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Août 2005

La PhRMA met la DTC sous contrôle

Début août, la PhRMA a édicté ses propres directives pour la publicité des médicaments de prescription auprès du grand public (DTC – Direct to consumer). Plus d’une vingtaine de laboratoires ont déjà décidé de se conformer à ces mesures qui entreront en vigueur à partir de janvier 2006.

Alors que, depuis quelques mois, se développe, aux États-Unis, un mouvement en faveur d’une rédaction de la publicité DTC sur les médicaments de prescription, l’association américaine des laboratoires pharmaceutiques, la PhRMA, a présenté lors de son congrès annuel, le 2 août, ses directives pour la réalisation de ces campagnes. Les mesures et les orientations prônées sont au nombre de 15 et prendront effet en janvier 2006. Pour le président de la PhRMA, Billy Tauzin, elles vont fréquemment au-delà des réglementations et des requêtes de la FDA. Les directives de la PhRMA stipulent entre autres que toute publicité DTC doit être adaptée, n’avancer que des revendications soutenues par des preuves substantielles et refléter la balance entre risques et bénéfices. Celle-ci se doit d’être conforme à la notice approuvée par la FDA et de mentionner clairement qu’elle s’applique à un médicament de prescription afin de permettre de le distinguer des produits d’automédication.

Le message véhiculé devra également contribuer à l’éducation du consommateur sur le médicament et, le cas échéant, sur la pathologie pour laquelle il est prescrit. Les indications autorisées et les risques majeurs associés au médicament promus devront figurer explicitement dans la publicité. Dans le cas des publicités télévisées et des campagnes de presse, la promotion du médicament devra mentionner l’existence éventuelle d’autres options de traitement, par exemple le suivi d’un régime ou un changement du mode de vie. Le contenu et le créneau de diffusion pour ces deux formes de message (télévision et presse) devront également être ciblés afin d’éviter qu’ils puissent atteindre des publics n’ayant pas l’âge approprié. Enfin, toute nouvelle publicité DTC télévisée sera soumise à la FDA préalablement à sa diffusion. Une telle disposition s’appliquera aussi en cas de changement majeur d’une campagne télévisée.

Délai avant la première campagne

La mesure la plus frappante avancée par la PhRMA s’applique aux médicaments nouvellement autorisés. L’association propose la possibilité d’introduire un délai avant que n’intervienne la première action de DTC pour un nouveau médicament ou pour l’autorisation d’un médicament dans une nouvelle indication. Elle recommande aux laboratoires de patienter avant de commencer sa première campagne et de mettre à profit ce laps de temps pour la formation des professionnels de santé. Aucune durée n’est spécifiée par la PhRMA qui laisse aux laboratoires la possibilité de choisir le délai qu’ils s’imposent. Il est à noter que la directive de la PhRMA va dans le sens d’une demande globale. L’American Medical Association (AMA) a annoncé, lors de son dernier congrès fin juin, avoir commencé à étudier les possibilités de limiter la DTC. Elle a prôné à cette occasion le respect d’un intervalle de quelques mois entre la première campagne DTC et la mise sur le marché de tout nouveau médicament. Pour l’AMA, ce délai laisserait le temps aux médecins de mieux évaluer un nouveau produit avant que la moindre demande de prescription ne soit formulée par les patients. Des demandes similaires s’élèvent également du côté des parlementaires américains. Début juillet, le sénateur républicain Bill Frist a ainsi appelé les laboratoires à réduire volontairement leurs actions de DTC durant les deux premières années de commercialisation d’un nouveau médicament. Ce dernier a d’ailleurs réservé un accueil favorable à ces directives et estime que «ces annonces sont des signes encourageants. Elles montrent que l’industrie et la FDA reconnaissent toutes deux que, souvent, la publicité DTC surestime les bénéfices et sous-estime les risques des médicaments de prescription et que des actions doivent être entreprises pour ramener cette forme de marketing à la discipline». Le sénateur reconnaît certes avoir souhaité que la PhRMA aille plus loin et propose un moratoire sur la publicité DTC des nouveaux médicaments, mais il avoue espérer qu’individuellement, les laboratoires prendront sérieusement en compte ces dispositions. Plus d’une vingtaine de laboratoires pharmaceutiques, dont Amgen, AstraZeneca, BMS, J&J, Pfizer, Solvay ou Wyeth, se sont d’ores et déjà engagés officiellement à suivre les directives de la PhRMA. Dans ce domaine, BMS a même joué le rôle de pionnier, puisque, dès juin, le laboratoire s’est engagé à s’abstenir de diffuser toute publicité DTC sur les médias pendant une durée minimale de 12 mois après le lancement d’un médicament. Du côté de Pfizer, le délai a été fixé à un minimum de six mois. Un premier bilan sera initié dans un an, la PhRMA prévoyant de charger un comité d’experts indépendants d’étudier les orientations des publicités DTC et les réponses apportées par les laboratoires. Leurs rapports seront rendus publics et devraient servir de base à une actualisation des recommandations de la PhRMA.

Anne-Lise Berthier
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