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Mars 2010

Dossier pharmaceutique : 20 000 officines raccordées d'ici la fin de l'année

10 millions de DP créés et 20 000 officines raccordées. Tels sont les objectifs affichés par le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens en vue d'une généralisation quasi effective de son dossier pharmaceutique. Prochaine étape : les pharmaciens hospitaliers et les médicaments de rétrocession. 

Obligation légale pour les pharmaciens depuis le 21 juillet dernier (1), le dossier pharmaceutique (DP) poursuit sa longue marche en avant. Hier midi, à l'occasion d'un état des lieux de son déploiement, Bernard Flirden (2) et Anne Hugues (3) sont tous deux revenus sur les objectifs à atteindre d'ici la fin de l'année 2010. Selon eux, le seuil des 10 millions de dossiers créés devra être franchi et pas moins de 20 000 officines (soit 85 % du réseau) devront être raccordées au DP le 31 décembre prochain. Les 2 462 pharmacies restantes étant pour l'instant « excusées » en raison de difficultés économico-techniques. En revanche, les élus ordinaux ne bénéficieront d'aucun répit. Ils devront tous, sans exception, proposer le dossier pharmaceutique à leurs patients (82 % d'entre eux sont actuellement à même de le faire). A moindre échelle, les maîtres de stage (73 %) se devront également de « montrer l'exemple » (4). Les récentes données chiffrées prêtent à l'optimisme. Au 22 mars dernier, 7 210 840 DP avaient été créés au sein des 13 899 pharmacies équipées. Le cap des 60 % d'officines raccordées vient donc d'être dépassé. Dans la mesure où 700 pharmacies supplémentaires enrichissent chaque mois le pannel, l'objectif paraît réalisable.

Le DP à la porte de l'hôpital

Afin d'élargir les potentialités du DP, l'Ordre des pharmaciens est en train d'effectuer les démarches nécessaires auprès de la CNIL pour obtenir le droit de mener une expérimentation sur les médicaments dits de rétrocession. Bien que les pharmaciens hospitaliers soient demandeurs, comme l'a souligné Bernard Flirden, la mise en place d'un tel outil à l'hôpital ne sera pas chose aisée. D'un point de vue technique, les problèmes liés à la multiplicité des éditeurs de logiciels et à leur compatibilité devront être résolus. Outre les freins d'ordre décisionnel, bien plus importants en milieu hospitalier, la question du financement de cet outil informatique complique encore un peu plus la donne. A titre de comparaison, les officinaux ont eux-mêmes assumé les trois quarts des coûts de mise en service du DP via leurs cotisations ordinales (le dernier quart provient de diverses subventions). Au total, près de 15 millions d'euros ont ainsi été dépensés depuis le début des premières expérimentations il y a trois ans. L'hôpital, en proie à des déséquilibres budgétaires croissants, sera-t-il capable de supporter le poids d'un tel investissement ?

 

Jonathan Icart
 

(1) Article L. 1111-23 du Code de la santé publique, créé par la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 - art. 50 (V).

(2) Président du Conseil régional de Champagne-Ardenne et chef de file du comité de pilotage territorial du DP.

(3) Membre du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens et du comité de pilotage territorial du DP (référent DP).

(4) A l'heure actuelle, 15 des 24 facultés de pharmacie sont raccordées au DP. Elles devraient toutes l'être d'ici la fin de l'année.

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