Un point sur la sécurité sanitaire
La persistance des infections invasives à méningocoque dans le département de Seine Maritime (76), le plan « pandémie grippale », et la plan national canicule version 2005 ont fait l'objet du dernier point d'actualité de la Direction générale de la santé en matière de sécurité sanitaire.
Confrontée à une incidence élevée des infections invasives à méningocoque (IMM) due à la circulation d'une souche particulière de méningocoque B depuis 2003, la Seine Maritime se trouve actuellement dans une situation épidémiologique préoccupante. Au regard des chiffres publiés, le 22 mai dernier, par l'Institut de veille sanitaire, l'incidence des IMM a en effet franchi la barre des 3,1 pour 100 000 habitants tandis qu'elle ne dépassait pas les 1,5 dans le reste de la France. Techniquement, cette souche de séro-sous-type 14 P1-7,16, appartenant à l'un des complexes clonaux épidémiques majeurs mais relativement rare sur le territoire français (NDLR : ET/5ST32), se caractérise par un sévérité accrue des cas. Au total 25 cas d'IMM ont été notifiés en Seine Maritime, dont 21 de sérogroupe B, de janvier à fin mai 2005. Face à cette situation, les autorités sanitaires ont mis en place une information à destination des professionnels de santé et de la population visant à une prise en charge très précoce des cas et étudient sérieusement les possibilités d'utilisation du vaccin « norvégien » B : 15 : P1-7,16.
Depuis le 12 décembre 2003, neuf pays d'Asie, au rang desquels figurent le Cambodge, la Chine, la Corée du Sud, l'Indonésie, le Japon, le Laos, la Malaisie, la Thaïlande et le Vietnam, ont notifié des foyers de grippe aviaire de type H5N1. Même si à ce stade de son développement, le virus en cause n'a qu'une faible capacité de contamination inter-humaine, l'Organisation mondiale de la santé a fait savoir, à l'occasion de la conférence de Manille, en mai dernier, qu'elle avait recensé 92 cas humains, dont 52 décès, principalement au Vietnam.
Conformément aux recommandations de cette dernière, la France a donc élaboré, courant 2004, un plan destiné à enrayer la menace d'une pandémie mondiale. Ce plan distingue deux phases. Une phase pré-endémique (dans laquelle nous sommes actuellement) où la transmission de l'animal à l'homme est limitée, même si la mortalité est élevée et une phase pandémique qui débutera à partir du moment où l'OMS aura reconnu la capacité de transmission inter-humaine du nouveau virus. En pratique, cette démarche se traduit par la constitution d'un stock important d'antiviraux, dont l'administration serait recommandée en curatif et en traitement prophylactique post-exposition, dans le cas où une pandémie grippale viendrait à se déclarer. De ce fait, le ministère de la santé qui disposait déjà d'un stock de 800 000 traitements antiviraux a passé un marché avec Roche SAS pour la fourniture de 13 millions de traitements complémentaires, dont 7 millions de boîtes d'oseltamir® seul antiviral utilisable contre cette pathologie.
« 20 à 40 millions de vaccins »
En l'absence probable de vaccin lors de la première vague de la pandémie, la protection des professionnels de santé, présents au chevet des malades, reposera essentiellement sur le port d'un masque filtrant de type FFP2. Dans ce domaine, le ministère de la santé a également pris ses dispositions de manière à ce que 50 millions de masque soient disponibles dans les hôpitaux dès la fin de l'année, pour la protection des professionnels de santé hospitaliers et libéraux. Un stock considérable qui devrait, néanmoins, être doublé dans le courant de l'année 2006. A partir de 2007, l'industrie française devrait être en mesure de fabriquer ces masques FFP en quantité suffisante, sur toute la durée d'une éventuelle pandémie (soit environ 6 millions de masques). En vue de parer à toutes éventualités, le ministère a également lancé, en février dernier, un appel d'offre international en deux lots pour la fourniture de 2 millions de vaccins pré-pandémiques (H5N1) et la réservation de 20 à 40 millions de vaccins pandémiques.
Suite à la canicule de l'été 2003, le gouvernement a mis au point un plan destiné à définir les actions de court et moyen terme dans les domaines de la prévention et de la gestion de crise afin de réduire les effets sanitaires d'une vague de chaleur. Ce plan se décline en un dispositif de veille et d'alerte organisé par l'Institut de veille sanitaire en collaboration avec Météo France, un dispositif de gestion d'alerte canicule assuré par le ministère de la santé avec tous les partenaires nationaux concernés, et un volet d'action locale mis au point et arrêté par le préfet de chaque département métropolitain (plan de gestion d'une canicule départementale)
D'un point de vue pratique, ce plan national canicule s'articulera autour de quatre niveaux.
Le niveau 1 sera un niveau de veille saisonnière correspondant à la période du 1er juin au 31 août. Le niveau 2 (pré-alerte) sera déclenché en cas de dépassement des seuils avec un à trois jours d'anticipation. Le niveau 3 (alerte) correspondra, quant à lui, à un dépassement des seuils prévu le jour même. Enfin, le niveau 4 (mobilisation maximale) sera déclenché en présence d'une situation exceptionnelle nécessitant la mobilisation de l'ensemble des acteurs impliqués dans le plan national canicule.
Jonathan Icart