Le pharmacien, au cœur des études post-AMM
Dans le cadre du colloque « Les médicaments : de la recherche à l’évaluation », organisé le mercredi 27 avril 2005 à l’Assemblée nationale à l’initiative de Jean-Michel Dubernard, député du Rhône et président de la Commission des affaires sociales, Jean Parrot, président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, a souligné la place clé de l’officinal dans le système de suivi des médicaments.
A l’heure où se développent publicité grand public, gammes OTC et déremboursements et où les ventes de médicaments via Internet se multiplient, les patients ont de plus en plus tendance à banaliser les traitements. Il faut donc, selon le président du conseil national de l’Ordre, inciter les pharmaciens à sensibiliser les patients aux effets indésirables des médicaments, et les convaincre de l’importance de relever tous ceux de ces effets qui leur sont rapportés par les patients afin pouvoir les notifier, si nécessaire, lors de nouvelles délivrances. Soulignant que « bien souvent, nous n’avons aucun retour sur les incidents que nous déclarons », Jean Parrot a exhorté les agences et les laboratoires à rendre effectif l’accès aux données qu’ils détiennent sur les effets indésirables et a insisté sur la nécessité d’accroître la place et le rôle des officines dans le système de pharmacovigilance.
Les pharmaciens doivent aussi être associés aux études post-AMM, dans la mesure où, en effet, « l’officine est un observatoire privilégié sur la tolérance, l’usage, l’observance des traitements en situation réelle ». Selon l’Ordre, qui « engage les autorités publiques dans la réalisation d’études post-AMM totalement indépendantes des laboratoires et financées par des fonds publics », ces études devraient être orientées vers une évaluation permanente du rapport bénéfice/risque et devraient intégrer une approche médico-économique permettant d’estimer la valeur du médicament en termes de bénéfices cliniques, économiques, sociaux et humains.