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Février 2005

Tsunami : des médicaments inappropriés

Dans un communiqué, Pharmaciens sans frontières Comité International dénonce le manque de concertation des différents acteurs de l’humanitaire devant l’arrivée en Asie de « tonnes de médicaments venant de tous les pays, avec des notices écrites dans des langues non comprises par le personnel médical, avec des dates de péremption trop courtes ».

Cette aide humanitaire est certes "généreuse" selon PSF-CI mais, dans l’urgence, on ne tient pas forcément compte des besoins réels des pays sinistrés. L’association se demande « ce qui empêche les acteurs humanitaires gouvernementaux, inter-gouvernementaux et non-gouvernementaux de se concerter immédiatement afin d'être efficaces et d'éviter de pénaliser les pays bénéficiaires par des dons inappropriés qu'ils devront détruire pour protéger leur santé ». Le message principal des ONG était pourtant : pas de dons en nature, mais plutôt de l'argent.

« Les médicaments continuent d'affluer, regrette l’association, et les pays sinistrés n'osent pas les refouler de crainte d'offenser les pays donateurs ». Il existe pourtant des principes directeurs applicables aux dons de médicaments, édités en 1996 par l'OMS. Ils sont consultables sur www.who.int/medicines/library/par/who-edm-par-1999-4/who-edm-par-99-4.shtml.

De plus, PSF-CI rappelle que les dons de médicaments risquent de concurrencer l'économie locale, voire de menacer la survie des industries et commerces locaux. Pour protéger les pays sinistrés, une des tâches du comité est de s'assurer qu'il n'y a pas de collectes et d'exportations sauvages de médicaments. « Le soutien de l'Ordre National des Pharmaciens, qui a immédiatement alerté son réseau à travers les Ordres Régionaux, est inestimable » estime PSF-CI.

Laurence Geffroy
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