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Mai 2015

Observance des personnes âgées: Teva émet des recommandations

Aujourd'hui, 10% des hospitalisations des personnes de plus de 70 ans sont dues à des erreurs dans la prise médicamenteuse. Pour améliorer l'observance des patients âgés, le laboratoire Teva a initié le programme "Marguerite", qui liste vingt recommandations.

La crise Furosémide en juin 2013 a permis à Teva Laboratoires de prendre conscience de la "difficulté que rencontrent les personnes âgées poly-médicamentées lorsqu'elles se retrouvent seules à domicile face à leurs multiples traitements", a relaté le président Erick Roche, devant l'Académie de Pharmacie le 6 mai. Seuls 40% des malades chroniques prennent correctement leur traitement. Les accidents médicamenteux entraînent plus de 128.000 hospitalisations par an. L'amélioration de l'observance permettrait à l'assurance-maladie d'économiser 9 milliards d'€ par an, selon une étude IMS Health. "Les enjeux sont considérables", souligne Erick Roche. "La problématique est encore plus importante chez les personnes âgées". En effet, 57% des 65-74 ans et 70% des 75 ans ou plus souffrent d'une maladie chronique. Ils prennent en moyenne quatre à cinq médicaments par jour. "Facteur aggravant" de la mauvaise observance, "les limitations fonctionnelles, physiques, cognitives, sensorielles" des seniors. Ainsi, 10% des hospitalisations chez les plus de 70 ans et 20% des hospitalisations chez les plus de 80 ans sont imputables à des erreurs dans la prise de médicaments.

Une inobservance multi-factorielle

Pour comprendre les facteurs de la mauvaise observance et tenter d'enrayer ce phénomène, Teva a lancé le programme Marguerite. Un premier volet porte sur l'iatrogénie. Une étude menée actuellement avec le service ICAR (Information Conseil Adaptation Rénale) de la Pitié-Salpêtrière (Paris) analyse les ordonnances de 1.000 patients de plus de 75 ans, afin de "décrire les modalités de la prise en charge de l'insuffisance rénale, comprendre les risques d'iatrogénie et faciliter le conseil du pharmacien". Les résultats seront connus en juin 2015. Le second volet porte sur l'observance, avec la constitution d'un groupe de travail composé de 12 médecins de ville et hospitaliers, pharmaciens, experts en psycho-sociologie et représentants d'associations de personnes âgées. Ce groupe a relevé pas moins de "250 facteurs" déterminant l'observance, comme "la capacité du patient à comprendre sa maladie et son traitement, sa personnalité, son rythme de vie et les moments de rupture (hospitalisation, départ en vacances), sa culture et ses croyances, l'influence de son entourage, ses problèmes financiers", énumère Erick Roche. "Le manque d'observance est le résultat d'une chaîne qui implique de nombreux acteurs, dont les principaux sont le patient, le médecin et le pharmacien. [Ce phénomène] très complexe ne peut pas être résolu par une seule action", poursuit-il.

Replacer le patient au centre

Des actions, Teva en définit vingt, regroupées en trois axes. Pour "faciliter l'observance au quotidien", son Livre blanc recommande notamment de travailler sur le contenu de l'ordonnance, "essentielle, mais aujourd'hui très pauvre en information", d'"encourager l'utilisation d'un plan de posologie" rempli par le patient, d'adapter les boîtes de médicaments (lisibilité, identification, simplicité d'usage), ou encore de diffuser un guide patient pour préparer la consultation médicale (mentionner les traitements qui ne fonctionnent pas et leurs effets indésirables, apporter tel ou tel document) et un "passeport observance" (rappel des bonnes pratiques, informations personnelles sur les prochaines consultations et examens). Deuxième axe, "sensibiliser tous les acteurs". Des "réflexes pour une bonne observance" seraient diffusés à destination des patients et des groupes de partage d'expérience seraient proposés. Les médecins seraient "encouragés à établir un bilan observance et rémunérés pour leur action en ce sens. "L'observance doit absolument être un élément de la consultation médicale", insiste Erick Roche. Les pharmaciens ont eux aussi un "rôle essentiel". L'accompagnement en officine doit être renforcé lors de l'initiation ou le changement d'un traitement. "En Angleterre, les pharmaciens reçoivent l'équivalent de 35 € pour des consultations personnelles 'Medicines Use Review', pour regarder comment le patient âgé et/ou ayant une pathologie lourde comprend et suit son traitement", illustre-t-il.
Enfin, Teva souhaite voir se développer des formations conjointes aux professionnels de santé et se renforcer la coordination entre eux, via la création d'un classeur de liaison entre patients et professionnels et la généralisation des entretiens de conciliation à la sortie d'hôpital.

La lutte contre la mauvaise observance est un enjeu crucial à l'heure où la population vieillit. La France compte aujourd'hui 8 millions de personnes de 70 ans ou plus, elle devrait en compter 24 millions en 2060.

Muriel Pulicani
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