La France à la Rescousse
Philippe Douste-Blazy a annoncé, hier à Dakar, une série de mesures visant à lutter contre le virus du SIDA dans les pays en développement.
Depuis 1981, 20 millions de personnes infectés par le virus du sida sont décédés. Malgré les progrès réalisés ces dernières années en matière de soins (notamment les trithérapies), le nombre de victimes risque fort d’augmenter dans les années à venir. Ainsi, selon le dernier rapport ONUSIDA, 68 millions de personnes mourront des suites du HIV dans les vingt prochaines années. Dans ce contexte, l’Afrique reste, et de loin, la région la plus concernée par ce fléau.
Philippe Douste-Blazy, a présenté hier à Dakar un plan d’action contre la maladie reposant sur 3 axes. Le premier concerne la transposition de l’accord médicament de l’OMC du 30 Août 2003. Cette transposition doit permettre aux pays pauvres en état d’urgence sanitaire d’importer des génériques de médicaments encore sous brevet. A l’instar du Canada et de la Norvège, la France a décidé de mettre en place un système permettant désormais à des génériqueurs de produire des médicaments pour les pays en développement. Cette mesure fera l’objet d’une disposition législative qui sera soumise au Parlement début janvier, avant de peut-être trouver un écho au sein des 25 membres de l’Union européenne. Le texte ne prévoit ni de liste de pays, ni de liste de pathologies, ou de médicaments arrêtées.
Afin d’assurer une meilleure distribution dans les zones dites sensibles, l’action prévoit également de s’appuyer sur les ONG. Le ministre français compte s’assurer que le Fonds mondial de lutte contre le sida et le paludisme (dont la France est le deuxième contributeur) utilise la baisse du prix des médicaments pour augmenter son soutien aux réseaux de distribution. Cette deuxième action s’accompagne d’une aide de 3,5 millions d’euros destinée à former un personnel compétent chargé d’assurer le transit (60 agents ministériels sur le contrôle du médicament, 45 pharmaciens inspecteurs) et à la création de 15 agences de contrôle du médicament. Enfin, le dernier volet prévoit une stratégie de prise en charge totale des malades grâce à l’action du fonds mondial et du GIP Esther (Ensemble pour une solidarité thérapeutique hospitalière en réseau).
Grâce à ces nouvelles mesures l’Afrique disposera de médicaments adaptés, de qualité, bon marché et bien distribués.
Jonathan Icart