Communiqué
20 ans de missions pour Pharmaciens sans Frontières
A Chamonix, les 10 et 11 juin prochain, se dérouleront l'Assemblée générale et le Congrès des vingt ans de l'association Pharmaciens sans Frontières - Comité international (PSF-CI).
Vingt ans, c'est l'heure d'un petit bilan permettant de comprendre comment l'association clermontoise créée en 1985 est devenue l'un des principaux partenaires de l'aide humanitaire internationale :
1985 : Création de Pharmaciens Sans Frontières par cinq pharmaciens de la région de Clermont-Ferrand. L'idée de récupérer les médicaments non utilisés en France pour en faire profiter les populations des pays pauvres satisfaisait tout le monde, d'autant plus qu'à l'époque les pays en développement n'avaient pas de politiques pharmaceutiques nationales définies, que leur situation sanitaire se dégradait et que les États se révélaient incapables de financer les dépenses de santé de leur population.
1987 : De nombreux relais PSF se sont créés dans différents départements français. Dès les premières petites missions de PSF Clermont au Mali et en Mauritanie, il apparaît clairement que les médicaments non utilisés (MNU) en France ne sont pas adaptés aux pathologies des pays en développement et que le personnel de santé de ces pays n'en maîtrise pas l'utilisation.
Cette même année, l'OMS, l'Unicef et trente-cinq ministres africains se réunissent à Bamako (Mali) pour définir une stratégie -l'Initiative de Bamako- qui permettrait à toutes les populations d'avoir accès aux médicaments essentiels (environ 400 molécules permettant de soigner 98 % des maladies).
1990 : Les pays en développement adoptent progressivement une politique
pharmaceutique nationale et mettent en place les instruments nécessaires, à savoir :
- Une Liste nationale de
médicaments essentiels, basée sur la liste modèle OMS et adaptée aux pathologies du pays et à la formation du
personnel sanitaire.
- Une Centrale nationale d'approvisionnement en médicaments essentiels (génériques pour
la plupart) chargée de regrouper les commandes des dépôts régionaux qui fournissent les structures de santé.
-
Un système de recouvrement des coûts impliquant la communauté dans la gestion de son Centre de santé en fonction de
ses moyens, l'enjeu étant de recouvrer suffisamment de fonds pour renouveler les stocks de médicaments essentiels du centre.
En Mars de cette même année, PSF Clermont crée une centrale d'achat en médicaments essentiels génériques, matériel médical et matériel de laboratoire, pour pourvoir aux besoins de ses programmes d'urgence et suggère que tous les PSF départementaux s'approvisionnent à cette centrale afin de respecter les Listes nationales de médicaments essentiels des pays en développement et les nouvelles politiques sanitaires qui se mettent en place. Ce, bien entendu, en attendant que les PED ne créent leur propre Centrale nationale d'approvisionnement, l'objectif à terme étant de respecter le circuit officiel d'approvisionnement du pays. Plusieurs autres pays créent des PSF et rejoignent le mouvement. Des rapports sur les problèmes causés par les dons de médicaments commencent à circuler parmi les organismes gouvernementaux, intergouvernementaux et non-gouvernementaux de l'aide humanitaire.
1994 : De plus en plus sollicitée pour des programmes d'envergure co-financés par des bailleurs de fonds institutionnels, notamment la Commission européenne, PSF décide de créer le Comité international dont les adhérents sont les différentes structures nationales du mouvement. Ce Comité international s'appuie sur un personnel salarié au siège, des volontaires-expatriés en permanence sur le terrain et de nombreux personnels locaux. La voie est ouverte pour une professionnalisation de l'association.
1999 : Le Comité international, qui a participé à la révision des Principes directeurs de l'OMS applicables aux dons de médicaments, signe la convention OMS. Ces 12 principes ont été définis par les experts de l'aide humanitaire de l'ONU (OMS, Unicef, UNHCR, FNUAP, Onusida, PNUD...), la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, la Fédération internationale pharmaceutique (FIP) et les plus grandes Organisations non gouvernementales travaillant dans le domaine de la santé, dont PSF. Leur but étant de réduire les problèmes de santé publique générés par des dons anarchiques de médicaments et d'aider les Pays en développement à mettre en place des systèmes de santé pérennes et des politiques pharmaceutiques nationales réglementées. Par communiqué du 21 juin 1999, le Comité international demande à tous ses membres de mettre un terme à l'exportation des médicaments de collecte dès janvier 2000.
2000 : Les associations PSF qui ne respectent pas les Principes directeurs applicables aux dons de médicaments sont exclues du mouvement lors de l'Assemblée générale du Comité international de juin 2000.
Aujourd'hui : Seule ONG en Europe spécialisée en pharmacie humanitaire d'urgence et de développement, PSF-CI est constamment sollicitée, tant par les autorités sanitaires des pays ayant besoin d'aide que par les bailleurs de fonds institutionnels, pour apporter son expertise à la gestion de la partie pharmaceutique des programmes sanitaires mis en place. Son engagement professionnel et son efficacité sont reconnus ainsi que son respect pour tous ses partenaires.
Soutenu par un réseau d'associations départementales françaises labellisées et par les PSF d'Allemagne, du Canada, du Danemark, de la Suède et de la Suisse, le mouvement Pharmaciens sans Frontières ne cesse de s'agrandir pour mettre les compétences de pharmaciens de toutes les nationalités au service de ceux qui en ont le plus besoin.
En 2004, une convention de partenariat est signée avec l'Association européenne des étudiants en pharmacie EPSA pour sensibiliser les futurs pharmaciens européens aux problèmes d'accès aux médicaments dans le monde et au rôle du pharmacien dans le domaine humanitaire.
Les programmes réalisés en 2004 par le Comité international concernaient l'accès aux médicaments essentiels pour plus de 40 millions de personnes, au Burkina-Faso, en République Démocratique du Congo, au Sud-Soudan, au Tchad, en Haïti, au Tadjikistan, au Cambodge, dans les Territoires Palestiniens et en Irak. www.psfci.org dans la rubrique « Nos missions/Rapport Annuel ». La plupart de ces programmes se poursuivent sur 2005 et un programme d'urgence a été ouvert en Indonésie en février 2005 pour la gestion de tous les dons de médicaments de la province d'Aceh.
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