Communiqué du Leem - L’industrie pharmaceutique appelle à une redéfinition de la politique nationale du médicament
L’industrie pharmaceutique et l’État ont conclu, en avril 2005, un accord politique sur le développement des activités pharmaceutiques en France pour les prochaines années. Cet accord intitulé «vision commune» conforte la politique conventionnelle du médicament renouvelée par la conclusion de l’accord cadre, signé en juin 2003.
Par son acharnement fiscal en marge du champ conventionnel et par la désinvolture de sa concertation à l’occasion des arbitrages budgétaires actuels, l’État rompt la lisibilité de la politique du médicament. Cette rupture du contrat détruit l’emploi et isole la France.
Le gouvernement manifeste son désintérêt ou son incompréhension à faire de la France, qui en a les atouts, l’un des cinq ou six pays acteurs du progrès thérapeutique dans le monde.
40000 emplois sur les 100 000 du secteur seront à renouveler en moins de 10 ans ; les biotechnologies offrent un champ nouveau d’activité dont la croissance et la valeur ajoutée seront exceptionnelles ; les pôles de compétitivité peuvent se développer en France, faisant travailler recherche publique et privée et industrie ; la France peut concurrencer les pays émergeants dans la recherche clinique dorénavant très concurrentielle.
Malgré cette conjoncture, le gouvernement fait le choix de différer de 2006 à 2008 les actions de maîtrise médicalisée prévues dans la réforme de l’assurance maladie, se privant de 3,5 milliards d’économies.
Privilégiant des facilités de court terme, l’État majore à nouveau les impôts sur l’industrie pour combler la fraction du déficit 2006 et 2007 qui résultera du report des actions structurantes de la réforme d’août 2004.
En rompant ses engagements avec l’Industrie pharmaceutique, l’État remet en cause les partenariats de recherche publique/privée notamment inscrits dans les pôles de compétitivité, la poursuite des investissements et des créations d’emplois dans ce secteur ainsi que le solde commercial de production très positif.
Une suspension de ces relations, du fait du gouvernement, conduira à ne considérer la France que comme une simple zone de distribution l’accès à des soins de qualité dans les pathologies graves, en particulier le cancer, deviendra tributaire de l’étranger.
Le Leem réuni dans un conseil d’administration extraordinaire ce vendredi 18 novembre appelle avec gravité le gouvernement à renouer sans délai des contacts constructifs avec l’industrie. Le Leem propose des solutions concrètes, positives et citoyennes. Des solutions conjointes État-Industrie aux problèmes de la régulation économique et de l’attractivité du territoire, rétablissant le contrat, peuvent seules restaurer la confiance et la lisibilité nécessaires aux développements de la recherche, de la production, de l’emploi et de la santé en France.