Prévisions IMS : la pharma mondiale renoue avec la croissance
Si la croissance du marché pharmaceutique restera cantonnée dans une fourchette de 4 à 6 % cette année, les années suivantes devraient être meilleure, à plus de 5 % par an jusqu'en 2014, année au cours de laquelle le marché mondial atteindra 1 100 milliards de dollars.
Ce n'est pas encore le Pérou, mais on s'en rapproche ! Après les années noires écoulées, chahutées par la crise financière mondiale et ses impacts économiques sur le financement des systèmes de santé, la pharma mondiale se prépare à nouveau à vivre des jours meilleurs. Selon les prévisions rapportées ce jour par IMS Health, le marché mondial du médicament devrait voir son périmètre s'accroître de quelque 300 milliards de dollars dans les cinq prochaines années, portant le CA global à 1,1 trillion de dollars, soit 1 100 milliards. Après 2008, année au cours de laquelle le marché a crû de seulement 4,8 %, le taux de croissance remontera entre 5 et 8 % par an, à un niveau plus proche de celui observé l'an passé, à 7 %, pour atteindre 837 milliards de dollars. Une croissance qui, selon les experts d'IMS, reflète l'impact des produits leaders qui perdront leur protection brevetaire dans les pays développés, joint à la forte croissance de la pharma observée dans les pays émergents qui plus que jamais vont tirer le marché total vers le haut.
Rééquilibrages
Dans sa dynamique globale, la balance continue à pencher en faveur des pays émergents, appelés selon IMS à connaître une progression de 14 à 17 % jusqu'en 2014, tandis que la plupart des marchés des pays développés ne progresseront qu'à un rythme inférieur, compris entre 3 et 6 % par an. Au total, en termes de croissance additionnelle à la branche pharma jusqu'en 2014, le poids des uns et des autres sera équivalent, compris entre 120 et 140 milliards de dollars. Les Etats-Unis resteront le marché dominant, compris entre 360 et 390 milliards de dollars en 2014, après une croissance annuelle de 3 à 6 % par an jusqu'à cette date. En termes de classes thérapeutiques, le marché sera tiré par l'oncologie, le diabète, la sclérose multiple et le VIH, pour lesquels la croissance attendue sera supérieure à 10 % jusqu'en 2014. Cette dynamique globale restera placée sous l'emprise des systèmes de santé aux financements publics fortement enclins à opérer des pressions croissantes sur leurs budgets médicaments. « Des pays comme la Turquie, l'Espagne, l'Allemagne et la France, ont annoncé des plans de restrictions transversales sur l'accès aux médicaments ou des réductions dans les remboursements en vue de réduire la croissance des dépenses en médicaments », note IMS. Des gouvernements qui dans d'autres pays cherchent à rétablir les équilibres fiscaux pourraient prendre des mesures similaires ou transférer des coûts en direction des patients. »
Générication croissante
Au total, la grande affaire des temps à venir demeure l'expiration des brevets qui frappera un nombre croissant de blockbusters. Ce trend concerne un CA potentiel de quelque 142 milliards de dollars de produits appelés à faire face à une concurrence accrue de leurs génériques sur les marchés développés. Les économies générées dans quelques classes de médicaments, tels les anti-psychotiques, les anti-ulcérants ou encore les régulateurs du cholestérol, pourraient s'élever au plan mondial à près de 100 milliards de dollars note encore IMS. Enfin, le nombre de nouvelles molécules mises sur le marché ne devrait pas dépasser les 30 à 35 par an durant les cinq prochaines années. Des mises sur le marché qui resteront cependant fortement soumises « à des évaluations plus rigoureuses et complexes de la part des payeurs avant de pouvoir entrer en pratique clinique et d'être remboursées », ajoute IMS Health. Un facteur qui pourrait contribuer d'un côté à allonger la durée d'attente jusqu'à la mise à disposition des médicaments aux malades et de l'autre à faire baisser la note des dépenses payées en médicaments par les financeurs.