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Septembre 2016

BMS s'engage avec l'Institut Curie en immuno-oncologie

Pionnier de l'immunothérapie, Bristol-Myers Squibb conforte sa plate-forme de partenariats de R&D internationaux en nouant une collaboration avec l'Institut Curie. Objectif : ouvrir de nouvelles perspectives pour ses traitements actuels et futurs.

Six mois tout juste après avoir conclu un partenariat stratégique avec Gustave Roussy, Bristol-Myers Squibb confirme son attrait pour les centres de recherche et de soins français en cancérologie, en concluant un partenariat avec l'Institut Curie à Paris. Ces deux accords s'inscrivent dans le cadre du programme "Immuno-Oncology Global Expert Centers Initiative", lancé par BMS en Europe, et dont la France est le fer de lance. « Il s'agit d'un programme cadre, dynamique, pour lequel il n'y a pas de budget prédéfini », précise Jean-Christophe Barland (en photo), directeur général de BMS France.

Mieux comprendre les mécanismes

Le partenariat signé ce 22 septembre vise d'abord, comme en mars, à accélérer la recherche en immuno-oncologie, domaine sur lequel BMS revendique son statut de pionnier. Le groupe américain a en effet été le premier à commercialiser une immunothérapie anticancéreuse, l'ipilimumab (Yervoy®), suivie par le nivolumab (Opdivo®). « Avec le nivolumab, nous sommes passés d'une sorte de promesse à une réalité », note Jean-Christophe Barland, rappelant fièrement les succès cliniques de cet anticorps : « huit études de phase III avec des résultats positifs ». Pas question pour autant de se reposer sur cet acquis : la compréhension des mécanismes demeure un enjeu crucial. « A chaque étape de développement, d'autres questions émergent, par exemple pourquoi tel patient est répondeur et tel autre non », souligne-t-il.

Une étude dans le cancer du col de l'utérus

Comprendre quels sont les facteurs de réponse ou de résistance au traitement est justement l'un des principaux objectifs de la première étude sur laquelle porte l'accord entre BMS et l'Institut Curie. Alors que jusqu'à présent les immunothérapies ont essentiellement été testées en monothérapie ou en combinaison avec d'autres immunomodulateurs, l'étude "NiCol" va évaluer la tolérance et l'efficacité d'Opdivo® en association avec la radio et la chimiothérapie chez des femmes atteintes d'un cancer du col de l'utérus. « Les vaccins et le dépistage sont d'excellents moyens de prévention, mais ce cancer tue encore un millier de femmes chaque année en France », rappelle le Dr Emanuela Romano, responsable du programme d'immunothérapie à l'Institut Curie.
L'essai sera conduit au sein du futur Centre d'immunothérapies des cancers de l'institut, qui sera inauguré au printemps prochain et permettra de faire travailler « dans un même lieu, au même étage » les acteurs de la recherche fondamentale, translationnelle et clinique.

Immunothérapies contre les cancers pédiatriques

L'accord conclu ce jour comporte également un deuxième volet, sur le thème de l'onco-pédiatrie. Les partenaires vont recourir à l'immunothérapie comme nouvelle approche de traitement de tumeurs pédiatriques « que l'on ne sait pas guérir aujourd'hui », relève le Pr François Doz, pédiatre oncologie et directeur délégué à la recherche de l'ensemble hospitalier de l'Institut Curie. La première étude portera ainsi sur l'évaluation du nivolumab (seul puis en combinaison avec l'ipilimumab) dans les tumeurs cérébrales de l'enfant.
« La pédiatrie a été moteur dans la construction de liens entre la recherche fondamentale et la recherche clinique », rappelle le Pr Thierry Philip, président de l'Institut Curie. Un centre dédié à l'oncologie pédiatrique sera ainsi prochainement lancé, sur le même modèle que le centre d'immunothérapie. « Il sera financé par la Fondation, c'est-à-dire par nos donateurs », indique-t-il. Déjà finalisé, le projet doit encore passer devant le conseil scientifique international de l'institut (en novembre) puis le conseil d'administration.

Julie Wierzbicki

 

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