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Octobre 2005

Antibiotiques: les efforts doivent continuer

Près de trois ans après son lancement, les premiers effets de la campagne Antibiotiques, initiée par l’assurance maladie, sont perceptibles. L’organisme de prise en charge a cependant réaffirmé sa volonté de poursuivre les efforts consentis dans l’optique d’atteindre l’objectif fixé: une diminution de 25% de la consommation d’antibiotiques d’ici à 2007.

A mi-parcours, la campagne de l’assurance maladie visant à encourager le bon usage des antibiotiques semble avoir tenu ses promesses. Trois ans après son lancement, les derniers résultats obtenus confirment un net recul de leur consommation en ville (-12,8%). Depuis le début de la campagne, 11,6 millions de traitement inutiles ont, ainsi, pu être évités. Cible prioritaire dans la lutte contre les résistances bactériennes, les enfants sont les grands bénéficiaires de cette démarche. La consommation d’antibiotiques chez les 6-15 ans et les 0-6 ans a en effet considérablement chuté (de respectivement -21,6% et -14,8%). Dans ce contexte, l’objectif affiché d’atteindre la barre des -25% en 2007 paraît, pour l’heure, accessible. Pourtant la partie est loin d’être gagnée tant l’état des résistances bactériennes reste préoccupant. Les pneumocoques conservent un niveau de résistance élevé (50%) par rapport à ce qui est constaté chez nos voisins européens (5%), tandis que les streptocoques du groupe A deviennent de plus en plus résistants aux macrolides (plus de 20%). Malgré la baisse de la consommation chez les enfants, les moins de six ans demeurent les plus gros consommateurs d’antibiotiques au niveau européen, leur vie en collectivité (crèche, garderie école) les exposant davantage aux transmissions de germes, souvent porteurs de souches bactériennes résistantes. En l’absence de nouveaux médicaments susceptibles de venir renforcer l’arsenal thérapeutique dans les cinq prochaines années, il convient d’utiliser l’antibiothérapie de façon rationnelle pour préserver son efficacité le plus longtemps possible.

A plus grande échelle, une prescription adaptée et prudente des antibiotiques, une bonne observance du traitement, une vaccination appropriée et la création de mesures d’hygiènes en collectivité devront être de mise pour enrayer leur surconsommation.

Face à ce constat, l’assurance maladie a mis au point un «programme complémentaire» destiné à accompagner la baisse de la consommation. Conçu à partir des enseignements tirés de la période 2002/2004, ce nouveau programme intitulé «Médicaments/Antibiotiques» devrait rapidement voir le jour. D’ici à 2007, il s’agira de donner de nouveaux repères aux patients, tout en facilitant la pratique des médecins. La poursuite des actions menées dans l’entourage des jeunes enfants et l’élargissement du débat de l’antibiotique au médicament constitueront les deux autres axes directeurs de ce projet ambitieux. Dans cette optique, l’organisme de prise en charge tentera de mettre en pratique la «nouvelle norme» symbolisée par le caractère non systématique des antibiotiques au moyen d’une communication grand public. Destinée à améliorer les connaissances générales sur l’antibiothérapie, une nouvelle campagne télévisée contribuera à rappeler l’inefficacité de ces remèdes face aux maladies virales et à asseoir la non prescription du médecin vis-à-vis des patients. Plusieurs spots radios s’attaquant aux idées reçues («les antibiotiques permettent de guérir plus vite», «les antibiotiques réduisent le risque de contagion») seront également diffusés dans le but de fournir aux assurés les repères nécessaires sur cette thématique. En outre, deux guides, «L’ABC des petites maladies de la vie courante» et «Aider son prochain à se défendre» seront disponibles dans les salles d’attentes des médecins généralistes, ORL, pédiatres, ainsi que dans les pharmacies. En vue de promouvoir la qualité des soins, l’assurance maladie et les médecins devront agir de concert pour mener à bien le projet de réduction de la consommation d’antibiotiques pour 2007, notamment grâce au test du diagnostic rapide de l’angine.

Soucieuse d’élargir le débat de l’antibiotique au médicament, l’assurance maladie a également commandé une étude faisant état du « rapport des Français et des Européens à l’ordonnance et aux médicaments». Réalisée en 2005 auprès de 4000 patients et de 1000 médecins provenant de quatre pays européens (Allemagne, Espagne, Pays-Bas, et France), cette analyse comparative s’inscrit dans le champ des actions entreprises en faveur du bon usage du médicament.

Jonathan Icart
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