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Octobre 2016

Sanofi Genzyme veut promouvoir la recherche française

Sanofi Genzyme va soutenir durant trois ans et demi les chercheurs de l'université de Lille afin de mettre au point un nouveau candidat médicament dans la sclérose en plaques, qui pourrait bénéficier à certaines formes de la maladie aujourd'hui sans traitement efficace.

Un grand nombre de collaborateurs de Sanofi Genzyme, de chercheurs universitaires et hospitaliers et d'autres acteurs locaux et nationaux - près d'une soixantaine de personnes au total - étaient réunis ce 3 octobre à Lille pour la signature d'un partenariat de recherche entre le géant pharmaceutique français et la SATT Nord (1), en collaboration avec l'université de Lille, le CHRU de Lille (en photo) et l'Inserm.
Objectif : mettre au point d'ici trois ans et demi un candidat médicament avec un mode d'action inédit, prêt à entrer en clinique dans la sclérose en plaques (SEP). Mais aussi, pour la filiale française du groupe dont la R&D est pilotée depuis les Etats-Unis, mettre en valeur la qualité de la recherche académique hexagonale.

Une maladie multifactorielle

Touchant environ 100 000 personnes en France, la SEP a connu d'importants progrès thérapeutiques, mais ceux-ci ont essentiellement bénéficié à la forme rémittente, la plus fréquente. « La sclérose en plaques est une maladie multifactorielle, or les traitements actuels ne ciblent que l'aspect inflammatoire », souligne le Pr Patricia Melnyk, responsable de l'équipe onco- et neurochimie du CRJPA UMRS-17172.
L'accord conclu ce jour porte sur une famille d'agonistes de la protéine sigma 1. Selon le Pr Patrick Vermersch, vice-doyen recherche de la faculté de médecine de Lille, ces molécules présenteraient non seulement des propriétés anti-inflammatoires, mais aussi la capacité d'agir sur la remyélinisation des neurones.
L'apport financier de Sanofi Genzyme dans le cadre de l'accord va permettre aux équipes de recherche lilloises de recruter deux équivalents temps plein pour la durée de l'accord. Le laboratoire disposera d'une option de licence sur le brevet déjà déposé sur cette famille de molécules et partagera avec l'université la propriété intellectuelle générée durant la collaboration. « J'espère que nous nous retrouverons dans trois ans pour signer l'extension de ce partenariat », anticipe déjà Christian Deleuze, président de Genzyme France.

Une collaboration précoce

A l'heure où la pharma tente de "dérisquer" au maximum ses développements, allant parfois jusqu'à exiger une preuve de concept chez l'homme avant de s'engager, Sanofi Genzyme adopte ainsi une stratégie à contre-courant. « C'est la première fois que nous signons un accord de collaboration à un stade aussi précoce en France », précise Christian Deleuze. « Ce type d'accord aussi en amont est exemplaire, juge le Pr Pierre Desreumaux, directeur du laboratoire LIRIC-INSERM U995. C'est par ces partenariats que nous serons tous plus efficaces. »
La collaboration se veut aussi un succès pour la SATT Nord, qui a aidé les chercheurs lillois à déposer un premier brevet et a accompagné le projet dans sa maturation. Critiquées dans leur concept lors de leur création, les SATT sont aujourd'hui pleinement reconnues, au point que les pouvoirs publics réfléchissent à prolonger leur financement au-delà de la durée de dix ans prévue par le programme investissements d'avenir.

Julie Wierzbicki

(1) Société d'accélération du transfert technologique - SATT. La France compte aujourd'hui 14 SATT réparties sur tout le territoire.

 

 

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