Bon usage du médicament : une responsabilité partagée
Lors de la présentation officielle de la campagne nationale d'information et de sensibilisation sur le bon usage du médicament, le ministre de la Santé a rappelé les enjeux d'une communication institutionnelle « aussi attendue qu'indispensable ».
« Les médicaments, ne les prenez pas n'importe comment » : c'est la signature de la campagne d'information et de sensibilisation au bon usage du médicament lancée par le ministère de la Santé. Du 2 au 24 mars prochain, 22 chaînes de télévision, 850 stations de radio et de nombreux titres de la presse écrite (magazines nationaux) relaieront le message auprès du grand public. 125 000 affichettes seront également diffusées dans les cabinets médicaux et les officines du pays durant cette période. Un kit reprenant tous les éléments du dispositif mis en place sera par ailleurs accessible en ligne, sur le site Internet du ministère. Montant total de l'opération : 2 248 945 euros.
« A travers cette campagne, nous avons souhaité pallier le déficit d'information sur la nature active d'une spécialité thérapeutique, lutter contre la banalisation de l'usage des produits de santé, souligner les nuisances liées au mésusage ou à la surconsommation médicamenteuse et réaffirmer le rôle prépondérant des professionnels de santé », affirme Xavier Bertrand. Ces quatre grands objectifs participent d'une « logique éducative » visant à rappeler le caractère unique du médicament. S'il apporte des bénéfices avérés, souvent salvateurs, il comporte également une part de risque. C'est un produit chimique susceptible d'altérer l'organisme. Dans certains cas, il peut être dangereux.
Une prise de conscience collective
Cette campagne a aussi pour but de redonner confiance aux Français, après une année 2011 marquée par l'affaire Mediator®, les débats (houleux) et la loi de réforme qui s'en sont suivis. Elle s'appuie donc tout naturellement sur les médecins et les pharmaciens, qui bénéficient d'une cote de popularité élevée dans l'opinion publique. « Respecter la prescription médicale et le conseil pharmaceutique est un préalable indispensable à la prise de n'importe quel médicament, avertit Dominique Maraninchi, directeur général de l'AFSSAPS (1). La bonne observance du traitement est, de la même manière, un paramètre déterminant. Le médecin, le pharmacien et le patient doivent donc échanger en toute transparence. Ce dialogue doit être permanent et déboucher sur une prise de conscience collective. La surconsommation multiplie dangereusement les facteurs de risque. » L'antibiorésistance est un exemple parmi d'autres.
La population française a effectivement un rapport particulier aux médicaments, probablement dû à son modèle de protection sociale. Avec 48 boîtes consommées en moyenne par habitant en 2010 (2), la France occupe toujours la première place du classement européen en la matière. Loin devant ses voisins...
Jonathan Icart
(1) Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé - AFSSAPS.
(2) Selon les résultats d'une étude réalisée en 2010 par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES).