Merck KGaA affiche un bilan mitigé
Au regard des chiffres publiés à l’occasion de son bilan annuel, Merck KGaA a connu une faible croissance en 2004. Affecté par un cumul de facteurs ayant eu une influence importante sur ses résultats, le groupe allemand compte sur l’année prochaine pour retrouver de sa superbe.
Les apparences sont parfois trompeuses. Quoiqu’en hausse de 6,7 % à 5,339 milliards d’euros, le chiffre d’affaires du groupe Merck KGaA est à prendre avec des pincettes. Au cours d’une année moyenne pour son pôle pharmacie, les divisions éthiques, génériques, et automédication, jadis sources de profits, ont faiblement participé à la croissance (hausse de 4,5 % au total), en 2004. Seule la chimie semble avoir tiré son épingle du jeu grâce à une hausse de son chiffre d’affaires de l’ordre de 11 %, soit 1,887 milliard d’euros.
En France, la situation n’est guère meilleure. Dans un contexte où l’industrie pharmaceutique poursuit sa mutation avec le développement des génériques ou encore les mesures gouvernementales tel que le tarif forfaitaire de responsabilité (TFR), l’activité Pharmacie Ethique du groupe Merck (Merck Lipha Santé, Théramex, Merck Santé Export) a connu une baisse significative de 7 % par rapport à l’année dernière pour un chiffre d’affaires évalué à 602 millions d’euros.
Au sein de cette entité, seul Merck Lipha Santé est à créditer d’une bonne performance avec un chiffre d’affaires de 276 millions d’euros. Présent dans cinq domaines thérapeutiques : la Cardiologie (133 millions d’euros) avec Olmetec® (olmésartan médoxomil), Cardensiel® (bisoprolol hémifumarate), Lodoz® (hydrochlorothiazide), et Adancor® (nicorandil), la Diabétologie/Endocrinologie (93 millions d’euros) avec Glucophage 100 mg® (metformine) et Lévothyrox® (lévothyroxine sodique), la dermatologie (15 millions d’euros), l’alcoologie (17 millions d’euros) et l’Oncologie (18 millions d’euros), avec notamment l’anticancéreux Erbitux® (cétuximab), le dix-neuvième laboratoire pharmaceutique français a continué de se renforcer sur ses secteurs de prédilection. Il a ainsi considérablement élargit son portefeuille de produits composé jusqu’alors de deux médicaments majeurs Glucophage® (metformine) et Praxilène® (naftidrofuryl).
De son coté, Théramex a, quant à lui, maintenu son activité malgré la décroissance du marché du Traitement Hormonal Substitutif (THS) due à la publication d’études américaines qui remettaient en cause l’intérêt des THS. En 2004, le « laboratoire de la femme » basé à Monaco a très légèrement augmenté sa part de marché en France tout en maintenant son activité au moyen d’un fort développement à l’international. Un véritable miracle si l’on tient compte de la régression de plus de 30 % des marchés des traitements hormonaux en France ces douze derniers mois.
En raison de l’expiration réglementaire de deux produits importants de la gamme d’antidiabétiques Merck Santé commercialisés sous licence par Bristol-Myers Squibb (BMS), l’activité Export du groupe recule de 27 % à 1,75 milliard d’euros. L’apparition de la concurrence générique pour la quasi-totalité de cette gamme de produits a considérablement freiné son activité en la matière.
Si le bilan de l’année écoulée reste mitigé, les perspectives pour l’année 2005 sont plutôt encourageantes. La mise sur le marché de nouveaux produits pour Merck Lipha Santé –Glucovance® (metformine chlorhydrate) et Niaspan® - et pour Théramex, le lancement de Campral® aux Etats-Unis constitueront de gros défi pour l’année à venir. Le laboratoire monégasque pourra également espérer rebondir grâce à l’obtention de deux AMM : pour Naemis® (estradiol hémihydraté), aux Pays-Bas, au Luxembourg et au Royaume-Uni et pour Fem 7®, en Allemagne, en Finlande, en Irlande et en Espagne. Des lancements qui contribueront à faire de 2005 une année stratégique pour le groupe de Darmstadt.