Annie Podeur (DGOS) : « Un engagement managérial à la hauteur des enjeux »
Pour renforcer la sécurité des malades et la qualité de la prise en charge dans les établissements de santé, la DGOS souhaite « outiller » et responsabiliser les opérateurs du secteur. Sa directrice générale, Annie Podeur, veut créer une « boucle vertueuse » au bénéfice des patients.
Lors du dernier café nile, Annie Podeur a dévoilé les grands axes de la politique menée par la DGOS (1), antenne du ministère de la Santé en charge de l'organisation des soins sur le territoire, dont elle assure la direction générale. Son objectif : promouvoir la sécurité des patients et la qualité de la prise en charge dans les établissements de santé. Sa stratégie : développer l'engagement managérial des opérateurs, publier des indicateurs de résultats et renforcer les actions conjointes des administrations centrales (DGOS, HAS, etc.). « Nous devons en finir avec une politique "descendante" et "normée", explique-t-elle. Les opérateurs, y compris ceux du champ ambulatoire, ne peuvent plus se contenter d'appliquer la réglementation. Ils doivent s'engager dans une démarche managériale nouvelle, à la hauteur des enjeux. Il appartient à la puissance publique d'accompagner ce changement, en leur fournissant les outils et les recommandations nécessaires. »
« Une meilleure utilisation des moyens »
Cette volonté politique visant à renforcer la qualité, la sécurité et l'efficience des soins à l'hôpital ne date pourtant pas d'hier. Née de la lutte contre les infections nosocomiales (scandale de la clinique du sport en 1997, ndlr) et renforcée par la création de la Haute autorité de santé (HAS), dans le cadre de la réforme de l'assurance maladie votée en 2004, elle a pris une nouvelle dimension avec la promulgation de la loi HSPT, en juillet 2009. « Le rôle confié aux CME dans la nouvelle organisation des soins, le DPC (2) et la FMC (3), dont les décrets devraient bientôt être publiés, ont et vont donner un sérieux coup d'accélérateur, confirme Annie Podeur. Des mesures concrètes ont été prises pour contribuer à une meilleure utilisation des moyens. »
Des progrès à réaliser
Autre évolution importante : les administrations centrales ne travaillent plus seules. « La DGOS et la HAS partagent aujourd'hui des outils communs, notamment au sein des Agences régionales de santé (ARS), poursuit-elle. La publication d'indicateurs de qualité et de sécurité des soins dans les établissements de santé, obligation légale depuis le 30 décembre 2009 (dans le public comme dans le privé), est un puissant symbole. » Mais en l'état, de nombreux progrès restent encore à faire, principalement en termes de lisibilité des résultats pour les patients. « Plus globalement, afin d'atteindre notre but, nous devrons poursuivre les démarches collectives à l'œuvre, nous engager sur le terrain de l'offre ambulatoire, mais aussi mieux gérer les fonds publics investis dans le domaine de la santé », conclut-elle. Des objectifs ambitieux...
Jonathan Icart
(1) Direction générale de l'offre de soins - DGOS.
(2) Développement professionnel continu - DPC.
(3) Formation médicale continue - FMC.