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Septembre 2002

Propriété intellectuelle et développement :
un rapport britannique

Comment concilier propriété intellectuelle et politique de développement ? Comment adapter les réglementations nationales sur la propriété intellectuelle au bénéfice des pays en développement dans le cadre des accords internationaux, notamment des accords Trips (ou accords ADPIC - Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce) ? Quelles mesures peuvent-elles être proposées pour contribuer à la mise en place de systèmes de protection intellectuelle ou au renforcement des systèmes déjà existants dans les pays en développement ? Comment aider ces pays en développement à se mettre en conformité avec les accords Trips ?
Telles sont quelques-unes des questions auxquelles la Commission sur les droits de propriété intellectuelle (Commission on Intellectual Property Rights - CIPR) s'est attachée à répondre, à la demande du secrétariat d'Etat britannique pour le développement international (1).

PLUS DE FINANCEMENTS PUBLICS POUR LA RECHERCHE

Dans le secteur de la santé, la CIPR souligne que l'un des problèmes majeurs à résoudre est de savoir si le respect de la propriété intellectuelle risque d'accroître le prix des médicaments et de réduire le choix des sources pharmaceutiques. Si elle admet le rôle moteur du système de propriété intellectuelle pour l'innovation dans l'industrie pharmaceutique, la commission constate néanmoins son impact quasi inexistant pour stimuler le développement de traitements pour les maladies des pays en développement. Jugeant peu probable qu'une globalisation de ce système conduise à un plus grand investissement du secteur privé, la CIPR en appelle à une augmentation des financements publics, ces financements devant notamment chercher à exploiter et à développer les capacités existantes dans les pays en développement.

AMENAGER LES LEGISLATIONS DES PED

De même, alors qu'un renforcement global de la propriété intellectuelle est susceptible de conduire à une augmentation du prix des médicaments dans les pays en développement, la CIPR estime que l'entrée en vigueur complète des accords Trips, prévue en 2005, restreindra la compétition existante des fournisseurs de génériques, limitant ainsi la possibilité d'accès aux médicaments dans les pays en développement. Pour pallier ces difficultés tout en respectant la réglementation internationale, sont ainsi suggérés plusieurs aménagements des législations nationales. Il s'agit notamment, dans les pays en développement, de :


UN SYSTEME PROPICE AUX PRIX DIFFERENTIELS

Enfin, pour la CIPR, une des solutions les plus opportunes réside dans le mécanisme des prix différentiels. Ce dernier peut, en effet, en permettant des prix inférieurs pour les médicaments dans les pays en développement, faciliter l'accès aux médicaments tout en fournissant une solution économique rationnelle aux laboratoires. Toutefois la CIPR met également l'accent sur la nécessité, pour les pays en développement, de renforcer leurs législations et de mettre en place des dispositifs adaptés afin d'éviter que ces produits, moins chers, ne reviennent frauduleusement sur les marchés des pays développés.

Anne-Lise Berthier

(1) La CIPR, qui, parmi ses six commissaires, compte Gill Samuels, directeur senior pour l'Europe des Affaires scientifiques et de la politique scientifique de Pfizer, s'est ainsi penchée sur les principaux domaines d'application de la propriété intellectuelle, à savoir l'agriculture et les ressources génétiques, les savoirs traditionnels, les droits d'auteurs, les logiciels, Internet et la santé.

Source : Integrating intellectual property rights and development policy - CIPR - septembre 2002.
Le rapport intégral de 191 pages peut être consulté à l'adresse suivante (http://www.iprcommission.org/papers/pdfs/final_report/reportpdf.pdf)
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