Regards croisés pharmacien patients sur le cancer
La Fondation d’entreprise Teva, créée le 6 novembre 2004 afin de soutenir des projets visant à améliorer la prise en charge globale des patients atteints de cancer, vient de faire le point sur ses actions en cours. Pour l’exercice 2004-2005, ont été retenues trois études centrées sur l’observation et la perception du cancer afin de faire progresser la compréhension et l’image du cancer.
Les deux premières concernent la réalisation d’un nouveau volume de l’Atlas de la santé consacré à une analyse des disparités de la mortalité par cancers en France et la mise en place d’une enquête qualitative sur l’information du malade cancéreux.
Le troisième projet, l’enquête Regards croisés, vient quant à lui de fournir ses premiers résultats. Ce travail réalisé en collaboration avec le Collectif des groupements de pharmaciens a pour objectif de mieux comprendre les différentes facettes de la relation qui s’établit entre le pharmacien et ses patients atteints de cancers.
L’enquête menée auprès de plus de 800 pharmaciens d’officine et de leurs patients atteints soit d’un cancer de la prostate, soit d’un cancer du sein se propose notamment de vérifier s’il y a concordance ou non entre la perception du pharmacien et celle de ses patients. A ce jour, 369 des 800 questionnaires adressés aux pharmaciens ont été retournés, ce qui, pour Gilles Brault-Scaillet, président du Collectif des groupements de pharmaciens, « laisse supposer qu’il n’est pas si simple de les remplir ».
Ces résultats préliminaires s’avèrent d’ores et déjà riches d’enseignements. Ils montrent ainsi que 86 % des pharmaciens ont le sentiment de jouer un rôle d’écoute vis-à-vis des patients atteints d’un cancer. Les questions qui leur sont posées concernent avant tout les traitements de la maladie (47 % pour le cancer du sein, 35 % pour le cancer de la prostate), mais aussi la maladie elle-même (39 et 25 %). Dans ce contexte, l’enquête montre le besoin d’information et de formation exprimé par les pharmaciens. 98 % d’entre eux souhaitent pouvoir utiliser des fiches d’information pour leur équipe en officine et 97 % sont intéressés par des formations sur le cancer et la prise en charge des patients.
Du côté des patients, 66 % se déclarent tout à fait à l’aise pour parler avec leur pharmacien de leur maladie et 64 % se considèrent également à l’aise avec l’officinal lorsqu’il s’agit, cette fois de parler du traitement de leur maladie.
Les réponses des patients mettent aussi en évidence l’utilité concrète des conseils de leur pharmacien dans le champ des traitements de leur maladie. 42 % d’entre eux considèrent que le pharmacien est utile pour mieux comprendre leur traitement et 45 % pour bien le prendre. Les principales explications demandées concernent les traitements (61 % des demandes) et leurs effets secondaires (56 % des demandes). Enfin, 41 % des patients mettent aussi en avant la place du pharmacien en ce qui concerne la maladie elle-même.
Au-delà de la proximité du ressenti des deux parties et de l’importance du rôle d’écoute du pharmacien, l’enquête souligne que la gène des patients comme des pharmaciens à parler de la maladie et de ses traitements provient essentiellement du manque de confidentialité dans la pharmacie.