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Octobre 2012

Avastin®, une "success story" en oncologie

Avastin®, l'anticancéreux le plus étudié au monde, autorisé dans 123 pays dans cinq types de cancer, élargit sa franchise, dans le domaine du cancer de l'ovaire et bientôt du glioblastome. Le laboratoire Roche se refuse cependant à demander une AMM en ophtalmologie.

L'anticancéreux de Roche issu de la recherche de Genentech, Avastin® (bevacizumab), a de nouveau réalisé une solide performance sur les neuf premiers mois de l'année. Le chiffre d'affaires est en hausse de 6% à 4,3 milliards de francs suisses, notamment grâce au lancement réussi du traitement contre le cancer de l'ovaire en Europe de l'Ouest (ventes d'Avastin® en hausse de 4% dans la zone). En septembre, Roche a reçu du Comité européen des médicaments à usage humain (CHMP) un avis positif concernant l'administration de son anticorps monoclonal lors d'un cancer de l'ovaire récurrent sensible au platine, une étape importante vers une plus large utilisation du médicament contre le cancer ovarien en Europe. Aux Etats-Unis, le chiffre d'affaires de ce médicament stagne malgré une utilisation croissante contre le cancer du sein, le cancer du poumon et le cancer colorectal. La FDA a mis en place une procédure d'examen prioritaire dans le cancer colorectal métastasique chez les patients ayant déjà été traité par Avastin® plus chimiothérapie. Mais la croissance des ventes de l'anticorps est la plus importante au Japon (+15%) et dans le reste du monde (+20%). « Ces performances et la dynamique de nos anticancéreux, notamment avec le lancement réussi de Perjeta® contre le cancer du sein aux Etats-Unis et en Suisse, nous permettent de maintenir nos prévisions de croissance, à +4%, sur l'année en cours », indique Severin Schwan, CEO du groupe Roche.

Baisse de prix en France

En France, « notre chiffre d'affaires sur 2012 est en décroissance, notamment à cause des baisse de prix de 15% imposées sur l'Avastin® sur lequel nous avons six AMM pour cinq cancers, analyse Corinne Le Goff, présidente de Roche Pharma France. Nous attendons une reprise de la croissance pour 2013, avec une hausse des volumes de ventes et l'obtention d'une nouvelle AMM pour l'utilisation de l'anticancéreux dans le glioblastome de diagnostic récent. Quant aux futurs développements de notre anticancéreux, ils porteront essentiellement sur de nouvelles associations en oncologie. L'Avastin® est le produit le plus étudié au monde avec plus de 500 essais cliniques et 16 études de phase III, toutes positives. L'anticancéreux est autorisé dans 123 pays, sur cinq types de cancers et 1,3 million de patients ont été traités depuis l'obtention de sa première AMM il y a six ans. »

Une AMM en ophtalmologie ?

Sur la question de l'utilisation de l'Avastin® pour le traitement de la DMLA, Severin Schwan, est catégorique : « Du point de vue scientifique, le mécanisme d'action de notre molécule ne permet pas d'assurer le traitement de la DMLA de façon sécurisée. Il s'agit d'une question de santé publique et les approximations ne suffisent pas !, s'alarme t-il. Avastin® est un traitement systémique (qui touche toutes les cellules du corps), au contraire de Lucentis® (ranibizumab (1)) qui a une demi-vie de seulement quelques jours (temps nécessaire à l'élimination de la moitié de la substance dans le corps) et qui est lui adapté au traitement de la pathologie de l'œil. » L'anticancéreux est pourtant fréquemment prescrit "hors AMM" dans la DMLA en raison d'un coût très largement inférieur à celui du traitement de référence. Severin Schwan rappelle que l'étude américaine CATT (2) comparant Avastin® et Lucentis® a montré une fréquence plus importante d'effets secondaires systémiques graves. Alors que Roche signale qu'il n'a pas l'intention de demander une AMM dans la DMLA pour son anticancéreux, le gouvernement français cherche à se donner les moyens d'agir dans ce dossier via une disposition du PLFSS 2013 modifiant les conditions d'octroi d'une Recommandation temporaire d'utilisation (RTU) par l'ANSM. Les discussions sont en cours.

 

Juliette Badina

 

(1) Roche est titulaire des droits de Lucentis® aux Etats-Unis ; Novartis sur le reste du monde
(2) Comparison of Age-Related Macular Degeneration Treatments Trials - CATT (étude américaine réalisée sur 1208 patients)

 

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