Sanofi-Aventis en avance de six mois sur les synergies
Un peu plus d’un an après sa naissance officielle en Bourse, le 20 août 2004, Sanofi-Aventis vient de présenter des résultats semestriels en forte progression. Au 1er semestre 2005, le chiffre d’affaires du groupe s’est établi à 13,1 milliards d’euros (+11%) tandis que le résultat net augmente de 27,1%, à 2,97 milliards d’euros et le bénéfice net par action (BNPA) de 26,1%, à 2,22 euros. Dans ce contexte, le groupe révise à la hausse ses perspectives 2005 et anticipe une croissance du BNPA d’au moins 20%.
A cette occasion, le président du groupe, Jean-François Dehecq, a fait le point sur la progression de la fusion entre Sanofi-Synthélabo et Aventis, avec «un ralliement du management autour du projet et de l’adhésion de l’ensemble du personnel», même s’il reconnaît que «parfois, ce n’est pas toujours fait dans la dentelle». Mais surtout, pour Jean-François Dehecq, la réussite de la fusion se traduit par la progression plus rapide que prévue des synergies entre les deux laboratoires. Il indique que «fin 2005, nous serons très en avance et nous aurons réalisé 75% des 1,6 milliard d’euros de synergies annoncés lors de la fusion. Le total devrait être atteint à la mi-2006, avec plus de six mois d’avance». Le vice-président Hans Peter Spek a également indiqué que le lancement d’Ambien CR® (zolpidem MR - formulation à libération contrôlée pour le traitement de l’insomnie) était imminent aux Etats-Unis. Le groupe travaille aussi à la préparation du lancement du rimonabant (Acomplia®).
Du côté des vaccins, Gérard Le Fur a souligné que l’année 2005 a été couronnée de succès pour le groupe dans ce domaine, avec l’enregistrement de Menactra® et de Decavac® aux Etats-Unis début 2005. La demande d’autorisation de Menactra® devrait être déposée l’année prochaine en Europe. De même, Sanofi-Aventis vient de lancer en août aux Etats-Unis son vaccin combiné contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche, Adacel®, premier vaccin de ce type utilisable par les adolescents et les adultes aux Etats-Unis.
Du côté de la R&D, la FDA vient d’accepter le dossier de demande d’autorisation de la drodénarone que le groupe a déposé en juin. Les discussions entre la FDA et Sanofi-Aventis vont donc pouvoir commencer en vue de l’enregistrement de cet anti-arythmique candidat au traitement de la fibrillation auriculaire. Dans quelques jours, le 8 septembre, un comité consultatif de la FDA se prononcera sur l’insuline inhalée Exubera®. Au total, le groupe a annoncé disposer de 128 produits dans son pipeline, dont 35 en phase IIb et en phase III. Parmi les produits actuellement en phase IIb ou III mis en avant par le directeur général délégué du groupe, Gérard Le Fur, deux molécules devraient entrer en phase III en 2006, l’éplivansérine et le SR121463. La première a démontré dans une phase de phase IIB un bénéfice potentiel pour le traitement de la maintenance du sommeil. Les premiers résultats mettent en évidence un effet sur le sommeil profond et donc sur la qualité réparatrice du sommeil. La seconde molécule a démontré, quant à elle, son activité thérapeutique dans l’ascite cirrhotique, via un effet correcteur de l’hyponatrémie.
Des résultats préliminaires intéressants ont également été présentés pour l’alvocidib et le xaliprodène. Dans le cas de l’alvocidib (ou flavopiridol), son développement avait été abandonné par Aventis et vient d’être repris en collaboration avec le National Cancer Institute (NCI) dans la leucémie lymphocytaire chronique réfractaire (LLC). Alors que la molécule ne présente pas d’efficacité clinique en perfusion et une faible réponse avec un bolus, les travaux de l’organisme américain mettent en évidence une activité clinique positive avec l’utilisation d’une combinaison perfusion-bolus. Son efficacité est ainsi comparable aux traitements de deuxième ligne de la LLC avec Campath® ou la fludarabine, ouvrant ainsi la voie à un développement possible dans cette indication. La seconde molécule, le xaliprodène, est également susceptible d’être utillisée en oncologie. Une étude de phase III montre une réduction de 39% du risque relatif d’apparition d’une neuropathie sensitive périphérique induite par une chimiothérapie à l’oxaliplatine et ce, sans affecter l’efficacité du traitement anticancéreux. Si ces travaux suggèrent une activité neuroprotectrice de la molécule chez l’homme, il s’agit néanmoins de résultats préliminaires nécessitant des développements supplémentaires.