Les pays de l’OCDE ne consacrent que 3% de leur budget santé aux actions de prévention et de sensibilisation du public
Les campagnes visant à inciter les personnes à se faire vacciner contre la grippe ou pour les dissuader d’une consommation excessive d’alcool et de cigarettes coûtent moins cher que le traitement des maladies qui s’ensuivent. Pourtant, les pays de l’OCDE ne consacrent, en moyenne, que 3% de leur budget santé aux actions de prévention et de sensibilisation du public.
C’est là l’une des nombreuses statistiques que l’on peut trouver dans la dernière édition du Panorama de la santé, publié tous les deux ans par l’OCDE, qui présente un large éventail de statistiques comparatives concernant l’état de santé, les facteurs de risques et les ressources en santé et leur utilisation. Si les gouvernements cherchent à rendre leurs systèmes de santé plus efficients et plus performants par rapport au coût, les statistiques montrent que des changements dans le mode de vie peuvent améliorer l’état de santé de la population et réduire les dépenses à long terme.
Les campagnes de sensibilisation du public, associées dans certains cas à une législation, peuvent avoir un impact sur les comportements. Aux Pays-Bas, près de 80% des personnes âgées se sont fait vacciner contre la grippe en 2003 après que des messages aient été diffusés, dans les médias, pour sensibiliser la population à l’intérêt de cette démarche et la rassurer sur la sécurité du vaccin. Au Canada, auxÉtats-Unis et en Suède, le nombre de fumeurs a diminué de moitié au cours des 20dernières années et, dans ces pays, les fumeurs représentent désormais moins de 20% de la population.
Les choix de mode de vie contribuent aux maladies cardio-vasculaires qui sont responsables de 38% des décès dans les pays de l’OCDE. La mortalité due aux crises cardiaques, provoquées par l’accumulation de dépôts graisseux sur la paroi interne d’une artère coronaire, est très variable d’un pays à l’autre. Mais il est intéressant de noter que les populations de la République slovaque, de Hongrie et de la Républiquetchèque, où le régime alimentaire est riche en graisses, sont jusqu’à dix fois plus susceptibles de mourir d’une crise cardiaque que les populations du Japon et de Corée, où le régime alimentaire est pauvre en graisses.
Panorama de la santé met en garde contre les dangers de l’obésité: la montée en puissance de cette dernière pourrait annuler la tendance positive à la baisse de la mortalité par maladies cardiaques et accidents cérébro-vasculaires qui a été enregistrée au cours des 40dernières années dans la plupart des pays de l’OCDE. Plus de 50% des adultes sont aujourd’hui considérés comme en situation de surcharge pondérale ou d’obésité dans dix pays de l’OCDE: États-Unis, Mexique, Royaume-Uni, Australie, Républiqueslovaque, Grèce, Nouvelle-Zélande, Hongrie, Luxembourg et Républiquetchèque. L’obésité constituant un facteur de risque vis-à-vis de l’hypertension, du cholestérol, du diabète, des maladies cardiaques, des accidents cérébro-vasculaires, de l’asthme, de l’arthrite et de certaines formes de cancer, la montée de l’obésité enregistrée au cours des deux dernières décennies pourrait entraîner une augmentation du coût de la santé à l’avenir.
Cette édition du Panorama de la santé fournit aussi des informations sur les effectifs médicaux, avec de nouvelles données, pour environ la moitié des pays de l’OCDE, sur les revenus des médecins:
- Le revenu des spécialistes (par rapport au revenu national moyen) est élevé aux Pays-Bas, aux États-Unis, en Belgique et au Canada, mais faible en Hongrie et en Républiquetchèque.
- Les généralistes ont des revenus comparativement élevés aux États-Unis et aux Pays-Bas, encore que les spécialistes gagnent plus que les généralistes dans tous les pays à l’exception du Portugal. L’écart de revenus entre généralistes et spécialistes est notable en Belgique.
- Les effectifs en médecins varient selon les pays: ils vont de plus de 4médecins pour 1000habitants en Italie et en Grèce à moins de 2médecins pour 1000habitants en Turquie, au Mexique et en Corée. Le nombre de médecins par habitant est relativement faible également au Japon, au Canada, au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. Le manque de médecins est une préoccupation importante dans plusieurs pays de l’OCDE.
- Plus de 20% des médecins en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni, aux États-Unis et auCanada, en2000, ont été formés ailleurs que dans le pays dans lequel ils exercent. Les migrations internationales peuvent apporter de la flexibilité au marché du travail pour les médecins et autres professionnels de santé dans les pays d’accueil, mais cela suscite de réelles inquiétudes quant à une «exode des cerveaux» dès lors que ces migrations correspondent à des flux nets à long terme des pays à faible revenu vers les pays à haut revenu.
De plus amples informations sur Panorama de la santé - Les indicateurs de l'OCDE 2005 sont disponibles à http://www.oecd.org/sante/panoramadelasante, y compris le résumé de la publication dans la plupart des langues des pays de l’OCDE.