Hôpitaux : Bachelot prône une «culture de la performance»
La ministre de la Santé a ouvert cette semaine la 7ème Conférence annuelle sur l'Economie à l'hôpital organisée par le quotidien économique Les Echos. Elle a dressé pour la circonstance un premier bilan d'étape de la loi HPST et précisé ses attentes pour l'avenir.
La loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) fêtera le 27 juillet prochain le premier anniversaire de sa promulgation. L'heure est donc au bilan d'étape. Les Agences régionales de santé (ARS) sont installées depuis le 1er avril dernier et leurs directeurs procèdent désormais à la définition des futurs schémas d'organisation de l'offre de soins qui feront partie intégrante des projets régionaux de santé (1) de la France sanitaire déconcentrée de demain. Aux côtés des ces ARS, le second pilier de la réforme concerne le nouveau régime de gouvernance hospitalière, entré en vigueur début juin, après désignation des membres des conseils de surveillance des établissements hospitaliers publics. Objectif de cette déconcentration, l'amélioration de notre système de santé. « L'accès de tous à des soins de qualité, en toute sécurité, est au cœur de mon action à la tête du ministère », a confirmé Roselyne Bachelot, en précisant le cadre général dans lequel se déploiera cet accès rénové aux soins. Un cadre marqué du sceau de la contrainte budgétaire, avec un taux national d'évolution des dépenses d'assurance-maladie (ONDAM) ramené pour l'an prochain à 2,9 % (contre 3 % cette année) avant de descendre à 2,8 % en 2012. Un taux que la ministre juge cependant « très significatif dans le contexte actuel » et qui dotera le système de santé de quelque cinq milliards d'euros supplémentaires. Mais il y aura un retour à cette croissance contenue. Ce retour a pour nom « maîtrise des dépenses », assise sur des mesures structurelles de moyen et de long terme. Le tout, en combinant contraintes budgétaire et qualité des soins, objectifs que ne « sont en aucun cas en contradiction », a souligné la ministre en charge de la Santé.
Optimiser les achats
« Le retour à l'équilibre [des comptes] est une condition de la pérennité des hôpitaux », a encore fait savoir madame Bachelot, observant que si la situation financière des hôpitaux s'était sensiblement améliorée depuis deux ans, les plus grands d'entre eux, le CHU, présentaient encore des situations en déficits (2). « Les CHU en excédent n'étaient que deux en 2007. Ils devraient entre sept en 2009 », a précisé à cet égard la ministre. Dans ce contexte, cette dernière a invité le monde hospitalier à résorber les déficits existants comme à prévenir leur apparition, en repensant au besoin le rôle et la place de l'hôpital dans l'offre de soins. Un rôle résumé en une formule : autant d'hospitalisation que nécessaire, autant d'alternative à l'hospitalisation que possible ! Dans le cadre des contraintes budgétaires précitées, Roselyne Bachelot a invité les établissements hospitaliers à optimiser leurs achats. « Les achats sont un enjeu considérable sur le plan budgétaire et constituent un gisement d'économies encore trop peu exploité », a-t-elle souligné. Dans cette optique, la ministre de la Santé a décidé de lancer un nouveau programme, dénommé « performance des achats », avec des objectifs et des priorités précises à cinq ans. Un plan d'action global innovant sera ainsi présenté avant la fin 2010. Le tout, assorti d'une plus grande transparence et d'une meilleure comparaison des prix. Le secteur du médicament ne devrait pas manquer d'être intégré à cette nouvelle politique économique. D'autres chantiers seront également lancés. L'un portera sur les métiers de la santé. Un autre aura trait à la modernisation des ressources humaines hospitalières. Au total, les hôpitaux français auront à répondre aux défis de la qualité et de la performance. En un mot, à celui de « l'excellence hospitalière », a conclu la ministre de la Santé.
Jean-Jacques Cristofari
Rédacteur en chef de Pharmaceutiques
(1) Ces PRS devront être rendus publics d'ici septembre 2011, au terme d'une large concertation avec l'ensemble des professionnels de santé concernés.
(2) Cf. Pharmaceutiques n° 178, spécial Hôpital, « L'hôpital français sous haute pression », juin 2010.