Plaidoyer politique pour une Europe sanitaire
A trois jours du référendum, tant attendu, sur le Traité constitutionnel européen, plusieurs personnalités du monde politique de la santé, toutes étiquettes confondues, se sont réunies, ce matin, dans les locaux de Sciences-Po Paris pour défendre la cause du oui.
En vue de convaincre les derniers indécis, à trois jours de l'une des échéances les plus importantes de l'histoire de la construction européenne, plusieurs responsables politiques, au rang desquels figuraient Philippe Douste-Blazy, Simone Veil, ou encore Bernard Kouchner, se sont réunis dans les locaux de Sciences-Po Paris. Cette réunion, publique, organisée par le groupe Décision Santé, avait pour objectif d'aborder la question de la Constitution européenne sous l'angle des domaines de la santé.
Contrairement aux arguments fréquemment mis en avant par les partisans du non, le ministre de la Santé a, lui, insisté, ce matin, sur le fait que ce texte constitutionnel ne pouvait être à l'origine d'une régression sanitaire et sociale : il « renforcera indéniablement la sécurité sanitaire sur l'ensemble du territoire européen. Et officialisera la création d'un réseau de coordination qui permettra, entre autres, de se prémunir contre les maladies infectieuses. De plus, il accordera une place de choix au principe de l'universalité de l'accès au soins (droit à la prévention, interdiction du clonage reproductif, droit des personnes handicapées) en vertu des dispositions énoncées dans l'article 2-95 de la dite Constitution. Par ailleurs, ce texte n'altèrera en aucun cas le droit inaliénable de la France de conserver son système de protection sociale (sécurité sociale et système de retraite compris) ».
De son côté, Bernard Kouchner, qui s'estime confiant quant à l'issue favorable du scrutin, a lui aussi mis en lumière les « avancées » sanitaires et sociales du Traité constitutionnel. Il considère, en effet, que la libre circulation des malades sur le continent (soit la possibilité de se faire soigner dans n'importe quel pays de l'Union) constitue un progrès considérable en la matière.
Consciente des problématiques soulevées par la ratification de ce traité dans sa dimension sanitaire et sociale, Simone Veil a insisté, quant à elle, sur la nécessité d'obtenir plus de crédits pour la recherche fondamentale tout en déplorant le manque de coordination des différents commissaires en charge de la santé à l'heure actuelle. Cependant, elle reste persuadée, à l'instar de ses deux homologues masculins, des avancées importantes permises par ce texte en terme de sécurité, d'organisation, et d'efficacité des prestations au sein des pays membres.
Comme s'est plu à le rappeler Philippe Douste-Blazy, ce traité « n'est pas parfait mais constitue une étape fondamentale de la construction de l'Europe ».