Actualité publiée sur le site
Mai 2005

La France a-t-elle peur de l'innovation ?

Nombreuses ont été, notamment au cours des deux dernières années, les analyses visant à identifier, comprendre, expliquer les causes du retard français dans le domaine des biotechnologies et des biomédicaments afin d'y porter remède. Et si le coeur du problème tenait à la société française elle-même et, plus particulièrement, à sa façon d'appréhender l'innovation et le succès ?

C'est en tout cas ce qui ressort de l'intervention de Christian Perret, ancien ministre de l'Industrie et membre du Conseil stratégique de l'innovation (CSI), lors de la réunion organisée par l'Association des médecins des industries de santé (AMIPS), le 24 mai 2005, sur le thème innovation et produits biologiques. 

La France, pays hostile à l'innovation ?

Rappelant les principaux points faibles de la France - statut du chercheur, faiblesses des rémunérations, insuffisance des passerelles entre recherche publique et recherche privée, empilement des structures, manque d'évaluation de la recherche au niveau national - Christian Perret a fait le point sur les mesures prises pour y remédier : loi Allègre sur l'innovation, mesures sur le capital-investissement et mesures fiscales, réforme du crédit impôt recherche, adoption du statut de la Jeune entreprise innovante (JEI), qui reprend une proposition faite par France Biotech et le CSI. Pourtant, « la fuite des cerveaux continue - il y a 30 000 Français en Californie, une perte considérable pour la France et un don formidable aux Etats-Unis - les résultats de la loi Allègre ont été plus faibles que ce que nous prévoyions... Cela signifie qu'il y a des causes culturelles, nationales ». Pour Christian Perret, elles tiennent au système social, économique et idéologique français, « hostile au succès ». « Alors qu'il s'agit de saisir que la R&D et l'innovation sont au coeur de la problématique mondiale, que cette question devrait être au centre des débats sur la Constitution européenne - c'est cela le véritable enjeu pour l'Europe - personne n'en a encore parlé et je parie que cela ne sera pas abordé. Il y a des priorités que nous ne voyons pas. » 

Encourager la réussite

C'est tout l'environnement, le climat, le « fondement implicite de la société française » qui « n'est plus de l'époque » et qui doit changer : « Il ne faut plus sanctionner le succès. Il faut qu'il puisse être admis, encouragé, récompensé. Tout le monde en convient, à droite comme à gauche ». C'est dans ce cadre qu'il faut comprendre les mesures proposées et ardemment défendues auprès des pouvoirs publics par France Biotech et le CSI qui, après le statut JEI, mènent aujourd'hui bataille pour le statut de la Jeune entreprise cotée (JEC). 

Jocelyne Rajnchapel-Messaï 

Le statut de la Jeune entreprise cotée (JEC) 

Ce statut prévoit que toute PME innovante de moins de 2 000 personnes et avec un chiffre d'affaires inférieur à 150 millions d'euros, qui réalise une introduction sur un marché encadré ou réglementé, pourra bénéficier, pendant les huit ans suivant l'introduction en bourse, des avantages suivants : 

  

Rechercher
Dans l'actualité
publiée sur le site