Communiqué du Snitem
Un retard considérable de la France dans l’imagerie médicale
La scanographie, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et la tomographie par émission de positron (TEP) tiennent une place de plus en plus importante dans le diagnostic de pathologies chroniques, comme le cancer ou les maladies cardio-vasculaires et ce, au bénéfice du patient. Ces nouvelles techniques en constante évolution autorisent la mise en œuvre de procédures diagnostiques innovantes moins coûteuses et moins invasives et ont impact considérable sur les choix thérapeutiques. Elles ont de ce fait vocation à se substituer aux actes d’imagerie conventionnelle. Pour autant, la France accuse un retard considérable en termes d’équipement, par rapport à ses voisins européens.
Au 1er mars 2005, le parc français, officiellement composé de 700 scanners, ne représentait en effet que 25% du parc allemand, 45% du parc italien et moins de 90% du parc espagnol. Concernant les IRM, avec 333 machines, le parc français représente seulement 27 % du parc allemand, 60% du parc italien et 80% du parc espagnol.
Ces différences dissimulent des écarts encore plus conséquents démontrant l’inégalité des Français devant l’accès aux modalités diagnostiques les plus performantes. Bien qu’ayant diminué de 30% entre 2000 et 2004, le délai d’obtention d’un rendez-vous pour un examen reste, en moyenne, supérieur à 30 jours et varie d’une journée à plus de trois mois.
Parmi les causes identifiées, le premier obstacle à une mise à niveau de la France repose sur le mode de gestion des besoins en imagerie qui tient compte de l’indice démographique et non des besoins réels de chaque population régionale. De même la lenteur de la réalisation des autorisations accordées fait qu’au 1er avril 2005, le parc français des TEP est de 45 machines alors que 73 ont été officiellement autorisées. Ce taux de réalisation de 62% est dû particulièrement à l’application du code des marchés publics pour l’achat de la machine mais également pour les travaux d’aménagement des locaux. Enfin, une certaine pénurie de praticiens formés à la technique représente un dernier obstacle. Il s’agit du problème général de la démographie médicale, car la formation est aujourd’hui maîtrisée en université avec l’implication des sociétés savantes et des industriels pour l’utilisation, en routine, des machines.
Pour pallier une telle situation, et malgré les efforts réalisés ces deux dernières années en matière d’autorisations, il conviendrait d’encourager les Agences régionales d’hospitalisation (ARH) à anticiper sur la stratégie volontariste de déploiement de ces équipements. Dans cette logique, il paraît indispensable d’accorder les autorisations nécessaires pour donner à chaque Français la possibilité de bénéficier des performances de ces appareils dans un délai compatible avec le risque d’évolution de la pathologie recherchée.
De plus, la réalisation des autorisations suppose des procédures spécifiques, dans le strict respect de la législation, privilégiant la rapidité de réalisation en exécutant simultanément les grands processus de ce type de projet. Il semble, en effet, important de comprendre pourquoi et comment certaines autorisations se réalisent en six mois et d’autres arrivent à leur péremption de trois ans.
Enfin, un encouragement aux sociétés savantes de la spécialité pour poursuivre et développer leurs actions de formation - dans lesquelles l’industrie est également largement impliquée en terme, par exemple, d’application opérationnelle - paraît également opportun pour permettre aux praticiens de toujours mieux maîtriser des appareils à très fort impact sur l’efficacité du système de santé français.
1. Comparatif entre les principaux pays occidentaux des parcs de scanners et d’IRM installés en janvier 2004

2. Évolution des indications des IRM
On prévoit, entre 2003 et 2007, une croissance de 40% des examens d’IRM, avec des évolutions annuelles de :
- 5% pour le rachis
- 7% dans le domaine « Tête & Cou »
- 7% en ostéo-articulaire
- 10% pour le domaine cardiovasculaire
- 20% en vasculaire
- 30% pour l’abdomen, le thorax et le pelvis.
Ces évolutions sont portées par le développement des pathologies suivantes :
- Maladies neurodégénératives, dont Alzheimer
- Pathologies vasculaires
- Cancérologie
- Organes plus particulièrement exposés comme la prostate ou le foie.
L’imagerie par résonance magnétique est au cœur des enjeux diagnostiques en neurologie et cancérologie. Plus de 38 millions d’examens en IRM sont pratiqués aux États-Unis contre 2 millions en France, c’est-à-dire cinq fois moins à population équivalente.