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Décembre 2017

Patrick Errard : « Le système d'évaluation comparative est mort »

Dans sa plate-forme cancer axée sur la recherche, l'accès et le parcours de soins, le Leem recommande d'adapter « en urgence » les méthodologies d'évaluation aux nouveaux défis posés par les médicaments anticancéreux.

« Le système d'évaluation comparative est mort, il est urgent de le changer » : ainsi Patrick Errard, président du Leem, a-t-il conclu l'atelier presse organisé le 7 décembre sur le thème de la révolution thérapeutique en cancérologie. Celui-ci a été l'occasion pour le syndicat industriel de présenter sa plate-forme cancer, soit 14 objectifs pour stimuler la recherche, favoriser l'accès précoce des patients aux médicaments innovants et améliorer le parcours de soins. Un 15e objectif est spécifiquement dédié à l'oncologie pédiatrique.

Répondre aux nouveaux paradigmes

Nombre des revendications exposées par le Leem ont déjà été très largement formulées par différentes parties prenantes, comme la pérennisation du crédit impôt recherche, la réforme des ATU (autorisations temporaires d'utilisation) ou le renforcement de l'expertise des CPP (comités de protection des personnes) pour accélérer les autorisations de lancement d'essais cliniques. Mais c'est sur l'évaluation que le Leem se démarque, en proposant une totale refonte des méthodologies de la HAS. Pour Patrick Errard, le système actuel, créé pour répondre aux paradigmes de la cancérologie qui prévalaient il y a trente ans, ne correspond plus à la réalité des médicaments d'aujourd'hui, autorisés plus précocement dans leur cycle de développement et utilisés dans des stratégies d'associations de traitements. « Est-il raisonnable de continuer à se demander si une innovation qui arrive à un stade si précoce est supérieure ou non à un éventuel comparateur ? », se demande-t-il.

Introduire de la dynamique

En lieu et place du système actuel d'évaluation comparative, le Leem prône la mise en place d'un système « dynamique », tant pour l'évaluation par la HAS que pour la tarification. Au menu : une révision régulière des méthodologies et des critères de la HAS, la création d'un registre national de données dédié à l'oncologie, ou encore le développement des contrats de performance pour les produits innovants. « C'est en introduisant de la dynamique dans le contrat économique entre les industriels et l'Etat, et en contractualisant intelligemment le système, que l'on parviendra à un prix juste », assure-t-il. Une proposition de réforme qui sera certainement au cœur des discussions du prochain CSIS (Comité stratégique des industries de santé), prévu pour juillet 2018.

Julie Wierzbicki

 

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