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Juin 2017

Hépatite C : SOS Hépatites lance sa campagne de dépistage

Faute d'engagement politique, la fédération SOS Hépatites a décidé de lancer elle-même, à partir du 20 juin, une grande campagne nationale pour livrer la dernière bataille contre l'hépatite C : celle du dépistage.

Le 20 juin aura lieu la Journée nationale de lutte contre les hépatites. Un évènement qui, selon les dirigeants de la fédération SOS Hépatites, a bien failli disparaître du calendrier : « Cette journée était prévue fin mai, les responsables politiques ont voulu l'annuler pour cause d'agenda électoral. Mais nous avons finalement obtenu un report », témoigne son vice-président Frédéric Chaffraix. Une attitude qui traduit selon lui un désintérêt manifeste des pouvoirs publics pour ces pathologies, « alors que l'on a jamais été si bien armés contre elles ! », s'insurge le président de la fédération, le Dr Pascal Melin.
Le combat pour l'accès universel au traitement contre l'hépatite C a, sur le papier, été remporté, même si les associatifs font part de difficultés remontées du terrain : notamment « des délais de rendez-vous encore trop longs, le champ des prescripteurs n'ayant pas été élargi », rapporte Yann Mazens, directeur d'SOS Hépatites. Reste à mener la bataille du dépistage, et là encore, l'association ne compte guère sur le gouvernement pour engager la grande campagne nationale qui, selon elle, s'impose.

Des recommandations non suivies

L'"évaluation médico-économique des stratégies de dépistage de l'infection au VHC" figure pourtant bien au programme de travail de la HAS, dont la version révisée a été dévoilée fin mai 2017. Mais ce dépistage concernerait uniquement « les hommes âgés de 18 à 60 ans et les femmes enceintes dès la première consultation prénatale ». Une population visée par les recommandations du rapport du Pr Daniel Dhumeaux (établi sous l'égide de l'ANRS (1) et de la Société française d'hépatologie) en... 2014 !
Or ces recommandations ont été réactualisées depuis, à la demande de Marisol Touraine, alors encore ministre de la Santé : le nouveau rapport, publié à l'automne 2016, préconise de « proposer dès 2017 un dépistage de l'infection par le VHC (associé à celui du VHB et du VIH) chez tous les adultes au moins une fois dans leur vie ». Une proposition appuyée par SOS Hépatites. « Avant même d'être achevés, les travaux de la HAS sont déjà dépassés », déplore Pascal Melin. Du côté de la HAS, on assure que « l'intitulé » de l'évaluation en cours « peut encore évoluer ». Mais celle-ci risque fort de ne pas aboutir dans le délai initialement prévu, au troisième trimestre 2017.

La musique comme vecteur

Sans attendre, SOS Hépatites a donc décidé de prendre le taureau par les cornes en lançant elle-même une campagne nationale d'incitation au dépistage. Pour atteindre la part la plus large possible des quelques 75 000 porteurs du virus qui s'ignorent, le choix a été fait de s'appuyer sur le vecteur le plus « fédérateur » : la musique.
Deux titres illustrant le message "Savoir c'est guérir" ont été composés pour l'occasion par la chanteuse Jewly, ex-pharmacienne et marraine de l'association. Les dirigeants comptent les diffuser largement à compter du 20 juin, en particulier dans les pharmacies d'officine : des discussions sont en cours avec l'Ordre national des pharmaciens. « La première chose dont l'on doit guérir, c'est la honte de la maladie, affirme Pascal Melin. Plus le message sera diffusé largement dans l'espace public, plus il sera facile d'en parler. »

Julie Wierzbicki

(1) ANRS : Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales

 

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