États-Unis : la publicité DTC sous la loupe de l'AMA
L'American Medical Association (AMA), réunie en assemblée générale au début de la semaine, a manifesté sa volonté de se pencher plus avant sur le sujet de la publicité DTC (direct to consumer). Pour l'un des responsables de l'AMA, « ces messages conduisent les patients à solliciter la prescription des médicaments ainsi promus ». L'association s'interroge plus particulièrement sur l'influence de la publicité DTC sur la relation patient-médecin et sur l'impact de cette forme de promotion sur les dépenses de santé. Une demi-douzaine de propositions ont d'ores et déjà été émises afin d'en limiter les « effets négatifs ». L'International Herald Tribune développe notamment la proposition avancée par des psychiatres de l'AMA. Ils suggèrent qu'un délai de quelques mois soit respecté entre la première campagne DTC et la mise en vente de tout nouveau médicament. Grâce à cet intervalle, le médecin aurait le temps de mieux évaluer un produit avant que son patient n'émette la moindre demande de prescription. La politique de l'AMA s'inscrit dans un mouvement global aux États-Unis, où les pressions d'origines diverses se multiplient pour une réduction de la publicité DTC des laboratoires. L'International Herald Tribune rappelle que la FDA a obtenu le doublement de son budget consacré au contrôle de la publicité. Cette orientation est également sensible dans l'industrie. Voici quelques jours, Bristol-Myers Squibb (BMS) publiait les principales orientations de sa politique de DTC. Le laboratoire s'engage à s'abstenir, pendant une durée minimale de 12 mois après le lancement d'un nouveau médicament, de diffuser toute publicité DTC pour ce produit sur des médias de masse (télévision, radio et journaux). Quant à la PhRMA, elle doit également publier ses directives en la matière le mois prochain.