, Le Parisien, Le Figaro, Egora.fr – 12 octobre 2005)
Plusieurs quotidiens développent à nouveau ce matin les questions posées par la grippe aviaire, après les inquiétudes suscitées par les cas de suspicion de grippe aviaire déclarés chez quelques canards et poulets en Roumanie et en Turquie. Le Parisien note qu’une réunion des ministres concernés par la question de la grippe aviaire aura lieu vendredi matin en présence du Premier ministre à l’Hôtel Matignon. Plusieurs articles constatent qu’il y a rupture des stocks de Tamiflu® dans les officines françaises. L’International Herald Tribune et Le Monde font le point sur les mesures prises dans différents pays. L’International Herald Tribune développe également la pression à laquelle est soumis le groupe Roche, producteur d’un des rares antiviraux actifs contre la grippe aviaire, Tamiflu®. Le Wall Street Journal Europe ajoute que Roche serait prêt à engager des discussions avec d’autres laboratoires pharmaceutiques afin que ceux-ci puissent produire Tamiflu®. La production de l’antiviral comprend dix étapes et prend douze mois.
- Rupture de stock pour Tamiflu® en France
(Le Parisien - 11 octobre 2005)
Le Parisien indique que les pharmacies de France sont en «rupture de stock de Tamiflu® (oseltamivir – Roche) en gélules, mais les stocks de Tamiflu® en poudre – antiviral qui serait utilisé en cas d’épidémie de grippe aviaire – ont déjà été constitués». L’article ajoute que, selon la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), «les stocks seront à disposition des gens quand le besoin se fera sentir et au cas où le gouvernement constaterait une pandémie révélée».
- Grippe aviaire: «les antiviraux, clés de la prophylaxie»
(Le Quotidien du médecin – 22 septembre 2005)
A l’occasion de la réunion du Groupe d’étude et d’information sur la grippe à La Baule, plusieurs modélisations ont été discutées afin de préciser les quantités d’antiviraux nécessaires selon les types d’utilisation envisagées, prophylaxie de masse, prophylaxie individuelle post-exposition ou traitement curatif, en cas d’épidémie de grippe aviaire. Une modélisation publiée dans Nature en août montre que l’élimination d’une pandémie naissante est envisageable, en combinant des mesures de protection géographiquement ciblées et des restrictions des contacts entre personnes. Ceci à la condition, toutefois, que le nombre de cas secondaires générés par un cas de première infection, ne dépasse pas 1,8. Les chercheurs prévoient qu’un stock de 3 millions de traitements antiviraux devrait être suffisant pour juguler la pandémie à son démarrage, en Asie du Sud-Est. Un autre travail, publié dans Science en août, a porté sur une épidémie intervenant en milieu rural. Il «conclut à l'efficacité de l'utilisation d'un million de traitements antiviraux à condition qu'ils soient prescrits dans les deux premières semaines qui suivent l'apparition du premier cas». Une autre étude publiée dans Emerging Infectious Dieases en septembre montre notamment que, «en curatif, si le virus est peu contagieux, le nombre des hospitalisations pourrait diminuer de 77% avec l'utilisation des antiviraux, dès lors qu'ils sont prescrits aux 12% de la population les plus atteints». Selon le modèle mis au point par l’InVS, en cas de pandémie en France, «si un traitement curatif était prescrit à toutes les personnes malades, 13,2 millions de traitements seraient nécessaires et ce nombre permettrait une baisse de 3 % des décès. Si ce traitement était prescrit à visée curative chez les sujets à risque de complications, 1,5 million de doses seraient nécessaires. Enfin, pour la seule prophylaxie des sujets exposés (…), il faudrait 29,5 millions de traitements».
- «Sensibiliser à la vaccination grippale les personnes à risque»
(Le Monde – 7 septembre 2005)
La campagne d’incitation à la vaccination contre la grippe hivernale, lancée chaque année par la Cnam, débutera le 22 septembre. Elle aura cette année une dimension particulière, souligne Le Monde sur une pleine page, en raison de l’apparition du risque de grippe aviaire. Notamment, des efforts seront faits pour sensibiliser les professions sanitaires à l’intérêt de cette vaccination. D’autre part, la Direction générale de la Santé compte «utiliser l’enjeu de la pandémie pour sensibiliser la population aux mesures d’hygiène permettant de limiter la propagation d’une infection à transmission aérienne». Le quotidien revient par ailleurs sur le risque de grippe aviaire, en particulier sur l’utilisation du Tamiflu® «qui fera de nouveau l’objet d’avis experts», et dont la stratégie sera définie selon les stocks et la situation épidémiologique. L’usage en prévention primaire n’est pas prévu dans l’autorisation actuelle du médicament et soulève de nombreuses interrogations, souligne Le Monde, notamment sur la durée de l’effet préventif et l’apparition possible de résistance.
- Un stock international d’antiviraux
(Communiqué OMS – août 2005)
l’OMS se félicite d’un don de trois millions de traitements d'oseltamivir (Tamiflu®) fait par Roche qui entreront dans la constitution d'un stock international prêt à être utilisé rapidement si une pandémie de grippe venait à se déclarer. Le stock de l'OMS s'ajoute aux autres mesures prises aux niveaux national et international en prévision d'une pandémie, y compris aux éventuels stocks nationaux. L'oseltamivir aiderait à réduire la morbidité et la mortalité et, associé à d'autres mesures, pourrait permettre de maîtriser un virus pandémique ou d'en ralentir la propagation aux niveaux national et international. Si elle est rapidement mise à disposition sur les lieux d'une flambée, la réserve d'antiviraux serait particulièrement utile aux habitants des pays les plus pauvres.
- Gilead Sciences veut mettre fin à son accord avec Roche sur Tamiflu®
(Communiqué Gilead Sciences - 23 juin 2005)
Gilead Sciences vient d’annoncer qu’il a informé Roche de son intention de mettre un terme à leur accord de 1996 portant sur le développement et la commercialisation de Tamiflu® (oseltamivir). Cette demande vise à permettre à l’Américain de récupérer les droits que détient le groupe suisse sur l’antiviral. Le président de Gilead Sciences, John C Martin considère que «Roche n’a pas démontré de façon adéquate l’engagement nécessaire depuis le lancement de Tamiflu® aux Etats-Unis voici près de six ans et n’a pas alloué les ressources nécessaires à la réalisation du potentiel du médicament pour le traitement et la prévention de la grippe».
- Gilead cherche à mettre un terme à son accord avec Roche sur Tamiflu®
(Wall Street Journal Europe - 27 juin 2005)
Le Wall Street Journal Europe développe aujourd’hui à son tour l’action entreprise par Gilead Sciences afin de mettre un terme à son accord avec Roche sur le développement et la commercialisation de Tamiflu® (oseltamivir) (voir revue de presse du 24 juin 2005). Alors que Gilead estime que Roche n’a pas suffisamment soutenu le médicament, le quotidien américain note que l’initiative de Gilead est «inhabituelle» et pourrait «compliquer les efforts entrepris pour la préparation d’une éventuelle nouvelle flambée de grippe aviaire». Tamiflu® est en effet un des rares médicaments reconnus par l’OMS pour le traitement de la maladie. Le Wall Street Journal Europe explique que Roche devra continuer à produire le médicament durant les deux années suivant l’arrêt de la licence mais ne pourra pas augmenter sa production. Du côté de Gilead, le laboratoire se dit «préparé à fabriquer le médicament lui-même» bien que la conclusion d’un accord avec un autre grand laboratoire pharmaceutique ne soit pas écartée. Quant à Roche, il déclare «être en désaccord avec les reproches qui lui sont adressés » et manifeste son intention de résoudre la question avec Gilead. Le quotidien américain ajoute que, pour certains analystes, Gilead pourrait tout simplement rechercher un meilleur accord que celui intervenu avec Roche en 1996.