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Juin 2011

R&D : la Suisse dévoile ses atouts

La Suisse veut promouvoir les investissements étrangers en R&D, en mettant en avant son système fiscal attractif, mais aussi la qualité de sa recherche académique et le dynamisme de son réseau de PME.

En termes d'innovation, la Suisse surpasse tous les Etats membres européens : tel est le constat émanant du Tableau de bord de l'innovation de l'Union pour l'année 2010, publié en février 2011. Le pays est également l'un des rares à avoir atteint l'objectif européen d'un investissement de 3 % du PIB dans la R&D (1), et ce depuis plusieurs années. « 70% de cet investissement vient du secteur privé », a souligné Louis-José Touron, ministre à l'ambassade de Suisse en France, en ouverture d'une matinée d'information organisée à Paris le 23 juin par l'agence de développement économique "Suisse - Promotion des investissements".

Un transfert technologique efficace

La Suisse dispose d'un important réseau de recherche académique, reposant sur ses universités et centres de recherche financés par les cantons et deux Ecoles polytechniques, à Lausanne et à Zürich, financées par le gouvernement fédéral. L'Ecole polytechnique de Zürich (ETHZ) a délocalisé à Bâle son département « biosystèmes, science et ingénierie » pour profiter de l'environnement entrepreneurial pharmaceutique et biopharmaceutique du cluster bâlois, où sont notamment implantés les sièges de Novartis et de Roche. « 215 spin-off de l'ETHZ ont été fondées entre 1996 et 2010 et 1 500 emplois ont été créés depuis 1998 », témoigne Matthias Hölling, responsable du programme spin-off du bureau de transfert technologique de l'ETHZ.
Parmi les entreprises nées de la recherche de l'institut, Glycart Biotechnology, créée en 2000, a été cédée à Roche en 2005 : un bon moyen de conserver en Suisse les résultats des investissements nationaux dans la recherche. Beaucoup d'autres sociétés ont pu se développer en restant indépendantes, à l'image de Cytos, créée en 1994 et spécialisée dans l'immunisation active. « 90 % des spin-off de l'ETHZ existent toujours cinq ans après leur création », ajoute Matthias Hölling.

Des contacts facilités

De fait, à de rares exceptions près comme Roche et Novartis, la Suisse compte très peu de grands groupes. Son tissu industriel se compose majoritairement de petites entreprises. « 87 % des PME emploient moins de 20 personnes », indique Pierre Bordry, directeur général de Capital Proximité, société qui aide les entreprises de Suisse Romande à trouver un investisseur. Une fragmentation qui, selon Bertrand Binggeli, d'ABN-AMRO Private Banking, constitue un « facilitateur » important pour les prises de contact. « La Suisse offre la possibilité d'être réactif, de créer des réseaux avec les universités et les centres de recherche », confirme Filomeno Corvasce, directeur R&D et méthodes industrielles de la société BIWI, spécialisée dans les moulages d'élastomères, plastiques et matériaux composites.

Les autorités fiscales à l'écoute

Pour aider les entrepreneurs désireux de s'implanter sur le territoire, chacun des 26 cantons suisses dispose d'un service de promotion économique et d'accueil des entreprises. Ces structures proposent gratuitement un accompagnement personnalisé, un soutien au financement et aux relations avec l'administration, et même une aide pour obtenir des avantages fiscaux.
Si le système fiscal suisse est en effet internationalement reconnu parmi les plus attractifs, sa complexité peut en revanche dérouter les entrepreneurs, d'autant que les incitations financières et les défiscalisations varient d'un canton à l'autre. En revanche, « les autorités fiscales suisses sont très ouvertes à la discussion, affirme Hugues Salomé, responsable du conseil fiscal au sein de la société PriceWaterhouseCoopers. Il est même possible de se mettre d'accord à l'avance sur les conséquences fiscales de telle ou telle opération. » De quoi rassurer les porteurs de projets.

Julie Wierzbicki

(1) La stratégie de Lisbonne, adoptée en 2000, fixait un objectif de 3 % du PIB investi en R&D, à l'horizon 2010. En 2008, l'investissement français en R&D représentait 2,08 % du PIB (source : Insee).

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