Déremboursements : «Un coup dévastateur porté à la compétitivité»
Réuni, mardi, pour la troisième fois depuis sa création, le G5 (Ipsen, Sanofi-Aventis, Pierre Fabre et Servier) a battu le rappel pour la compétitivité de l’industrie pharmaceutique française. Jean-Luc Bélingard, son président, s’est appuyé sur une étude du BIPE pour démontrer la place prépondérante des entreprises de ce groupe dans l’économie française, en terme d’emplois et de recherche et développement. «Notre impératif est de renforcer la prise de conscience par les pouvoirs publics de la nécessité de contrer l’érosion de la compétitivité française», a-t-il souligné. L’étude révèle que le G5 représente 54% de l’investissement en R&D de la pharmacie, 40% de l’emploi pharmaceutique direct en France (40000 personnes) et que 28% de ses effectifs sont en R&D. Alors que les États-Unis sont actuellement dans un «contexte difficile», que le Japon a des soucis à l’international, pour le G5, la France reste un «grand» pays de la pharmacie, aux côtés de la Grande-Bretagne et de la Suisse, «qui gagne des parts de marché». «Il existe peu d’industries pharmaceutiques dans le monde qui puissent s’appuyer sur un marché domestique fort», a argumenté Jean-Luc Bélingard.
Craignant un déplacement de la R&D vers les États-Unis, le G5 pense qu’il est temps «d’inverser la tendance de risque», se félicitant quand même de la création du Conseil stratégique pour les industries de santé (CSIS), «source de satisfaction», dont la troisième réunion devrait avoir lieu cet automne.
Tout passera par les partenariats avec la recherche publique. Avec l’Agence nationale de la recherche, l’Agence de l’innovation industrielle ou les pôles de compétitivité. «Il ne peut y avoir de recherche pharmaceutique fructueuse sans partenaires publics», a rappelé Jean-Luc Bélingard, qui réclame également au nom du G5 une meilleure visibilité pour 2006 pour les pôles de compétitivité. «Il y a un début de prise de conscience politique», a toutefois admis le porte-parole du G5, insistant sur le mot «début». Enfin, abordant brièvement l’affaire des déremboursements de 221 médicaments, qualifié de «mesure sèche qui serait un coup dévastateur porté à la compétitivité», le G5 a souligné que l’industrie ne «quémande rien, mais demande à pouvoir fonctionner selon les règles économiques internationales».
Laurence Geffroy