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Juin 2005

VERBATIM
C'est tous ensemble que nous réussirons à faire en sorte que ce que la France a vécu à l'été 2003 ne se reproduise pas

Intervention de Philippe Bas, ministre délégué à la sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille lors de la conférence de presse sur le Plan national canicule 2005, le 22 juin : 

 « Comme l'a dit Xavier Bertrand, nous sommes depuis plusieurs jours confrontés à un véritable risque de canicule. Je veux vous indiquer que nous sommes pleinement mobilisés pour y faire face. Le plan canicule 2005 renforce le dispositif mis en place l'an dernier. Ce dispositif, c'est d'abord la prévention, à partir des plaquettes d'information distribuées très largement dans la population et de la carte de vigilance mise en place par Météo France. C'est aussi un dispositif de gestion de crise qui mobilise les services de l'État, Météo France et l'Institut national de veille sanitaire et bien sûr, dans chaque département, les préfets. Enfin, c'est une meilleure prise en charge des personnes vulnérables isolées. Un registre a été ouvert pour mieux identifier les besoins des personnes âgées isolées à domicile. Je voudrais revenir sur le dispositif concernant au premier chef les personnes âgées. D'abord, les personnes âgées qui vivent en établissement : elles sont plus de 600 000 sur environ 10 millions de personnes âgées, mais elles sont souvent les plus âgées et les plus dépendantes. Il faut donc leur porter une attention toute particulière. En ce qui concerne ces personnes hébergées en établissement, la priorité est la mise en place d'un plan bleu et l'installation d'une pièce rafraîchie dans chaque établissement.   

Les plans bleus s'attachent à donner des réponses en termes d'organisation pour prévenir les conséquences d'une canicule. Ils consistent à prévoir dès à présent la prise en charge des résidents de l'établissement par un établissement de santé proche. Cette coopération pensée et mise en place en dehors d'une période de crise permettra de porter secours de la manière le plus rapide possible et dans les meilleures conditions. Grâce à ce plan, les personnels de la maison de retraite et ceux de l'établissement de santé s'engagent à participer à des actions de formation et d'information réciproques. Il s'agit d'appliquer des bonnes pratiques de soins aux résidents âgés pour prévenir les hospitalisations. Cette formation permet aussi d'assurer un transfert en milieu hospitalier dans les meilleures conditions possibles lorsque celui-ci s'avère nécessaire. Le plan bleu consigne l'organisation qui est prévue dans l'établissement en cas de crise. Il définit les modalités de déclenchement de l'alerte. Les responsabilités de chacun doivent être claires, en particulier celles de l'équipe de direction. Il convient également de déterminer les modalités de mobilisation voire de rappel des personnels, l'aménagement des locaux, le stockage de boissons... bref, toutes les mesures pour faire face à un épisode de forte chaleur. Plus des trois quarts des établissements sont dotés aujourd'hui d'un plan de prévention et de gestion de la canicule. Des progrès ont été accomplis. Mais ce n'est pas suffisant. Il est impératif que toutes les maisons de retraite soient dotées d'un plan bleu. C'est pourquoi un courrier signé du ministère de la Santé et du ministère de l'Intérieur a été adressé aux préfets et aux directeurs des agences régionales d'hospitalisation. Il leur rappelle qu'il est nécessaire que l'objectif de 100 % soit atteint pour l'été 2005. Il en est de même des pièces rafraîchies. Celles-ci ont fait la preuve de leur efficacité pour protéger les personnes âgées contre les très fortes chaleurs. Chaque établissement accueillant des personnes âgées doit disposer d'au moins une pièce rafraîchie. Nous avons fait le bilan de la situation. A la mi-juin 2005, 93 % des maisons de retraite étaient équipées de pièces rafraîchies. Pour mémoire, moins de 30 % des établissements l'étaient début 2004. C'est mieux mais c'est encore insuffisant. Ces mesures doivent être appliquées partout. Les obstacles financiers ont été résolus. Les établissements ont bénéficié d'une subvention de l'État pour installer ces équipements. 19,2 millions d'euros ont ainsi été versés entre le 1er septembre 2003 et le 31 juillet 2004. Nous souhaitons maintenant rendre obligatoire la mise en place d'un plan bleu et l'installation d'une pièce rafraîchie dans tous les établissements, car malgré l'aide apportée, certains ne se sont toujours pas dotés d'un équipement de climatisation. Des décrets  seront pris en ce sens avant le 14 juillet. 

Au-delà même de la période estivale, les décisions récentes concernant les Contrats d'accompagnement dans l'amploi (CAE) et les contrats d'avenir vont nous permettre d'améliorer considérablement l'encadrement dans les établissements. Des réponses très concrètes ont été apportées aux difficultés qui pouvaient se poser pour les bénéficiaires de ces contrats, en termes de formation ou d'affiliation à l'assurance chômage. Dans les jours qui viennent, nous allons écrire aux préfets, aux directeurs d'ARH et à tous les chefs d'établissement pour les informer sur les possibilités de recrutement qui leur sont offertes. Nous devons nous fixer des objectifs ambitieux et viser très vite plus de 20 000 recrutements. Voilà pour les établissements. Il faut aussi des mesures spécifiques pour les  personnes âgées isolées. Lors de la canicule de l'été 2003, les personnes âgées isolées ont été les principales victimes. Il est vital d'apporter une attention particulière aux personnes fragilisées par leur grand âge ou leur perte d'autonomie. Beaucoup d'entre elles sont en moyenne plus valides que celles en établissement mais elles sont, en même temps, plus vulnérables du fait même de leur solitude. Pour identifier les personnes isolées et venir à leur secours à temps, nous avons demandé aux maires d'ouvrir des registres. Ils permettent aux personnes vulnérables isolées ou à leur proches de se signaler. Ainsi, en cas de forte chaleur, une attention particulière et, si nécessaire, des soins pourront leur être apportés dans les meilleurs délais. Les grandes villes ont pour la plupart ouvert ces registres. Il reste en revanche encore beaucoup à faire dans les communes plus petites, où ses registres font encore cruellement défaut. Les maires sont fortement mobilisés. Il faut que toutes les communes ouvrent un registre et se mobilisent pour que le plus grand nombre possible de personnes vulnérables isolées y soient inscrites. Bien évidemment, ces mesures ne remplaceront jamais la solidarité familiale ou de voisinage. Elle est fondamentale. Je compte sur nos concitoyens pour se soucier des personnes âgées qu'ils connaissent dans leur entourage. Vérifier régulièrement qu'elles vont bien, ne serait-ce que par un coup de téléphone ou par un bref échange sur le pas de la porte, cela prend quelques secondes, mais peut faire toute la différence. 

Enfin, cette action déterminée pour prévenir les effets d'une canicule va de pair avec un effort très important de mise à niveau de notre politique d'aide et d'accueil des personnes âgées, dans le cadre du Plan de vieillissement et solidarité pour 2004-2007. Il permet notamment de : 

·        Favoriser la vie à domicile : ce plan assure pour la période 2004-2007 la création de 17 000 places de Services de soins infirmiers à domicile. En 2007 nous aurons ainsi atteint le total de 100 000 places. Sur la même période 4 500 places d'hébergement temporaire seront crées ainsi que 8 500 places d'accueils de jour dédiés à la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou d'affections apparentées. 

·        Il convient également de poursuivre la modernisation et le renforcement de la médicalisation des établissements : 15 000 personnels soignants supplémentaires seront recrutés dont 13 200 pour augmenter le taux d'encadrement des personnes dépendantes et 10 000 places nouvelles d'EHPAD sont en cours de création d'ici 2007 (1 800 ETP soignants). 

  

Au total le plan Vieillissement et solidarités permettra sur 2004 et 2005 de créer 20 000 emplois de personnel soignant. L'élaboration et la mise en place du plan canicule traduit bien la mobilisation et l'engagement de tous ! Mais l'efficacité passe aussi par la solidarité de tous et la présence de chacun de nous auprès des personnes âgées de notre famille et de notre entourage. C'est tous ensemble que nous réussirons à faire en sorte que ce que la France a vécu à l'été 2003 ne se reproduise pas. Et c'est bien sûr possible, au-delà des mesures d'accompagnement du plan blanc ou du plan bleu, au-delà des dispositions nouvelles que nous avons décidées, au delà des moyens en crédit et en personnels mis en oeuvre, ce sont des gestes et des habitudes simples qui permettent d'éviter les risques. Ces gestes, vous les connaissez, mais je veux les rappeler à toutes et à tous : boire régulièrement, ne pas sortir durant les périodes les plus chaudes, fermer les volets et les rideaux, ne pas consommer d'alcool ou de boissons très sucrées, passer du temps dans des pièces ou des lieux rafraîchis, se doucher ou se baigner régulièrement... Ces conseils, il faut les donner, les répéter, les renouveler sans relâche, et c'est pourquoi la dimension de formation et d'information est absolument cruciale pour la réussite de la lutte contre la canicule. 

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