Génériques : un bilan encourageant
Au regard des chiffres présentés, le 12 mai, par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), la part des médicaments génériques n'a cessé de croître ces trois dernières années.
Renforcé dans le cadre du projet de loi portant réforme de l'assurance maladie, le développement des médicaments génériques sur le marché français semble suivre son cours. En 2004, les génériques ont, en effet, permis d'économiser près de 380 millions d'euros, soit une économie mensuelle de 550 € par médecin en terme de dépenses remboursées. En janvier 2005, les génériques représentaient 14,3 % des médicaments remboursables (généricables et non généricables), confirmant ainsi la tendance selon laquelle leur consommation a presque doublé depuis la mi-2002 et l'accord entre l'assurance maladie et les syndicats des médecins généralistes (NDLR : accord signé le 5 juin 2002).
En vue d'améliorer substantiellement le potentiel de développement de ces médicaments, plusieurs contraintes traditionnelles sont en passe d'être levées. Ainsi, l'amenuisement du retard culturel de la France en la matière, la disparition de la relative « étroitesse » du marché des médicaments génériques, la rareté de la concurrence de certains médicaments de marque vis-à-vis des génériques, ou encore la réduction du coût élevé pour l'assurance maladie de certains médicaments peu génériqués, ont permis d'en banaliser l'usage auprès des patients et des professionnels de santé. De ce fait, les boîtes de génériques représentent actuellement près de 59 % des médicaments dits généricables, soit 48 % des dépenses remboursables. En 2004-2005, la part de ces médicaments est même allée jusqu'à progresser deux fois plus vite qu'en 2003-2004. Affectée par un cumul de facteurs ayant eu une influence sur l'augmentation de leur prescription, la hausse des génériques est principalement le fait de l'engagement renforcé des professionnels de santé, pharmaciens en tête, de l'attitude positive des assurés, mais également de l'arrivée sur le marché de nouvelles « grosses » molécules fraîchement tombées dans le domaine public (oméprazole, simvastatine).
Conformément aux dispositions prises lors la convention médicale du 12 janvier 2005, les médecins libéraux se sont, d'ores et déjà, engagés à développer la prescription des génériques à hauteur de 55 millions d'euros supplémentaires pour la seule année 2005. Pour cela, l'assurance maladie entend mener trois actions à court terme au rang desquelles figurent la promotion des génériques auprès des assurés, l'information et la sensibilisation des prescripteurs au rapport prix/efficacité thérapeutique, ainsi que la promotion d'un taux de substitution élevé par les pharmaciens, notamment chez ceux ayant un taux de génériques sensiblement inférieur à la moyenne nationale (grandes villes d'Ile-de-France et de la région Paca).
En dépit des disparités géographiques sans lesquelles d'importantes économies supplémentaires pourraient être réalisées (soit près de 420 € de plus par mois et par médecin généraliste), l'arrivée de molécules nouvellement généricables entre 2005 et 2007, dont le coût actuel s'élève à près de 2,5 milliards d'euros pour l'assurance maladie, représentera un potentiel d'économies de plus de 700 millions d'euros sur la période (Ramipril® : janvier 2006, Interféron Bêta : mars 2006, Pravastatine® : août 2006, Lansoprazole® : décembre 2007).
Jonathan Icart