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Septembre 2016

Les Français attachés à l'hôpital public mais inquiets sur son avenir

A quelques mois des élections présidentielles, la Fédération hospitalière de France (FHF) prépare une plate-forme politique avec des propositions en matière de Santé qui seront remises aux candidats. A cet effet, elle a interrogé les Français afin de mieux connaître leur avis sur l'hôpital.

Réalisé les 25 et 26 août par l'institut d'études Odoxa auprès d'un échantillon représentatif de 995 Français, le sondage conforte leur attachement à l'hôpital (8 Français sur 10), leur satisfaction dans la gestion des victimes des attentats (95 %), mais aussi leur inquiétude face à l'avenir de l'hôpital public (83 %) et à son financement (84 %). « Ces résultats sont assez exceptionnels à l'heure où les enquêtes se montrent critiques face aux réactions des hommes politiques après les attentats, notamment celui de Nice », rappelle Gaël Silman, président du cabinet Odoxa.
L'enquête montre l'importance que nos concitoyens accordent aux orientations qui seront prises pour l'hôpital public par les futurs candidats à l'élection présidentielle. 77 % des Français considèrent, en effet, que les choix politiques effectués par les différents gouvernements depuis dix ans n'ont pas pris la bonne direction et soulignent très majoritairement la nécessité de consolider les moyens accordés à l'hôpital et ses professionnels pour leur permettre d'assurer leurs missions. « Les Français estiment que les politiques ne parlent pas assez de Santé, complète Gaël Silman. L'immigration et le burkini ont beaucoup occupé l'espace politique. Qu'ils soient pour ou contre, les Français considèrent que le sujet ne mérite pas la place médiatique accordée. » Le président d'Odoxa émet l'hypothèse que si le débat porte plus sur l'insécurité que sur la santé, c'est parce que le premier est un sujet où les candidats peuvent se différencier les uns des autres.

Des propositions pour début 2017

« Grâce à l'étude Odoxa-FHF (Fédération Hospitalière de France), nous avons des éléments pour comprendre pourquoi les Français sont inquiets pour leur hôpital, estime Frédéric Valletoux (en photo), président de la FHF. C'est un motif d'espoir pour nous qui portons des propositions sur le sujet. » La campagne présidentielle qui s'ouvre constitue l'occasion de proposer de nouvelles orientations fortes pour l'hôpital public et pour notre système de soins. Notre défi réside donc dans la qualité des propositions que nous allons faire », complète-il. Les deux-tiers des Français déclarent ainsi que les propositions que feront les candidats pour 2017 en matière de santé auront un impact sur leur choix au moment du vote et plus de 86 % des Français pronostiquent que si l'un candidat pour lequel ils prévoient de voter annonçait qu'il comptait réduire drastiquement le budget des hôpitaux publics, cela limiterait leur envie de voter pour lui. La FHF va s'engager pleinement dans le débat à venir. Elle a ainsi lancé l'élaboration de sa plate-forme politique sous la forme d'une grande concertation, aussi bien en direction des citoyens que des acteurs du système de santé. « Elle porte déjà 4 000 contributions faites depuis la mise en ligne, principalement par les professionnels, mais aussi par les patients et citoyens (1/3) ». Cette concertation doit déboucher, à l'automne, sur un ensemble de propositions pour l'avenir de notre système de santé qui seront soumises aux candidats à l'élection présidentielle début 2017.

Juliette Badina

 

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